Des femmes bronzant les seins nus sur une plage des Pyrénées-Orientales ont été priées par la gendarmerie de se couvrir. C'est le retour de la polémique sur le monokini, présente dès les débuts de cette pratique. Ainsi en 1970, sur cette plage de Saint-Tropez, les avis étaient partagés...

Des femmes bronzant les seins nus sur une plage des Pyrénées-Orientales ont été priées par la gendarmerie de se couvrir, alors qu'il n'existe aucun texte législatif pour réprimander la pratique du monokini. En tout cas pas sur cette plage de Sainte-Marie-la-Mer, ni pour la grande majorité des plages françaises où le topless est une pratique courante.

Les mairies sont certes habilitées à prendre occasionnellement des arrêtés interdisant le monokini lorsque « bronzer les seins nus est constitutif d'une quelconque atteinte à la pudeur ou aux bonnes mœurs ». C'est par exemple le cas l'été sur les quais du centre de Paris pour l'opération Paris Plage, du fait de la situation très particulière de l'installation en plein coeur de la capitale, et du mélange entre « estivants », touristes et citadins. 

Cette polémique du monikini, on la retrouve logiquement dès le début des années 1970, alors que cette pratique est encore très récente (elle se développe au cours des années 60). A Saint-Tropez, un sujet de Côte d'Azur Actualités confronte les avis de celles, en général plus jeunes, adeptes du monokini, et celles, mères de famille, qui le trouvent exagéré. 

Une jeune femme exprime ainsi sa satisfaction à bronzer les seins nus, sans que cela ne pose aucun problème : « Je suis venue en vacances pour bronzer et j'ai trouvé ça tellement agréable de pouvoir se mettre à l'aise, torse nu, je l'ai fait dès le premier jour et je ne pense pas avoir eu de remarque [de la part des autres vacanciers]. Je trouve cela très agréable. » Mais la plage étant sous le coup d'un arrêté municipal proscrivant l'usage du monokini, la jeune femme convient avoir déjà eu des remarques de la part des gendarmes : « A la vue des képis, nous nous retournons sur le ventre. Ils sont venus nous voir, et nous on demandé très gentiment de bien vouloir remettre nos soutiens gorge ».

Une autre jeune femme « ne voit pas où est le problème », et trouve que « ce qui est indécent, c'est plutôt de se promener en ville en maillot de bain » : « Mais sur les plages, on peut même être toute nue, ce n'est pas gênant du tout. »

Un libéralisme corporel que ne partagent pas toutes les femmes présentes sur la plage. Deux mères de famille trouvent en effet l'usage du monokini déplacé en présence d'enfants : « Chacun son opinion, mais moi je trouve cela pas très bien. Moi je ne le ferais pas, surtout pas devant les enfants. Ce matin en arrivant à la plage, on a vu une personne toute nue faisant sa gymnastique. Devant les enfants, ça nous dépasse. »

Alors que l'expression d'une liberté corporelle est la seule justification depuis les années 60 pour les femmes adeptes du monokini, désireuses de pouvoir jouir de leur torse au même titre que les hommes, permettant ainsi à leur poitrine le bronzage, certains, et notamment de nombreux hommes, ramènent souvent cette pratique à une question esthétique. Serait acceptable le monokini d'une jeune (et belle) femme, tandis que les seins nus d'une femme plus âgée seraient indécents. C'est en tout l'avis de ce retraité qui conclut le reportage de Côte d'Azur Actualités en ces termes  : « Le monokini, quand les femmes ont une belle poitrine et qu'elles sont belles, ça me déplaît pas, mais autrement, elles peuvent les laisser de côté ! »

Rédaction Ina le 26/08/2020 à 19:35. Dernière mise à jour le 26/08/2020 à 19:59.
Economie et société