Le marasme algérien

Point de départ : le 13 mai 1958 à Alger. Ce jour-là, les Pieds-noirs manifestent contre le FLN et contre la formation à Paris d'un gouvernement présidé par Pierre Pflimlin, partisan de l'Algérie indépendante. Les émeutiers en appellent au général de Gaulle pour maintenir la souveraineté de la France sur l'Algérie.
A 20 heures, Radio-Alger annonce : " Algériens ! Le ministère de l'Algérie a été pris d'assaut. Un Comité de Salut public est constitué à Alger sous la présidence du général Massu." Mais comme prévu, en métropole, Pierre Pflimlin est investi dans ses fonctions par les députés. C'est la rupture avec Alger…

De Gaulle : les déclarations

A Colombey-les-Deux-Églises, De Gaulle ne reste pas sourd à l'appel des Algérois d'origine européenne. Le 19 mai, il décide de mettre un terme à ses cinq années de traversée du désert en se disant prêt à « assumer les pouvoirs de la République ». Et à ceux qui s'inquiètent de l'éventualité d'un régime autoritaire, le général répond qu'il ne compte pas, à 67 ans, commencer une « carrière de dictateur ».
Dans un communiqué du 27 mai, De Gaulle affirme même qu'il entame le processus régulier pour « l'établissement d'un gouvernement républicain ». L'annonce fait l'effet d'une bombe dans la classe politique. Cette intervention ressemble fort à une tentative de coup d'Etat !

Le retour officiel

Pour couper court à l'inquiétude, René Coty, le président de la République, se décide, le 1er juin, à en appeler au «plus illustre des Français ». Et de poursuivre : « Celui qui, aux heures les plus sombres de notre histoire, fut notre chef pour la reconquête de la liberté et qui, ayant réalisé autour de lui l'unanimité nationale, refusa la dictature pour établir la République». Charles de Gaulle accepte de former un gouvernement. Sous pression, l'Assemblée nationale l'investit le 1er juin. Il devient alors le dernier président du Conseil de la IVe République. Fort de ce plébiscite, le général se rend en Algérie du 4 au 7 juin 1958. Il y rassure la population avec la désormais très célèbre formule « Je vous ai compris ».

Adieu la IVe. Vive la Ve République !

Parallèlement, le général s'attelle à la mise sur pied d'une nouvelle Constitution, proche des propositions avancées lors de son discours de Bayeux, le 16 juin 1946. Les nouvelles institutions sont approuvées par référendum le 28 septembre 1958. Et, le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle devient le premier président de la Ve République.

Rédaction Ina le 30/05/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 10/04/2015 à 16:21.
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