Le psychologue Bruno Bettelheim décédait le 13 mars 1990. Il s'est rendu célèbre avec la publication de livres de vulgarisation sur la psychanalyse, notamment le célèbre essai "Psychanalyse des contes de fées". En 1976, à l'occasion de sa parution, il expliquait les grandes lignes de sa méthode d'analyse.

Quoi de plus anodin qu'un conte de fées ? Selon Bruno Bettelheim, derrières ces récits fabuleux se dissimulent des messages symboliques puissants et formateurs. Ils s'adressent directement au subconscient des enfants et joueraient même parfois un rôle curatif. Dans le JT d'Antenne 2 du 18 décembre 1976, le psychanalyste décrivait, dans un français quelque peu chaotique, les ressorts de cette découverte appliquée dans son École d'orthogénie de l'Université de Chicago qu'il dirigea pendant trente ans.

Dans cette interview, il souligne le caractère instructif du conte, à travers l'exemple de Cendrillon. Que se cache-t-il derrière l'histoire de la pantoufle de vair et des tenues de bal apparues par magie ?

"L'enfant comprend, non pas dans sa conscience mais dans son inconscient, que Cendrillon ne veut pas être choisie pour ses beaux habits, ses bijoux (…) il faut que le prince la voit comme elle est vraiment (…) et que le prince fasse des efforts pour la trouver. Il n'y aura pas de vie heureuse si elle lui fait croire qu'elle est toujours belle (…)

Le conte place l'enfant de manière symbolique face à la réalité. Dans le cas présent : 

"On n'est pas toujours beau, toute la journée et toute la vie (…) Il faut que le prince choisisse la personne et pas les habits."

Pour le professeur Bettelheim, les contes de fées jouaient un rôle de médiateurs et de catalyseurs d'émotions et de concepts, capables de soigner et souvent de guérir les enfants de leurs traumas inconscients.

Rédaction Ina le 10/03/2020 à 15:45. Dernière mise à jour le 10/03/2020 à 15:49.
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