Le télétravail est l'une des conséquences principales du confinement, en vue de faire face à l'épidémie de Covid-19. Mais rester toute la semaine chez soi comporte des risques psychosociaux. C'est ce qu'analysait un sociopsychanalyste en 1980 dans un reportage de TF1 qui s'intéressait au développement futur du télétravail dans notre société.

En 1980, alors que le télétravail n'en est qu'à ses balbutiements en France et ne concerne qu'une part infime des travailleurs, un reportage de TF1 s'intéressait déjà à cette pratique promise à un bel avenir. Aujourd'hui, avec la crise sanitaire, le télétravail a connu une généralisation massive en France comme chez la plupart de nos voisins européens. 

Lionel Stoleru, alors secrétaire d'État chargé des travailleurs manuels et immigrés, jetait ainsi un regard très lucide sur les évolutions futures de l'organisation du travail : « Je crois qu'un certain nombre de changements très profonds font que dans les vingt ans à venir il y aura non pas quelque milliers, mais peut être quelque dizaines de milliers, quelque centaines de milliers de nouvelles formes de travail qu'on pourra faire chez soi. »

Constatant les progrès rapides de l'informatique, il imaginait ainsi que beaucoup de métiers nécessitant des bureaux pourraient dans le futur se réaliser directement depuis le domicile des employés : « On s'aperçoit que chacune de ces personnes, avec l'informatique nouvelle, pourrait aussi bien rester chez soi et avoir un terminal d'ordinateur avec son téléphone. Le terminal comme dans les agences de réservation SNCF ou Air France permet de voir ce qu'il se passe sur l'ordinateur central et on fait tous ses dossiers chez soi devant son ordinateur au lieu d'aller au bureau. » 

Les conséquences de cette évolution n'étaient pas dépeintes sous un jour favorable par ce reportage. Si une employée exprimait bien sa satisfaction de travailler tout la semaine à la maison, regrettant seulement de ne pas voir de temps en temps ses collègues, la musique était toute autre pour Gérard Mendel, sociopsychanalyste.

« Plus une personne est seule, plus elle risque de devenir névrosée »

Selon lui, travailler confiné chez soi représentait un vrai risque pour le bien-être d'une personne : « On sait très bien que plus une personne est isolée, plus une personne est seule, et plus elle risque de devenir névrosée, et plus elle est angoissée, plus elle a progressivement peur de tout. Si bien que finalement des personnes comme ça qui sont placées dans un cadre très restreint vont finalement petit à petit dans la majorité des cas se rapetisser et avoir de plus en plus peur du contact avec les autres. » 

Rédaction Ina le 28/10/2020 à 17:32. Dernière mise à jour le 29/10/2020 à 13:53.
Economie et société