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Sur la base américaine d’Évreux en 1963

Sur la base américaine d’Évreux en 1963

L'ALBUM PHOTO - En marge du tournage d’un numéro de « Cinq colonnes à la une » en 1963, avec le journaliste Philippe Labro, le photographe Daniel Fallot a réalisé une série de clichés de la base américaine d’Évreux. Retour en images sur cette microsociété américaine en France.

Par Benoît Dusanter - Publié le 08.12.2022 - Mis à jour le 11.08.2023

Un enfant sur son tricycle à la base militaire américaine d’Évreux. 1963. Crédits : Daniel Fallot.

Administrée par l’OTAN entre 1954 et 1967, la base américaine d’Évreux était une véritable ville dans la ville ! Au plus fort de son occupation, près de 9000 personnes y travaillaient. Au total, 300 mobile-homes étaient implantés sur la base et deux cités résidentielles ont été établies dans les quartiers de La Madeleine et Saint-Michel. Par la présence de ces militaires, l’ « American way of life » s’exportait en Normandie.

Sur la base, on trouvait de nombreuses infrastructures : école, théâtre, hôpital, magasin (les célèbres PX, Post Exchange, magasins réservés au personnel de l’armée américaine où l’on trouvait tous types de produits à des prix défiant toute concurrence), mais aussi une église, un bowling, un casino, un terrain de basket et même un dojo d’art martial.

En septembre 1963, les journalistes de l’émission « Cinq Colonnes à la une », dont l’écrivain Philippe Labro, s’y rendaient pour interviewer les habitants. « Les producteurs, sont venus me chercher, car je connaissais bien les États-Unis pour y avoir fait mes études et surtout parce que ce que je parlais anglais », se souvient Philippe Labro. Sur place, l’équipe de tournage cherchait à savoir comment la population locale s’imprégnait du « soft-power » américain. « À cette époque, les Américains arrivent avec leurs bagages ! Il y a eu une pénétration douce du comportement américain, des vêtements américains, de la musique et de la nourriture américaine auprès de toute une génération », ajoute Philippe Labro.

Progressivement, le comportement du GI en civil ou en uniforme dans les rues d’Évreux déteint sur les jeunes Ebroïciens. La cohabitation avec les habitants est parfois compliquée : la barrière de la langue, la pratique religieuse, les mariages mixtes et le racisme envers les militaires afro-américains bouleversent les relations sociales. « Les Américains exportent tout : leur liberté comme leur racisme et leurs préjugés. Cependant, l’intégration des soldats noirs dans l’armée américaine a fait beaucoup pour l’acceptation des Noirs dans la société », nuance Philippe Labro.

L’émission est diffusée sur la 1ère chaîne en octobre 1963. Philippe Labro se souvient du montage : « L’une des vertus de « Cinq Colonnes à Une », c’était le savoir-faire du montage. Nous étions de jeunes journalistes surveillés par deux génies qui s’appelaient Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet. J’ai beaucoup appris avec eux. Il y avait une atmosphère et un esprit extraordinaire ».

Les images du photographe Daniel Fallot reflètent parfaitement le fonctionnement de cette microsociété américaine en France. En 1966, le président Charles de Gaulle annonçait le retrait de la France de l’Otan. Dès l’année suivante, les troupes de l’US Air Force quittaient le territoire et laissaient derrière eux les bases où ils avaient vécu depuis la fin de la guerre.

Des enfants devant un mobil-home. Crédits : Daniel Fallot.

Une mère et son enfant. Crédits : Daniel Fallot.

Cadreur et habitants sur la base militaire amércaine d’Évreux. Crédits : Daniel Fallot.

La base américaine d’Évreux est une véritable ville avec toutes ses commodités. Crédits : Daniel Fallot.

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Des habitants devant l'église. Crédits : Daniel Fallot.

Préparatifs pour une interview. Crédits : Daniel Fallot.

Le journaliste Philippe Labro interviewe de jeunes militaires. Crédits : Daniel Fallot.

Exploitation d'une carrière sur la base militaire américaine d’Évreux. Crédits : Daniel Fallot.

Lancer le diaporama : 4 images

Il y a comme un air d'Amérique qui souffle en Normandie. Dans la base aérienne d'Évreux, l'« American way of life » est une institution. L'adaptation au mode de vie local n'a pas été la priorité pour ces soldats déployés en France. Mais à l'heure où ses portes risquent de fermer, quels souvenirs les Américains gardent-ils de la base d'Évreux ? Réponse dans un documentaire réalisé par Charles Brabant à voir sur madelen.

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