L’usine, qui produit des boîtes de transmission, emploie actuellement 850 salariés. Ford vient d'annoncer sa fermeture en août 2019. Depuis plusieurs années, le site vit dans la crainte d’un abandon de l’automobiliste américain. En effet, Ford avait déjà cédé le site bordelais à l’Allemand HZ holding en 2009, puis l’avait repris en 2011. En 2013, Ford, sous la pression des syndicats et des pouvoirs publics, s’était engagé à maintenir l’emploi de 1000 personnes pendant 5 ans, contre le versement en échange d’aides publiques.

Tout récemment, l'usine de Blanquefort s'est vue proposée le rachat par Punch Powerglide, avec le soutien des pouvoirs publics. Devant le refus de la direction de Ford et l'annonce de sa fermeture en août 2019, le ministre de l'économie Bruno Le Maire a exprimé sa colère et son sentiment de "trahison". 

C'est le triste dénouement d'une longue aventure industrielle, qui a fait la fierté industrielle de toute une région.

En 1973, quelques mois après son installation, le son de cloche est à l'optimisme. L’usine flambant neuve est inaugurée par Jacques Chaban-Delmas. Le 19 juin 1973, le maire de Bordeaux, et ancien Premier ministre, prononce un discours dans lequel il se félicite de la concrétisation d’un tel projet, dont le « produit, fort élaboré, est destiné à l’exportation, tant vers l’Europe, que même vers les Etats-Unis », et dont la localisation ne « pouvait être que sur un port sur l’océan ». Il conclue en ces termes : « il me reste à souhaiter sa meilleure chance à ce vaisseau superbe, qui commence sa course immobile dans ces lieux verdoyants, dans cette commune charmante, accueillante de Blanquefort, dans ces lieux que nous avons voulu consacrés à l’expansion industrielle de Bordeaux et de l’Aquitaine »…

Trois années plus tard, en 1976, alors que la crise économique commence à se faire sentir dans tout le pays, avec ses problématiques de chômage, le site de Blanquefort ne semble pas connaître la crise. Un responsable du site, interviewé, déplore la difficulté à recruter de nouveaux employés sur un site qui ne tourne encore qu’à la moitié de son potentiel industriel : « Nous allons faire davantage d’actions de recrutement, nous avons même déjà contacté les écoles techniques, on va éventuellement voir s’il n’y a pas des gens dans les casernes qui seront démobilisés d’ici peu, pour essayer donc d’accélérer les embauches »…

La vue de ces deux archives, en reflétant l’âge d’or du site de Blanquefort durant les années 1970, nous fait durement ressentir la fin annoncée d'un fleuron de l'industrie française...

Rédaction Ina le 09/03/2018 à 18:45. Dernière mise à jour le 14/12/2018 à 11:51.
Economie et société