Gustave Mahler mourait il y a 110 ans, le 18 mai 1911, à l'âge de 50 ans. Pianiste, chef d'orchestre et compositeur autrichien d'origine juive, il reste l'un des plus grands noms de la musique classique de la fin du XIXe siècle. En 1975, l'orchestre national de France interprétait le 3e mouvement de sa première symphonie, dite "Titan".

Dans un documentaire consacré à la vie et à l'oeuvre de Gustave Mahler et diffusé sur TF1 le 1er octobre 1978, le musicologue Henry Louis de la Grange revenait sur le parcours d'un génie musical.

Né le 7 juillet 1860 à Kaliště, dans l'empire austro-hongrois, aux « confins de la Bohême et de la Moravie », Gustave Mahler grandit « au sein d'une famille très modeste ». Son père tient « un cabaret et produit de l'alcool », l'un de ces petits métiers autorisés à l'époque aux populations juives, soumises à de nombreuses discriminations (jusqu'en 1867, date de l'émancipation des Juifs de l'empire, un acte qui leur permettra d'exercer librement leur religion et d'embrasser toutes les carrières. L'antisémitisme restera néanmoins très fort dans toutes les parties de l'Autriche-Hongrie, et notamment à Vienne).

Jeune adolescent, Mahler se découvre une vocation musicale. Alors âgé de 15 ans, il est présenté par son père à Vienne, capitale de l'empire, au pianiste Julius Epstein. Ce grand spécialiste de l'oeuvre de Franz Schubert « reconnaît immédiatement le talent du jeune garçon ». S'ensuivent des études à Vienne, puis une première composition, alors qu'il n'a que 20 ans : "Das klagende Lied opus 1" (1880). Une tentative alors incomprise. Selon Henry Louis de la Grange, cette « oeuvre dont le génie nous paraît aujourd'hui tout à fait important » déplût au jury du prix Beethoven, « au sein duquel les éléments conservateurs, parmi lesquels Johannes Brahms et le critique musical Eduard Hanslick, dominaient. » 

Mahler part s'installer dans la petite ville de Bad Hall, proche de Linz, où il entreprend la direction d'orchestre dans « un minuscule théâtre de bois ». Suivront des postes bien bien plus prestigieux, à Ljubljana, Cassel, Prague, Leipzig. Chef d'orchestre, un métier ambigu pour Mahler, auquel il se référait comme à « l'enfer du théâtre » : « Les postes vont se succéder, avec succès, mais il comprendra assez tard que sa vraie vocation était la composition. Mahler s'était vraiment lancé dans la carrière de théâtre (la direction d'orchestre NDLR) pour percer dans celle de compositeur. Et lorsqu'il fut enfin assez célèbre pour pouvoir faire jouer ses propres compositions, beaucoup d'entre elles furent détestées, si bien qu'une grande part de son oeuvre ne date que des dix dernières années de sa vie. »

L'extrait présenté ci-dessus, interprété par l'orchestre national de France en 1975 (l'une des formations de Radio France) est le 3e mouvement de sa première symphonie, surnommée "Titan", créée en 1889 alors qu'il dirigeait l'opéra royal de Budapest. Son interprétation déclenchera finalement l'enthousiasme du « conservateur » Brahms, qui l'aidera, en compagnie de son ami Hanslick, à obtenir le prestigieux poste de directeur artistique de l'opéra de Vienne, en 1897. 

Gustave Mahler meurt le 18 mai 1911, à 50 ans, d'une infection généralisée contractée aux Etats-Unis alors qu'il dirigeait l'orchestre philharmonique de New York.

Cyrille Beyer

Rédaction Ina le 18/05/2021 à 20:04. Dernière mise à jour le 08/07/2021 à 13:02.
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