L'annonce de la réouverture du Puy du Fou le 11 juin a entraîné une polémique, alors que les institutions culturelles du pays ne connaissent pas encore la date de leur reprise d'activité. Retour en 1978 lors de la première édition d'un spectacle imaginé par Philippe de Villiers avec la collaboration de onze villages de Vendée. 

Le parc du Puy du Fou est né de l’imagination de Philippe de Villiers, alors sous-préfet de Vendée, en 1978. Un an auparavant, le Conseil général de Vendée avait acheté le château du Puy du Fou, en ruines, situé sur la commune des Epesses. En découvrant cet environnement préservé, bucolique et enchanteur, Philippe de Villiers lance l’idée d’un spectacle retraçant l’histoire de la région – notamment axé sur la guerre entre royalistes et républicains pendant la Révolution française.

C'est ainsi que débute, le 16 juin 1978 l’histoire du parc avec la première représentation du spectacle, appelé la Cinéscénie, qui reste aujourd’hui l’un des symboles majeurs du Puy du Fou. Jean Piat, François Chaumette, Marie Dubois ont enregistré le texte écrit par Philippe de Villiers, alors que la musique est composée par Alexandre Lagoya. Et ce sont des centaines d’acteurs bénévoles venant des villages autour du parc qui jouent le spectacle.

Le projet est en effet porté avec enthousiasme par les habitants de la région. Onze villages sont étroitement impliqués dès le début de l'aventure. Plus de 1200 personnes travaillent bénévolement et répètent le spectacle dans les difficultés de l’hiver.

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Le succès est au rendez-vous dès la première année. 82500 entrées sont enregistrées. Si les organisateurs sont débordés devant l'affluence de visiteurs, l’enthousiasme prévaut et la satisfaction devant la réussite du projet est évidente, même si la fatigue et l'usure des collaborateurs se fait également sentir, comme le montre ce reportage réalisé en août 1978 qui fait le bilan du premier été du spectacle.

Une collaboratrice raconte ainsi son enthousiasme pour le projet : « Quand on a appris qu’il y avait ce spectacle [en préparation] au Puy du Fou, des gens se sont dit : « Chouette je vais pouvoir y participer ». « Moi la première, j’avoue qu’en ce qui me concerne j’ai tout de suite été subjuguée, on m’a demandé et j’ai tout de suite dit oui ! »

Un organisateur met quant à lui l'accent sur la fatigue et la persévérance des bénévoles, qui sont venus répéter après leur journée de travail : « Quand je pense à tous ces figurants qui venaient de faire leur journée de travail. Philippe de Villiers leur disait quelque fois : « On va arrêter », mais ils voulaient continuer à faire leurs répétions même sous la pluie. Dans les villages il y avait une chaude amitié. Tout le monde s’aimait bien, on rigolait un bon coup, on se retrouvait après les répétitions et alors chacun se prenait pour un petit artiste devant un succès pareil. Quand on pense que toutes les séances nous donnent 5000 à 6000 spectateurs, c’est plein à craquer ! »

Philippe de Villiers regrette que devant le succès de l'événement tous les visiteurs ne puissent accéder à de bonnes conditions de spectacle : « ça marche trop bien puisque les spectateurs ne sont pas très contents, pour une partie d’entre eux en tout cas, puisque nous ne pouvons pas leur refuser l’accès au spectacle étant donné qu’il n’y a que 19 séances, et de l’autre côté nous ne pouvons par tous leur promettre d’être assis confortablement, puisque la moitié des 6000 spectateurs sont assis sur l’herbe dans des conditions qui ne leur permettent pas de bien voir le spectacle, et certains s’en plaignent, nous nous en excusons mais nous sommes débordés par rapport à tout ce que nous pouvions espérer au départ ». 

Après d'autres témoignages de ceux qu'on appelle les Puyfolais, c'est-à-dire les bénévoles du Puy, évoquant leur fatigue et leur usure, heureusement récompensée par le succès estival, Philippe de Villiers conclut le reportage en mettant l'accent sur les nouveaux rapports entre villages que cette expérience inédite a engendrée : « Ce [...] spectacle [...] a permis de réunir des gens de communes différentes qui non seulement ne se parlaient pas, mais parfois étaient en état d’hostilité avec les autres, puisque il y avait un esprit de clocher assez extraordinaire entre les communes environnantes, alors que maintenant toutes ces communes et tous ces gens vont main dans la main et se retrouvent tous les samedis soirs pour la grande fête du Puy du Fou. »

Rédaction Ina le 26/05/2020 à 18:24. Dernière mise à jour le 27/05/2020 à 10:47.
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