Environ 20 millions de Français doivent se soumettre à un couvre-feu depuis vendredi. Mais quelle est son origine ? En 1969 exerçait encore dans un village d'Alsace le dernier veilleur de France, perpétuant une coutume pluriséculaire. Rencontre.

Dans les rues de la petite ville de Turckheim exerçait encore en 1969 le dernier veilleur de nuit, monsieur Meyer. Selon la tradition, il lui arrivait de chanter sous les fenêtres des habitants (et surtout des habitantes) une chanson en dialecte alsacien, dont il nous livre la traduction en français : « Ecoutez ce que je veux vous dire, la cloche a sonné dix heures. Prenez soin de l'âtre et de la chandelle, que Dieu et la Vierge vous protègent, Me voici de garde, Dieu vous donne une bonne nuit ». 

C'est, selon monsieur Meyer, depuis le XIe et le XIIe siècles que des veilleurs de nuit faisaient leurs rondes dans Turckheim. A l'époque, la ville était cernée de murailles dont les trois portes étaient fermées la nuit. Le rôle du veilleur était alors de s'assurer que les chandelles étaient bien éteintes, que tout le monde dormait, afin de prévenir le risque d'incendie.

Rédaction Ina le 19/10/2020 à 13:05.
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