La rentrée rime dans certaines régions avec vendanges. Au début des années 1970, ce reportage réalisé dans les cépages savoyards nous faisait découvrir une tradition ancienne, celle des vignes sur crosses.

Le 7 novembre 1972, le journal régional télévisé de Rhône Alpes Actualités, entraînait le spectateur à Marin. Là-bas subsistait une tradition ancienne : les crosses. Les vignes y étaient plantées au pied de châtaigniers morts et grimpaient à leurs branches jusqu'à atteindre plus de 7 mètres de hauteur.

Un problème pour le traitement et le sulfatage souvent irréguliers à cette hauteur comme le déplore ici ce vigneron. Les vendanges se font à l'aide d'échelles ce qui semble amuser le reporter à qui cette particularité donne des idées grivoises, "j'ai l'impression que les vendanges chez vous c'est très divertissant" et d'ajouter, "il y a beaucoup de jeunes filles qui acceptent de vendanger ?"

Le viticulteur qui ne perçoit visiblement pas l'allusion coquine regrette simplement "de moins en moins parce qu'elles travaillent maintenant".

Et le journaliste ajoute avec une pointe de regret "et elles sont en pantalon maintenant…". Cette fois, le vigneron perçoit où voulait en venir le journaliste, ce qui le fait beaucoup rire.

Le commentaire précise, "autrefois, on trouvait 4000 crosses à Marin, elles ne sont plus que 200. On assure dans le pays qu'un cèpe de 37 cm de circonférence a donné jusqu'à 450 litres de chasselas".

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Plus tard, un vieux viticulteur raconte avec bonne humeur l'origine de cette tradition. Une explication alambiquée et difficilement compréhensible. [Elle remonterait au XIe siècle, époque à laquelle les moines plantent la vigne "en crosse", c'est-à-dire sur arbre mort. Technique qui perdurera durant tout le Moyen Âge et jusqu'à l'annexion de la Savoie à la France.]

Avant de conclure son reportage, le journaliste pose, vraisemblablement hors micro, sa question sur rôle des jeunes filles dans ces vendanges car le bonhomme, tout guilleret, se met à raconter, sous le regard visiblement gêné de son épouse et d'une jeune fille, une anecdote, "on a une méthode, ce qu'on appelle "ramoner". Alors ici, soit à un jeune homme, soit à une vieille personne, elle vient lui frotter la figure. Méthode qui est très familière dans notre région. Alors ces demoiselles laissent très bien faire ces petites choses-là. Mais moins les dames" s'esclaffe-t-il. Quelqu'un en off lui demande une démonstration. L'adolescente s'exécute avec le sourire, elle monte rejoindre le vieil homme sur l'échelle et lui "frotte" le visage, joue contre joue.

Ainsi s'achève, dans un rire général, cet instantané des vendanges en Savoie en 1972.

Rédaction Ina le 02/09/2020 à 16:52. Dernière mise à jour le 02/09/2020 à 16:59.
Economie et société