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Jules Dubernard, celui qui décrypte le rap à partir de la data

Jules Dubernard, celui qui décrypte le rap à partir de la data

Diplômé du master production audiovisuelle de l’INA, Jules Dubernard a fondé RapMinerz, le premier média qui décrypte le rap à travers ses données. Un choix dicté par des aspirations que l’on retrouve souvent avec la génération Z.

Par Sylvie Lartigue - Publié le 14.12.2021
Jules Dubernard et Maxime Benoît, les deux créateurs de RapMinerz. Crédits : INA.

« Monter ma boîte ». Cette ambition, Jules Dubernard, 28 ans, l'a partagée avec la plupart de ses camarades de promotion du master en production audiovisuelle d’INA sup quand il y était en 2018. Objectif : créer et décider par soi-même. « Je ne veux pas déléguer. Je veux garder la production de mes programmes», affirme-t-il. Le jeune homme se revendique de la génération Z des « makers », ces jeunes autodidactes qui ont grandi avec YouTube. Il veut avant tout apprendre, se former et mettre en pratique ses compétences. « Je veux toujours devenir meilleur dans ce que je fais », assure-t-il avec entrain. Un échange avec lui, c’est une bouffée de vitalité.

Le jeune homme n’a pas attendu d’être diplômé pour créer des projets. Après le bac en 2011, et une année en fac de Lettres, il rejoint l’école du journalisme de Nice (EDJ). En parallèle de ses études, il apprend la réalisation et le montage sur YouTube et Elephorm, une plateforme de moocs. Lorsqu’il arrive à Paris en  2015, ce passionné de rap part filmer des « openmic » bénévolement les soirs et week-end avec son propre matériel. En 2018, il intègre son master à INA sup à 25 ans. Il jette alors les bases d’une nouvelle idée : RapMinerz, le premier media qui décrypte le rap à partir de la data.

"C’est le moment de tout donner"

En octobre 2019, il décide de mettre en commun ses acquis avec ceux de son ami Maxime Benoît, data scientist. L'objectif : agréger des données pour mettre en valeur la richesse du rap français. Présent sur Youtube, Facebook et Instagram, RapMinerz produit des vidéos sur des sujets tels que : « Skyrock, toujours premier sur le rap ? » ; « quel rappeur mentionne le plus les armes blanches ? » ; propose un quizz pour savoir quelles sont les suites de mots les plus utilisés par les rappeurs ; ou identifie les champs lexicaux du dernier album d’Orelsan, Civilisation. Le succès a été vite au rendez-vous. Aujourd’hui, leurs posts sont vus et « likés » plusieurs dizaines de milliers de fois. Et leur compte Instagram est suivi par plus de 30 000 followers.

Jules et Maxime ont également été approchés par un diffuseur TV pour créer un programme autour des « freestyles » de rap. Le premier des deux a alors sauté sur l’occasion : « Je ne voulais pas être auteur ou concepteur. Alors j’ai fait ce que j’avais appris à l’INA : j’ai créé ma boîte de production avec Maxime ». S’ils ne se rémunèrent pas encore, ils ont été sélectionnés avec neuf autres projets médias innovants pour rejoindre l’incubateur Cargo, qui pendant une année, les aide à devenir entrepreneurs. En plus de Jules et Maxime, RapMinerz compte aujourd’hui deux alternants salariés grâce à une aide de l’Etat. Les deux entrepreneurs se donnent quelques mois pour trouver un modèle économique : « Ce n’est pas l’année prochaine que l’on pourra s’investir autant. C’est le moment de tout donner », annonce Jules.

Si le jeune entrepreneur est prêt à prendre des risques, c’est aussi parce qu’il a conscience d’évoluer dans un environnement fragile : « On évolue dans un monde qui bouge, un monde qui peut exploser du jour au lendemain. C’est tellement acquis pour moi que cela ne me fait plus peur. Je m’y suis fait ». Un enseignement qu’il tire aussi de sa formation à l’INA : « Nos professeurs ont insisté sur l’adaptabilité. Ils nous ont dit que, s’ils nous apprenaient un mode de production avec diffuseur, région et CNC, dans 10 ans, tout cela pouvait être bouleversé ».

Un constat qui influence également l’actuelle promotion des masters production audiovisuelle. Etudiante en 1ère année de master production de l’INA, Zoé Authier a écrit une comédie musicale. Elle y raconte « l’histoire d’un couple qui souhaite ouvrir un café-concert. Or cette ouverture est repoussée à cause d’un confinement dû à une maladie qui se propage, et qui rend sourd... ». Son œuvre a été sélectionnée en octobre 2021 par le festival DiviPassion qui se déroule en Essonne.

RapMinerz

RapMinerz est un média qui analyse les données du rap.

RapMinerz

RapMinerz est un média qui analyse les données du rap.