L'actrice est morte le 24 avril 2011 dans des circonstances étranges. Très engagée dans le féminisme, elle avait une opinion bien tranchée sur la misogynie.

Marie-France Pisier a été retrouvée par son mari Thierry Funck-Brentano, inanimée au fond de la piscine de leur villa de Saint-Cyr-sur-Mer. Les circonstances de son décès restent floues. Une enquête sera ouverte et une autopsie réalisée, sans qu'elles permettent de conclure à une noyade accidentelle ou à un acte criminel. Actrice, romancière et très engagée, elle était la tante de Camille et Julien Kouchner, fils aîné d'Évelyne Pisier sa sœur. Elle a très tôt été mise au courant des accusations d'inceste commis par Olivier Duhamel sur son neveu et s'était brouillée avec sa sœur sur ce sujet. À la suite de la publication du livre de sa sœur Camille, Julien Kouchner, interrogé par Le Parisien le 24 janvier 2021, évoquait la mort de sa tante en ces termes : "Je n'ai jamais cru que ma tante se soit suicidée, mais je ne sais pas comment elle est morte. Ma seule certitude, c'est que toute cette l'a tuée."

"La misogynie est très dangereuse parce que la plupart du temps, elle prend le visage du paternalisme"

Intellectuelle engagée dans les combats de son époque, notamment le féminisme, Marie-France Pisier fut l'une des signataires du manifeste des 343 en faveur du droit à l'avortement, paru le 5 avril 1971 dans Le Nouvel Observateur. C'est tout naturellement qu'on l'interrogeait souvent sur un sujet qui lui tenait à cœur, celui de la place des femmes dans la société et de leur rapport aux hommes. Le 22 mai 1970, dans l'émission "Le petit cinéma de Georges de Caunes", la comédienne confiait qu'elle avait longtemps souhaité être un homme, jusqu'à la puberté puis pointait du doigt un sujet qui l'exaspérait : la misogynie qu'elle comparait au racisme.

"Avant, au moins, la misogynie se cachait un peu derrière des lois qui étaient vraiment foncièrement inégalitaires entre les hommes et les femmes. Et maintenant qu'il n'y a plus une aussi grande distance entre la façon de traiter l'homme et la femme dans la société", elle se reprend, "encore qu'il y a des injustices absolument invraisemblables. Enfin, disons qu'il y a un progrès en ce sens. La misogynie, elle prend une allure tout à fait autre. Elle est très, très inquiétante, et à mon avis, très dangereuse parce que la plupart du temps, elle prend le visage du paternalisme".

Pour aller plus loin :

Les débuts de l'actrice dans l’Écume des jours en 1967. (28 juin 1967)

Les rendez-vous du dimanche : Marie-France Pisier, l'une des actrices fétiches de François Truffaut, parle de son rôle dans le film de "L'amour en fuite", qu'elle a co-écrit avec le réalisateur. (21 janvier 1979)

Thé ou café : Marie-France Pisier évoque la mort de ses parents. (24 janvier 2010)

20h00 de France 2 : Vincent Perrot, le dernier à l'avoir interviewé, évoque son caractère spontané, une femme pleine d'énergie qui avait des projets. (24 avril 2011)

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Florence Dartois

Rédaction Ina le 22/04/2021 à 18:50. Dernière mise à jour le 22/04/2021 à 19:01.
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