La Philharmonie de Paris présente à partir de ce vendredi l'exposition "Putain d'expo !" consacrée à Renaud. Célèbre dès les années 1970 pour ses chansons engagées, le chanteur à l'âme rebelle et au coeur sensible exprimait en 1979 le sentiment de révolte qui l'habitait.

Interrogé par le journaliste Jean-Claude Mangeot sur la question de savoir si ses chansons trouveront toujours un écho trente ans plus tard, à l'image des chansons de Trenet des années 30 toujours célèbres dans la France des années 1970, Renaud répond avec modestie : 

« Je ne sais pas si dans trente ans mes chansons existeront encore ou si on les retrouvera dans les archives... ça sera un peu prétentieux de ma part de dire que ça servira de référence mais ça donnera peut être un léger aperçu de ce qu'était la réalité contemporaine, chez les jeunes surtout, dans un certain milieu, [...] pas le plus aisé. »

Jean-Claude Mangeot l'interroge ensuite sur sa vie : « Vous avez tout fait, chanteur, comédien, apprenti mécano, pilier de bistro, chef de bande. Vous êtes tatoué, vous portez le blouson... »

Renaud répond : « J'ai été tout ça oui, j'ai été chef de bande, tout seul dans ma bande. Pilier de bistrot je le suis toujours. J'en ai moins l'occasion parce que j'ai beaucoup de boulot, donc un peu moins l'occasion de passer des nuits entières au bistrot, mais je suis toujours fidèle. » 

Citant ses « maîtres » dans le domaine de la chanson française réaliste, les Trenet, Aristide Bruant, Piaf, Fréhel, Renaud estime que derrière son look et ses insignes se cache certainement « une révolte plus profonde que l'envie de casser un bar ou de se battre avec un copain,  qui correspond à une certaine sensibilité et à un certain ras-le-bol généralisé de cette société d'ennui. »

Rédaction Ina le 15/10/2020 à 19:02. Dernière mise à jour le 15/10/2020 à 19:07.
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