Aujourd'hui c'est la Journée mondiale du jeu d'échecs, un jeu de stratégie longtemps réservé aux humains, jusqu'au jour où Deep Blue s'opposa à Kasparov, le champion mondial...

"Le cerveau humain a triomphé de la surpuissance informatique, le monde est soulagé… Oui mais pour combien de temps ?"

C'est la question que se posaient les passionnés d'échecs après la difficile victoire de Garry Kasparov sur l'ordinateur IBM en ce jour de février...

Pour fêter son cinquantième anniversaire, l'ACM (Association for computing) organisait à Philadelphie l'ACM Chess Challenge opposant le champion du monde d'échecs Garry Kasparov au puissant ordinateur Deep Blue d'IBM.

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Depuis une semaine, le champion d'échecs affrontait un adversaire plutôt costaud, un ordinateur de deux mètres de hauteur et pesant 700 kilos, capable de réaliser 50 milliards de coups par minute ! 

Pas de quoi intimider un champion du monde plutôt sûr de lui. Et pour cause, Garry Kasparov avait vaincu, sans trop de péril, une version précédente en 1989. Il avait déclaré à l'époque "C'est un bon joueur, un peu primitif...".

Mais cette fois, rien ne sera simple. L'intelligence artificielle plus aboutie va lui donner du fil à retordre. Depuis le 10 février, le joueur d'échecs tente de parer les coups astucieux de Deep blue qui ouvre le jeu. Le calculateur déjoue les parades les plus astucieuses de "l'ogre de Bakou". Le 16 février, c'est donc un rien vexé et dépité que le champion reprend la partie, avant de s'incliner et de quitter les lieux furieux. Le lendemain, le 17, la partie reprend et le joueur, plus concentré que jamais, va enchaîner deux parties. Score final : quatre manches à deux pour Kasparov. L'honneur est sauf, il empochera "400 000 dollars".

Six millions de passionnés ont suivi les parties sur le Net, parmi eux, Roland Moreno, l'inventeur de la carte à puce. Lui est déçu de l'échec de l'IBM : "Là aujourd'hui, on vient juste de manquer une étape dans l'histoire de l'intelligence artificielle. A peu de choses près. Il aurait pu gagner. Tout le monde s'y attendait… au 21e siècle, dans quatre ans, on y sera."

Passionné d'échecs, Georges Moustaki n'a rien manqué du duel homme-machine. Le chanteur reste cependant philosophe : "C'est le genre humain qui a fait cette machine, donc c'est un genre humain qui a une autre forme d'humanité. Une humanité moins humaine mais qui reste de l'humanité."

Roland Moreno n'a pas baissé les bras et ironise sur ce résultat : "Moi ma conclusion pour cette fois, c'est : à la prochaine fois !" Et Georges Moustaki plaisante : "Oui mais l'Homme aura fait des progrès entre temps...

Dan-Antoine Banc-Shapira, directeur de l'université Kasparov délivre sa version plus égalitaire de l'échange : "la leçon de ce match, c'est l'association de l'homme et de la machine. A un homme, la décision, le sens. A la machine, le calcul, la préparation de la décision."

L'IBM s'en sortait bien et l'année suivante, il allait vaincre le champion du monde et ouvrir une nouvelle ère de l'intelligence artificielle.

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Florence Dartois

Rédaction Ina le 14/02/2020 à 16:25. Dernière mise à jour le 17/07/2020 à 10:36.
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