Après le confinement, de nombreux citadins ont ressenti l'envie de partir vivre au vert pour retrouver une meilleure qualité de vie, plus simple et plus proche de la nature. Ce reportage des années 50 résonnait déjà étonnamment avec ce besoin.

Ce reportage de Roger Louis date d'avril 1953. Il pose déjà l'épineuse question des avantages et inconvénients des différents de modes de vie, urbain et campagnard. En pleine période d'exode rural, qui pousse alors des millions de "paysans" vers les grandes agglomérations, ce reportage dépeint, en caméra subjective, le portrait d'un Parisien et celui d'un paysan. Il nous nous plonge dans leur quotidien que tout oppose et touche du doigt l'abîme qui sépare déjà ces deux mondes.

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"Je suis un citadin. Me reconnaissez-vous dans cette foule" ?

Il s'agit d'un reportage où l'on sent un certain parti pris de la part du journaliste, un parti pris accentué par le choix de la musique illustrant les images. La vie dans une grande métropole, en l’occurrence Paris, est montée sur une musique endiablée, saccadée. Sous l’œil de la caméra se déroule la vie échevelée, rapide, sous-entendue superficielle, des citadins. Des êtres aux regards éteints qui "manient les chiffres, les statistiques, l'abstraction avec aisance".

Quand vient le dimanche, les seuls espaces pour se relaxer semblent être "les boulevards où flâner", "les terrasses des cafés" où observer les badauds ou encore des parcs et jardins aménagés. Après ce constat plutôt déprimant, un peu caricatural il est vrai, le reporter transporte le téléspectateur à la campagne. Cette fois le rythme se calme...

"La terre, ma terre… vous ne pouvez pas savoir ce qu'elle représente pour moi. Je suis né ici…"

... et la musique se fait plus douce, enveloppante. La vie à la campagne est dépeinte dans toute sa lenteur supposée. Le contact direct avec la nature, la vie animale et végétale, ainsi que la qualité de vie, sont sublimés. "Je me couche avec le Soleil". Puis viennent des images de la terre labourée, des paisibles chevaux de trait au travail,  "je déteste le gaspillage car je vis dans le concret, le réel…".

Pas de cafés ici, mais des veillées familiales et amicales du soir, "et je me couche tôt parce que je me suis levé tôt…". Une vie saine et tranquille qui semble déjà, pour le journaliste, de l'ordre de l'idéalisation. Un mode de vie qui tendait à disparaître et 1953 et qui est désormais recherché par de nombreux citadins en mal de verdure…

En mai 2020, 54 % des Franciliens se déclaraient prêts à partir dès que possible s'installer dans une autre région, contre seulement 38 % avant le confinement, d'après un sondage réalisé par la plateforme "Paris je te quitte". Une tendance très marquée tendance chez les cadres parisiens puisque, selon une "étude Cadremploi" d'août 2020, ils sont 83 % à envisager une mobilité régionale. 

Rédaction Ina le 23/10/2020 à 16:23. Dernière mise à jour le 23/10/2020 à 16:36.
Economie et société