11 juillet 1995. Alors que la guerre de Bosnie-Herzégovine fait rage, 8 372 hommes bosniaques musulmans sont massacrés à Srebrenica par des unités de l'Armée de la République serbe de Bosnie (VRS) sous le commandement du général Ratko Mladic. Retour sur les faits.

Ce jour-là, la petite ville de Srebrenica, enclave musulmane, est prise par les Serbes et sa population expulsée. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Ils sont embarqués dans des bus pour être soi-disant "interrogés". On le saura plus tard, ils se dirigeront en fait vers une mort certaine.

Ce reportage nous décrit la situation et l'arrestation de ces hommes, mais au moment du reportage, personne n'imagine le drame qui se trame déjà en secret. Le commentaire reprenant les déclarations officielles du général Mladic

Sur ces images on le voit affirmer "N'ayez pas peur, rien ne va vous arriver" et des soldats serbes lancer des bonbons aux enfants… 

Mladic refuse ensuite que les casques bleus présents sur place accompagnent les hommes vers leur destination alors inconnue…

Les forces serbes de Bosnie ont investi, ce mardi 11 juillet, l'enclave musulmane de Srebrenica, en Bosnie orientale. Quelques 30 000 personnes ont pris la fuite et tentent de trouver refuge autour de Potocari, principale base de la FORPRONU dans la région. Cette enclave devenue zone de sécurité de l'ONU en 1993. Par téléphone, Stéphan Oberreit, coordinateur MSF Belgrade témoigne de la situation. En direct à Sarajevo, Giles Rabine évoque le sort des 7000 personnes qui sont désormais sous domination serbe à Srebrenica. Les Bosniaques n'ont pas eu les moyens de se défendre selon lui.

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On parle déjà de "purification ethnique"

Le 13 juillet, on commence à parler de "purification ethnique". Le JT de 20 heures présente des images serbes et rappelle la situation critique. "Dès mercredi, les Serbes ont commencé à organiser l'expulsion de la population musulmane de l'enclave, sous la direction de leur commandant, le général Mladic. Des milliers de réfugiés se retrouvent à Tuzla, une autre enclave musulmane, pour échapper aux Serbes". Des images de la télévision serbe bosniaque tournées à Potocari montrent un général Mladic bienveillant, faisant distribuer du chocolat aux enfants et organisant l'évacuation des femmes et des enfants par autocar, séparant les familles. Le sort réservé aux hommes est beaucoup plus sombre et la présence des Casques bleus n'y change rien. Désormais, la ville serbe acclame Radovan Karadzic. Selon le correspondant sur place Giles Rabine, en direct de Sarajevo, les habitants de Srebrenica disent avoir été trahis par l'ONU.  

Voilà ce qui se passait en réalité pour les hommes et adolescents à la descente des bus. Le 3 juin 2005, dix ans après les faits, une vidéo montrant des exécutions de jeunes musulmans bosniaques par une milice serbe, les Scorpions, en 1995 est diffusée au Tribunal Pénal International, prouvant que des unités paramilitaires serbes ont participé au massacre. (Attention images qui peuvent heurter la sensibilité).

Srebrenica autopsie d'un crime de guerre

F2, Le Journal 20H00 : Jacques Chirac à propos de la situation en Bosnie. La situation en Bosnie-Herzégovine occupe une place importante dans les propos du chef de l'Etat. (14 juillet 1995)

Soir 3 : reportage dans un camp de réfugiés en Bosnie. Après la chute de Srebrenica, 6500 réfugiés, principalement des femmes et des enfants, ont trouvé refuge dans un camp improvisé près de Tuzla, sur le terrain d'un ancien aéroport. (17 juillet 1995)

Soir 3 : les exactions des Serbes. Certains habitants de Srebrenica n'ont pas voulu ou n'ont pas pu partir quand les Serbes sont entrés dans la ville. Ils ont été regroupés dans une école transformée en camp de réfugiés. Une enfant raconte qu'elle a vu des soldats tuer des gens à coups de baionnette, et une femme dit que les soldats de l'ONU n'ont rien fait pour les protéger, et empêcher que des crimes soient commis. Les témoignages terrifiants font état de meurtres, tortures et de viols. 15000 personnes sont portées disparues depuis la chute de Srebrenica, des hommes pour la plupart. Déclaration d'Emma Bonino, commissaire pour les affaires humanitaires. Elle dit que parmi les disparus, il y a des hommes mais aussi des jeunes filles.  (17 juillet 1995)

La marche du siècle : Srebrenica : autopsie d'un crime de guerre. Deux hommes, Uliem Sulitch 56 ans et Mevludin Oritch) 32 ans (trad off), rescapés du massacre de Srebrenica, racontent l'horreur des exécutions massives. (FR3, 20 mars 1996)

F2 Le Journal 20H00 : Tribunal Pénal International. Le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie a délivré à La Haye un mandat d'arrêt international contre Radovan Karadzic et Ratko Mladic, poursuivis pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Les chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie sont les principaux accusés du procès du massacre de Srebrenica. (11 juillet 1996)  

19-20 Edition nationale FR3 : Srebrenica : témoignage d'un survivant de Srebrenica qui est de retour dix ans après le massacre. (9 juillet 2005) 

20 heures le journal de France 2 : commémoration du 10ème anniversaire du massacre de Srebrenica. En ex Yougoslavie, des cérémonies émouvantes pour le 10ème anniversaire du massacre de Srebrenica... (11 juillet 2005)                                       

Pour en savoir plus

Ratko Mladic, de la cavale au tribunal. (article)

Docteur Dabic ou mister Karadzic… La cavale de l'insaisissable Radovan Karadzic (article)

La guerre en Bosnie (Dossier)

Florence Dartois

Rédaction Ina le 08/07/2020 à 15:47. Dernière mise à jour le 08/07/2020 à 15:55.
Histoire et conflits