Le village de Laguiole va pouvoir utiliser son nom comme marque, après qu'une décision de justice a tranché en sa faveur face à un entrepreneur qui utilisait "Laguiole" pour des produits sans lien avec cette commune. Retour dans les années 1970 dans le village aveyronnais où se fabrique le célèbre couteau depuis 1829...

Laguiole est une commune de 1200 habitants, située dans le nord de l'Aveyron, sur le plateau de l'Aubrac. C'est dans ce village qu'est né le célèbre couteau Laguiole (à prononcer à l'occitane "Laïole") en 1829.

Cette année-là, Pierre-Jean Calmels ajoute au traditionnel couteau de la région, le Capujadou, constitué d'une lame fixe et pointue emmanchée sur un morceau de bois, un ressort qui permet de plier la lame.

Le couteau peut ainsi être facilement mis dans une poche, et devient vite indispensable pour les habitants de la région. 

Pierre Calmels est en 1978 le digne héritier de cette familier de couteliers. Dans son atelier situé au coeur du village, il nous fait la démonstration des différentes étapes requises pour la confection d'un couteau Laguiole. 

A 64 ans, il reste l'unique représentant de la tradition coutelière du village. Mais il reste confiant en l'avenir. 

« La tradition ne sera pas perdue. Le couteau a été créé ici, et il faut qu’il reste ici, et dans la famille. C’est un article produit en très petite quantité, il faut le vendre soi-même, il ne peut pas être revendu, le couteau Laguiole est une belle chose qu’il faut conserver ». 

Quelques années plus tôt, en 1973, Pierre Calmels évoquait déjà cette tradition familiale. 

« En principe chaque génération fait un petit travail personnel que nous gardons pour la postérité. Plutôt un couteau de décoration qu’un couteau de travail ».

 

Sur ces magnifiques pièces d'art, chaque artisan laisse libre cours à son imagination. On trouve des couteaux décorés avec les symboles du jeu de carte, avec des motifs floraux ou animaux...

Quant à la question de l'utilité de ces couteaux magnifiques, Pierre Calmels nous répond : 

« Un couteau, on sait à quoi il sert lorsqu’on en a besoin et qu’on en possède pas ». 

Pourtant, la question mérite d'être posée en ces années 1970 où la réputation du couteau Laguiole commence à se répandre en dehors de la région. Selon Pierre Calmels,  c'est grâce à l'immigration aveyronnaise à Paris. 

« La clientèle se trouve le plus souvent dans la région parisienne. Les Parisiens, c’est-à-dire d’abord les originaires du Massif central qui sont établis à Paris, et surtout les Aveyronnais qui [...] en sont fiers, de ce couteau, qu’ils portent toujours sur eux et qui leur rappelle toujours le pays ».

Rédaction Ina le 06/03/2019 à 18:42. Dernière mise à jour le 07/03/2019 à 11:49.
Economie et société