Le saviez-vous ? Ce petit mammifère victime de sa mauvaise réputation, et considéré comme un nuisible dans de nombreux départements, est en voie de disparition. Mais à quoi ressemble-t-il vraiment ? Réponse en images.

Face à la baisse drastique des effectifs de putois sur notre territoire, les associations de défense des petits mammifères demandent de changer son statut et le l'extraire de la liste des "espèces susceptibles d’occasionner des dégâts" pour l'inscrire comme "mammifère protégé". Depuis 5 ans, une ONG spécialisée, la Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM) se bat pour que le Putois d'Europe soit classé comme protégé car l'espèce est menacée. En cause : principalement la dégradation de ses milieux de vie (par l'agriculture intensive, l'urbanisation et la route) et secondairement le piégeage (ciblé ou destiné à d'autres espèces). Vivant principalement près des zones humides, des lisières de forêt ou encore des bocages, ce petit mammifère de la famille des mustélidés est cousin la belette, du vison, de la loutre et de l'hermine. Ce reportage des "Animaux du monde" du 30 novembre 1975, nous dresse le portrait du "Mustela putorius" méconnu et mal aimé.

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Un putois dans la forêt (crédit image : Les animaux du monde, 1975)

Accusé par les chasseurs de consommer la faune, ce petit habitant discret des forets est friand de petits mammifères tels les musaraignes ou les mulots qu'il agrémente parfois, en été, de petits oiseaux, de serpents - même venimeux - de grenouilles ou de poissons. Contrairement aux idées reçue, "il s'attaque très rarement aux hôtes des poulaillers". Le putois est avant tout victime de sa image, il serait bruyant et sentirait très mauvais. Là encore sa réputation dépasse la réalité, "il crie seulement lorsqu'il est pris au piège tout en exhalant une odeur nauséabonde provenant de glandes situées près de l'anus". Et voilà sans doute ce qui rend ce petit animal si peu sympathique, son odeur désagréable. La suite du reportage détaille son mode de reproduction, ses lieux d'habitation préférés, telles des galeries de lapins (qu'il tue occasionnellement pour se les approprier - on ne peut pas être parfait...) ou des terriers de renards. Vous découvrirez aussi que le furet albinos n'est autre qu'un putois apprivoisé et les leurs rejetons hybrides, les furets putoisés, sont viables et peuvent même se reproduire.

En 2018, un avis favorable avait été rendu à l'unanimité par le Conseil national de protection de la nature en faveur de son déclassement mais à ce jour aucune mesure officielle n'a été annoncée.

Pour aller plus loin : 

Les animaux du monde : présentation d'un putois en studio, et plaidoyer pour l'animal. (23 avril 1969)

Dans la même émission : reportage sur un fabricant de pièges : mécanisme denté d'un piège à putois. A l'époque, on déplore déjà le manque de protection de ces animaux, avant la diffusion du sujet Pierre Pellerin vient présenter son association de protection.

Les chasseurs voient en lui un concurrent qui se nourrirait des animaux qu'ils élèvent pour la chasse, ce que démentent les associations.

JT Haute Normandie : les piégeurs de nuisibles. (3 avril 1998)

20h00 de France 2 : un arrêté, signé le 7 novembre 2002, précise que les belettes, les putois et les martres sont désormais considérés comme des animaux nuisibles, un nouveau sujet de polémique entre chasseurs et écologistes. (7 novembre 2002)

Finistère : polémique autour du classement des putois en animaux nuisibles.  La préfecture du Finistère a classé les putois comme espèce nuisible aux abords des élevages de lapins de garenne, à la demande des chasseurs. Les associations de protection de la nature s'insurgent contre cette décision, véritable retour en arrière sur les mesures prises en 98 qui protégeaient l'animal et en interdisait la destruction. (8 janvier 2003)

Florence Dartois

Rédaction Ina le 27/04/2021 à 19:12. Dernière mise à jour le 27/04/2021 à 19:24.
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