La série "Lupin", produite par Gaumont et diffusée sur Netflix, rencontre un vif succès en France et aux Etats-Unis. Il s'agit d'une  adaptation moderne de l'univers d'Arsène Lupin, un héros plusieurs fois porté à l'écran, comme dans les années 1970, où il fut incarné par l'acteur Georges Descrières.

Arsène Lupin naît de l'imagination du romancier Maurice Leblanc pour la première fois en 1905, et va fournir la matière à une série de nombreux romans et nouvelles jusqu'à la mort de l'auteur, en 1941. Lupin est un « gentleman cambrioleur » qui évolue dans les hautes sphères de la société de la Belle Epoque et de l'Entre-deux-guerres en étant le moteur d'innombrables aventures, tour à tour cambrioleur et détective. Le succès de ces romans, adaptés au théâtre et à la télévision, font de l'univers d'Arsène Lupin une référence de la culture populaire française du XXe siècle. 

Dans les années 1970, l'acteur Georges Descrières va incarner aux yeux des Français le célèbre cambrioleur pour le petit écran. Sur le tournage d'un des épisodes, en 1973, il donne ainsi la définition d'Arsène Lupin comme étant le « prototype du héros populaire français, au même titre que D'Artagnan des Trois mousquetaires, que le Comte de Monte-Cristo ou que Fanfan la Tulipe. C'est notre Robin des Bois français. » Pour Georges Descrières, Lupin est un « redresseur de torts », un homme « parti d'une basse extraction, qui s'est fait lui-même, et ensuite qui a décidé de venger la veuve et l'orphelin, de défendre les pauvres en poursuivant les mauvais riches ». Une fonction de chevalier blanc dans le droit fil de ce « rôle de justicier [qui] existe dans toute la littérature populaire française ».

Repris de nombreuses fois, au théâtre comme à la télévision, le personnage d'Arsène Lupin va évoluer au fil du temps et des acteurs qui l'incarnent. 

Ainsi, pour le réalisateur Jean-Pierre Desagnat, le jeu de Georges Descrières ramène Arsène Lupin à une image plus proche de celle imaginée par Maurice Leblanc : « Descrières a amené au personnage le côté homme du monde [...], l'homme en habits, l'homme en haut de forme, [...] », lui conférant une « silhouette aristocratique », en opposition à d'autres interprétations qui l'ont précédé, comme celle de Robert Lamoureux, au jeu plus populaire, plus « titi parisien ». 

Rédaction Ina le 13/01/2021 à 18:13. Dernière mise à jour le 13/01/2021 à 18:28.
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