A compter du 1er février, le taux du livret A sera baissé à 0,5 %, son plus bas niveau historique. On est bien loin de 1980, date à laquelle le placement préféré des Français passait à 7,5%. Explications en images.

Le taux du livret A , net d’impôt et de prélèvements sociaux, est calculé sur l'inflation sur six mois et les taux d'intérêts très bas eux aussi.

En 1980, la situation économique était bien différente. Le gouvernement annonçait alors que le taux du livret A passerait de 6,5 à 7,5% ! Avec une forte inflation, les épargnants commençaient à bouder les caisses d'épargnes, les seules à l'époque à proposer ce produit comme le soulignait alors le journaliste.

"6,5% pour le livret A, ce n'est plus assez pour les épargnants, même exonéré d'impôts. Premièrement, car l'inflation avoisine 12%. Deuxièmement, parce que les taux des crédits appliqués par les banques dépassent 15%."

Commentant une infographie, le journaliste expliquait que "depuis dix ans l'écart se creuse avec, d'une part le taux d'inflation et d'autre part, la rémunération des livrets ou des comptes sur livrets. En 1970, l'écart était d'un point seulement (inflation, 5%, livret A, 4,2%) Un écart qui passe à 10 points au moment du pic de 1974 (inflation 15,2, livret A, 6,6)."

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Il concluait "passer le taux à 7,5% ne serait qu'un léger rattrapage. Mais pour le gouvernement pas question d'indexer l'épargne sur l'inflation, au contraire, il faut l'orienter sur des placements longs comme les actions ou les obligations qui profitent d'avantage à l'industrie. Cela dit, le coup de frein à l'épargne liquide est préoccupant. Les caisses d'épargne financent beaucoup d'investissements. Elles prêtent notamment aux offices HLM et aux collectivités locales."

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Hier comme aujourd'hui, le livret A finance toujours le logement social. La baisse du taux d'intérêt est donc un mauvais signal et un manque à gagner certain. Et comme en 1980, le livret A représente une manne alléchante pour l'Etat. 55 millions de Français détiennent aujourd'hui un Livret A, soit 350 milliards d’euros. Dans son entretien au quotidien Le Parisien, Bruno Le Maire avance qu'il aurait été "irresponsable et incohérent" de maintenir le taux à 0,75% : " Incohérent par rapport à notre politique de diversification des placements. Et irresponsable pour les milliers de Français qui attendent un logement social."

Comme en 1980, il est clair que "Diversifier" les placements, c’est orienter cette épargne vers l’investissement des entreprises qui créent de l’emploi. C'est du moins ce qu'espère le gouvernement.

Quoiqu'il en soit, cette baisse n'est pas une bonne nouvelle pour l'épargnant même si comme le précisait le ministre de l’Economie et des Finances dans la même interview du Parisien, ça pourrait être pire "si nous appliquions la formule de calcul, la rémunération du livret A tomberait à 0,23%". "Mais comme nous nous étions engagés, elle ne baissera jamais sous le niveau plancher de 0,5 %".

Rédaction Ina le 16/01/2020 à 11:01. Dernière mise à jour le 16/01/2020 à 11:10.
Economie et société