La mairie de Paris est attaquée sur les réseaux sociaux sur la propreté des rues de la capitale. Une polémique qui n'est pas nouvelle. En 1968, un micro trottoir sondait Parisiens et touristes. Résultat plutôt mitigé, avec des appréciations fort différentes. A remarquer, l'avis des étrangers, le plus souvent positifs quant à la propreté de Paris. 

En 1968, les réseaux sociaux n'existaient pas encore, mais la polémique sur la propreté de Paris, elle, courait déjà les rues de la capitale. Le 13 avril, le magazine "Rond Point" de l'ORTF diffusait un microtrottoir qui sondait les Parisiens et les touristes sur la propreté de la ville Lumière. 

Sur l'avenue des Champs-Elysées, face à l'Arc de triomphe, ou bien à Saint-Germain-des-Près, les touristes interviewés étaient étonnamment positifs quant à l'hygiène de la capitale française. Est-ce l'effet très subjectif de la joie d'être en vacances, ou véritablement une comparaison avec l'étranger en faveur de Paris ? Pour ce couple d'Anglo-saxons, les « rues sont propres, certes, mais pas toutes ». Un jeune Suédois trouvait même la ville « très propre », enchanté par « l'eau qui ruisselle tous les matins le long des trottoirs ». Une jeune femme, au léger accent américain, était du même avis : « Je reviens des Etats-Unis, et je trouve [Paris] très propre ».

Alors, tout va bien ? N'allons pas trop vite et voyons ce qu'en disaient les premiers concernés, les Parisiens. Et ce n'était (déjà) pas tendre : « Propre, la ville ? Non, bien sur, mais c'est Paris, voyons ! » Un autre homme reconnaissait « des progrès » mais reprochait « aux services de nettoyage de ne pas toujours être à la hauteur de leur tâche, notamment dans la proche banlieue ». Avis plus tranché pour ce Parisien qui constatait que « beaucoup de quartiers sont assez sales ». La faute, selon un autre passant, à la « négligence du public », qui laisse traîner « papiers et mégots n'importe où ». 

Au jeu du microtrottoir, force est de constater que si une majorité d'étrangers trouve satisfaisante la propreté dans la capitale, ses habitants n'en sont vraiment pas convaincus. Mais il n'y a pas que l'hygiène ! Le plus important, pour cette dame, était que « Paris [soit] vraiment la plus belle ville du monde. »

Pour aller plus loin : 

Le 16 avril 1958, un reportage des Actualités françaises sur le lancement de la « campagne de la propreté » de la capitale par le Préfet de la Seine, M. Pelletier et le conseil municipal.

Le 8 octobre 1977, pour l'émission 30 millions d'amis, Jacques Chirac, maire de Paris, s'exprime sur la pollution canine en évoquant plusieurs sujets : la vignette pour les propriétaires de chien, l'accès aux caniveaux, les machines de nettoyages des trottoirs que la ville de Paris a acquis.

Le 8 octobre 1977, pour l'émission 30 millions d'amis, l'architecte M.Polya présente son projet de toilette pour chiens dans la rue, ainsi qu'une pelle adaptée pour débarrasser le trottoir des déjections canines.

Le 27 octobre 1998, la rubrique Vu d'ici du journal 12/13 de Paris Ile-de-France consacre un reportage au nouveau fléau des chewing-gum qui polluent les rues de la capitale : Problème pour le nettoyage résolu grâce à la méthode employée chez Eurodisney, le jet haute pression utilisé deux fois par an mais qui coûte cher à la ville, comme l'explique Rémi Guillet, conseiller scientifique et technique.

Le 18 décembre 2001, le journal de 20h sur France 2 suit l'opération coup de poing de la mairie de Paris contre la saleté dans les rues de la ville.

Cyrille Beyer

Rédaction Ina le 06/04/2021 à 17:14. Dernière mise à jour le 06/04/2021 à 18:16.
Economie et société