14-18 : Première guerre mondiale

Redaction Ina le 04/07/2014 à 10:41. Dernière mise à jour le 04/08/2017 à 18:03.
Histoire et conflits

Moins d'un mois après l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914, l'Europe entre en guerre. Alors que l'ensemble des belligérants croit à un dénouement rapide, le conflit s'enlise et devient mondial. A l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, ina.fr revient en vidéos et en audios sur la première guerre totale.

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La folie des hommes

Eté 1914. L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire Austro-Hongrois, par un jeune étudiant nationaliste Serbe, enflamme la poudrière européenne. Un complexe jeu d'alliance se met en place. D'un côté, la Russie, qui soutient le nationalisme serbe, le Royaume-Uni et la France s'allient pour former la Triple-Entente. De l'autre, l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche-Hongrie se regroupent dans la Triple-Alliance. Le 28 juillet l'Autriche déclare la guerre à la Serbie. C'est le début de quatre années de guerre.

En France, l'Union sacrée est déclarée. Animés par la propagande, les jeunes mobilisés partent au front la fleur au fusil. Affublés de pantalons rouge garance, ils pensent en découdre en quelques semaines et rentrer avant la fin des moissons. Très vite, ils sont confrontés à une réalité beaucoup plus sombre. Le conflit s'enlise. Le froid et la pluie remplacent le soleil d'été. On cherche à se camoufler, on creuse des tranchées. Chaque camp refuse de reculer. On se bat pour quelques mètres. C'est la guerre de position.

Le froid, la boue, les rats, l'odeur du sang des compagnons tombés, les attaques au gaz, le quotidien des poilus s'apparente à l'enfer. Le moral des hommes est au plus bas. Certains tombent dans la folie, d'autres désertent ou se mutilent pour pouvoir quitter le front, avec le risque d'être fusillés pour l'exemple s'ils sont pris.

Quatre années. Quatre années de guerre, quatre années de peur, quatre années de sang. Quatre années et près de 20 millions de morts. Des civils aux militaires, des tranchées aux états majors, ina.fr vous ouvre les portes de ses archives en mettant l'accent sur les témoignages de ceux qui ont vécu l'un des plus grands traumatismes du XXème siècle.

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La guerre est déclarée

Dans les tranchées

La fumée des tirs d'artillerie, les soldats mutilés, les rats, la boue : le quotidien dans les tranchées.

La naissance de l'aviaton

1917. Sur un aérodrome, le maréchal Franchet d'Esperey passe en revue des troupes.

Les taxis de la Marne

Alain Decaux revient sur l'épopée des taxis de la Marne. En septembre 1914, Joseph Gallieni, gouverneur général de Paris, refuse de déclarer Paris ville ouverte. Il réquisitionne les chauffeurs de taxis parisiens et leurs véhicules pour assurer le transport des fantassins de la 7ème division de Lorraine. Il réalise ainsi la jonction avec l'armée de Maunoury, ce qui permettra la victoire de la bataille de la Marne.

Les femmes françaises

Pour la première fois dans l'Histoire, nous assistons à une guerre totale. Les civils doivent participer à l'effort de guerre. Entre guerre économique et économie de guerre, les femmes vont jouer un rôle de premier ordre à l'arrière. Elles sont partout : dans les usines, les hôpitaux, les transports, dans les champs. Cette intervention active des femmes va considérablement influer sur leur condition et accélérer leur émancipation.

1918. Le président Poincaré remet son bâton au maréchal Foch lors d'une cérémonie officielle.

 

Témoignages et lettres de poilus

 

Journal de guerre du soldat André Miette

Ancien meunier, André Miette entre comme employé à la Compagnie du chemin de fer du Nord en 1919. En 1921, il accède au poste d'aiguilleur. C'est alors qu'il commence à rédiger son journal, pour éviter de s'endormir pendant son service de nuit.  La lecture des mémoires de ce conscrit de la classe 17 alterne avec les commentaires de l'historien Michel Winock. Extraits choisis :

"Toutes les vieilles haines d'un seul coup se sont réveillées contre l'Allemagne".

"L'hiver, le vin était souvent gelé. Il fallait enfoncer le bout de la baïonette par le goulot pour pouvoir le boire".

"Tous ceux qui ont vécu dans les tranchées, ne peuvent parler sans horreur des plus redoutables ennemis du fantassin : l'eau et la boue."

"Des obus passaient en miaulant et allaient s'écraser sur les batteries où les crapouillots faisant voler des paquets de terre"

"… les carcasses de cheveaux sur qui nos ennemis avaient taillés de larges morceaux de viandes. Nulle part on ne rencontrait quoique ce fut à manger. Les arbres fruitiers étaient complétement dépouillés".

