Conçu pour transporter du pétrole entre le golfe persique et l’Europe, l’Amoco Cadiz est un bateau commandée par l’entreprise américaine Amoco International Oil Company. Il s'échoue le 16 mars 1978 au large des côtes bretonnes.

Le naufrage rappelle grandement celui du Torrey Canyon, un pétrolier échoué au large des côtes britanniques en 1967. 30000 gallons de pétrole s’échappent. Cet évènement donnera les premières mesures de luttes contre les grandes marées noires.

En 1978, en partance de Las Palmas pour rallier Rotterdam, l’Amoco Cadiz s’échoue en bordure des côtes bretonnes, en face du village de Portsall. Le pétrolier avait déjà rencontré des conditions météorologiques difficiles quelques jours auparavant. Les habitants s’attendent d’ailleurs à une marée noire d’envergure. Robert Werner, envoyé spécial pour TF1, témoigne : "30 000 tonnes se sont déjà déversées dans la mer et elles gagnent ces jolies plages du nord Finistère. Cet après midi, tous les habitants de Portsall étaient sur le port. […] Les vagues sont noires. Noires aussi sont les pensées des commerçants et des pécheurs de cette station balnéaire."

Les hommes de l’Amoco Cadiz seront tous sauvés dans des conditions périlleuses à cause de la houle.

« Nous ferons tout pour que ces mesures évitent des accidents de ce genre »

A la suite du naufrage, le ministre de l’environnement Michel d’Ornano, envisage plusieurs mesures internationales afin d’anticiper toutes sortes de naufrages pétroliers : éloigner les pétroliers des côtes françaises, installation de tours de contrôle et de radars…

Le ministre met en place aussi le Plan Polmar, un plan d’intervention français qui est déclenché en cas de pollution marine accidentelle servant à coordonner le personnel et à mobiliser les moyens de lutte.

Il faut dire que l’émotion nationale est immense. Après les naufrages de l'Olympic Bravery et du Boehlen (1976), la coupe est pleine. Plus de 400 kilomètres de littoral sont recouverts depuis la pointe de la Bretagne jusqu’à la baie de Saint-Brieuc. Les dégâts sur la faune et la flore sont considérables.

saint brieux

Une carte des dégâts côtiers

Le journaliste François Cornet, en compagnie des plongeurs-démineurs de la marine nationale sur un bateau, filme un spectacle à la fois saisissant et désolant : "Nous sommes à cent mètres de l’Amoco Cadiz et le spectacle est très impressionnant. On entend des bruits sinistres qui se dégagent du bateau. […] Je crois qu’il y a 30, 40, 50 centimètres de pétrole. Je ne sais pas exactement."

La marine nationale va alors tout tenter afin d’endiguer cette marée noire. Mais le pompage de l’épave ne pourra se faire en raison des conditions météorologiques. Pendant ce temps, le pétrolier continue de répandre sa cargaison dans la mer…

Le lieutenant de Vaisseau de la Cochetière, commandant des plongeurs démineurs de Brest est cependant confiant pour la suite des opérations : "L’épave ne travaille pas trop. Si la météo n’est pas trop mauvaise, le bateau ne cassera pas". Mais le 24 mars, le pétrolier se brise en deux. Le 25 mars, il a perdu 90% de sa cargaison.

Il y aura 220 000 tonnes de pétrole déversées sur les côtes françaises et 4000 cadavres d’oiseaux. Sept ans auront été nécessaires pour que les espèces marines et l'ostréiculture récupèrent totalement. Le procès de la société Amoco se tient en 1988. En 1992, l'entreprise est condamné à verser 1257 millions de francs aux communes et à l'Etat français.

Rédaction Ina le 08/03/2018 à 15:11. Dernière mise à jour le 14/03/2018 à 16:56.
Histoire et conflits