 

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La poésie de Guillaume Apolliniare, un remède aux atrocités de la guerre

 "J'aimerai que tu sois un obu boche pour me tuer d'un soudain amour"

 

Septembre 1915, un soldat écrit à sa mère. Il raconte les gaz asphixiants, leur couleur, leur odeur, et lui demande de lui envoyer des lunettes pour se protéger les yeux.

Lettre du caporal Henri Floch

Accusé d'abandon de poste en présence de l'ennemi, Henri Floch est fusillé en décembre 1914.

"Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple".

Lettre de René Jacob

En septembre 1914, René Jacob décrit l'horreur de la bataille de la Marne, le champ de bataille jonché de cadavres d'hommes et de chevaux, l'odeur de la mort.

 "Une odeur de charnier nous prend à la gorge".

Lettre de Willi Lutz

En juin 1916, ce jeune soldat allemand écrit à sa soeur. Il lui explique pourquoi il tarde à s'engager avec sa fiancée. Donner sa parole alors qu'il est au front lui semble impossible. Il mourra deux jours plus tard.

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Les pionniers de l'aviation

Jean Claude Bernard, Joseph Frantz et Louis Gaubert, pionniers de l'aviation, évoquent leurs souvenirs de la Première guerre mondiale. Avant l'invention des anémomètres, les aviateurs évaluaient la vitesse et la direction du vent en crachant.

Chemin des Dames

Reportage. Visite des cavernes du Chemin des Dames décorées par les poilus de la Grande Guerre. Inscriptions, graffitis et bas-reliefs permettent aux historiens de reconstituer la vie quotidienne des soldats; tout comme les planches qui servaient de lit, les cantines, le matériel réglementaire, les assiettes. Tous ces objets retrouvés témoignent du petit confort que les poilus pouvaient s'octroyer.

Témoignages d'anciens combattants d'Outre mers et d'Afrique du Nord.

Roland Dorgeles évoque un Noël dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Les soldats allemands et français avaient fraternisé le temps du réveillon.

"La force de la jeunesse, c'est qu'elle espère, c'est qu'elle ne croit pas à la mort".

Guerre 14-18 : paroles de poilus.

Nous étions à Verdun

Ceux qui se souviennent.

Documentaire. Des témoins de la Guerre 14-18 racontent leur quotidien dans le nord de la France occupée, les valeurs morales de leur génération. Ils dénoncent l'horreur de la Première Guerre mondiale et le rôle mensonger de la presse. Leurs témoignages alternent avec des images de cérémonies de commémoration.

"Il a été tué… je ne sais plus… à Verdun je crois. Ils l'ont reconnu par les chaussettes."

"Le corps humain brûlé, déchiqueté…en morceaux avec le sang mélangé aux débris de vêtements et aux matières fécales… ce spectacle horrible de mort atroce est fréquent."

 

Commémorations

Jour de l'Armistice, le 11 novembre devient le jour de commémoration des soldats tombés au front. On célèbre aussi Clémenceau, le père de la victoire. Après la Seconde Guerre mondiale, le devoir de mémoire se fait de plus en plus ressentir. La preuve en images avec les commémorations de 1945 et 1946.

 

Pour aller plus loin

 

1960. L'association des comédiens combattants propose une évocation historique de la bataille de la Marne. Les images et photos d'archives alternent avec des reconstitutions et des commentaires de cartes.

"Il est minuit docteur Schweitzer".

Pièce de Gilbert Cesbron qui retrace la vie du docteur Schweitzer.

L'action se passe autour de ce médecin qui a tout quitté en 1912 pour fonder un hôpital en pleine brousse au Gabon et se mettre au service de la souffrance humaine. Organiste, il repart chaque année en Europe donner des concerts afin de subvenir aux frais de son hôpital. L'Europe quant à elle subit les ravages de la Première Guerre mondiale. Un soir, alors qu'il oublie au piano les fatigues de la journée, le père Charles de Ferrier surgit. Il porte un enfant noir atteint de convulsions. C'est à ce même moment, à minuit, que l'administrateur français Leblanc doit exécuter l'ordre de son gouvernement : arrêter le docteur Schweitzer, alsacien et donc considéré légalement comme sujet allemand et ennemi.

 

Les hommes

Adaptation de la pièce de Jean Vilar. Alors que la guerre fait rage, deux hommes qui habitent le même immeuble sont mobilisés dans le même corps. Ensemble, ils vont partager la peur, l'angoisse, la fraternité, l'espoir et les désillusions.