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Diggers Factory, la start-up qui distribue des vinyles édités par l'INA

Diggers Factory, la start-up qui distribue des vinyles édités par l'INA

Depuis 2017, l’INA a mis en place un partenariat avec la start-up française Diggers Factory pour distribuer des vinyles inédits issus de ses fonds d’archives. Une collaboration qui a déjà donné naissance à 20 références.

Par Benoît Dusanter - Publié le 22.04.2022
Crédits : INA/Justine Babut

 

Fondée en 2016 par Alexis Castiel, Diggers Factory est une start-up qui monte. Son modèle économique ?  Produire et distribuer des vinyles à la demande. « Cela permet aux artistes de financer la production de leur vinyle sans dépenser un euro et d’éviter la surproduction », explique le jeune entrepreneur. « On met en relation les fans et les artistes de façon à faciliter la production et toute la logistique », complète Cyril Roux, directeur de distribution.

Lors de sa création, Diggers Factory est partie à la recherche de nouveaux catalogues à éditer. « L’INA a tout de suite répondu présent » affirme Cyril Roux. Trois références (des enregistrements live de Gainsbourg, Dalida et Ray Charles) ont ainsi vu le jour dans une collection baptisée 33 tours avec l’INA. Dans un premier temps, les ventes étaient destinées aux fans. Aujourd’hui, un large circuit de distribution a été développé. On retrouve ainsi les disques de l’INA aussi bien en Corée du Sud, aux Etats-Unis, en Australie, qu’en Espagne ou au Portugal. Pour limiter son emprunte carbone, Diggers Factory travaille principalement avec deux usines de presse françaises. Une démarche « made in France » chère à la start-up.

Un catalogue d’inédits pour tous

« L’idée de base était de trouver des morceaux qui soient propre à notre fonds et qui se distinguent des albums studios ou concerts déjà édités ailleurs », explique Laetitia Fourmond, responsable des éditions physiques à l’INA. Les artistes de l’époque ayant pour habitude de faire des tours de chant avant d’enregistrer en studio, il s’agit bien souvent de morceaux captés lors de ces échauffements. On trouve aussi dans les archives de l’INA des concerts enregistrés dans des salles de spectacles parisiennes pour des retransmissions radio. « Comme les artistes de l’époque ne se déplaçaient pas avec l’ensemble de leurs musiciens, on découvre des versions plus intimes. Par exemple, on a retrouvé par hasard une version de 1965 d’Amsterdam de Jacques Brel qui change radicalement de la version que tout le monde connait », raconte Laetitia Fourmond. En plus de la valeur commerciale, la dimension historique des catalogues de l’INA a séduit Diggers Factory : « Cela permet de faire découvrir un certain nombre d’artistes à une nouvelle génération avec des inédits, ce qui est exceptionnel », confie Cyril Roux.

Des enregistrements INA en qualité supérieure

Quid de la qualité de ces enregistrements qui dorment parfois depuis plusieurs décennies dans des boites d’archives ? « Dans le commerce, on trouve beaucoup de rééditions de mauvaise qualité. A l’INA, le travail de restauration est incroyable. On a toujours une qualité exceptionnelle. Les ingénieurs de l’INA savent que le rendu est destiné aux vinyles, par conséquent, ils calibrent tout sur ce standard » répond Cyril Roux.

Le succès au rendez-vous

Depuis qu'ils se sont lancés, le bouche-à-oreille des amateurs porte ses fruits, les ventes décollent. Les premières presses sont aujourd’hui épuisées. Sur la plateforme en ligne Discog (site de référence pour la côte des vinyles), les disques édités par Diggers Factory et l’INA sont bien notés. La qualité sonore et la presse limitée augmentent leur valeur.

« Nous avons opéré un relooking de la collection 33 tours avec l’INA sur tout le bas de catalogue qui était épuisé. Nous les rééditons et les intégrons dans la distribution. Plus encore, nous avons sorti des éditions spéciales limitées :  le maxi Gainsbourg en live à la Maison de la Radio a été la meilleure vente du Disquaire Day 2020 ! » s'enthousiasme Cyril Roux.

Le partenariat INA/Diggers Factory ne s’arrête pas là. Outre les enregistrements historiques inédits, cette collaboration a donné lieu à des éditions plus surprenantes. En s’appuyant sur le Festival INASOUND, l'expérience musicale et numérique dédiée aux cultures électroniques initiée par le Groupe de recherche musicale de l’INA (INA grm), des artistes de renom de la scène électronique française comme Arnaud Rebotini viennent compléter le catalogue. Un pont entre l’histoire et le présent salué par Cyril Roux : « Travailler avec l’INA est une superbe opportunité. Il y a peu de catalogues qui retracent le passé de façon inédite et qui est en même temps implanté avec des artistes de musique électronique actuelle. D’un côté on offre au public des enregistrements inédits d’artistes cultes, de l’autre on fait la promotion d’une musique électronique française dont on peut être fier. »

Comment les techniciens de l'INA restaurent les archives 

Quentin Geffroy et Ian Debeerst, restaurateurs son à l’INA, travaillent à partir des archives originales, bien souvent des bandes radio ¼ de pouce, parfois des disques 78t . Dans un premier temps, ils opèrent une remise en état mécanique car bien souvent, l’effet du temps dégrade la matière. Il assouplissent la bobine, refont les collants, parfois réparent une chandelle et rembobinent tout à la main. « Nous avons mêmes créé des outils maison pour cela ! » s’enthousiaste Quentin Geffroy. Viens ensuite la numérisation et la restauration. Les deux techniciens sont assistés par des spectrogrammes mais repèrent les défauts à l’oreille. « Notre travail de restauration consiste à enlever le maximum d’obstacle entre l’auditeur et la mélodie. Nous cherchons à conserver le côté archive tout en gommant les artefacts vraiment nuisibles », expliquent Ian Debeerst. Et de poursuivre : « Quand il y a des bruits parasites qui déconcentrent l’auditeur comme des buzz, des toux de spectateurs, on essaye de les atténuer ». Sur le live d'Yves Montand, ils expliquent avoir gommé beaucoup de larsens au début du concert.  Mais pas tous : « A un moment, Yves Montand parle d’un larsen avec le public. Pour le coup ce larsen là a une valeur, nous l’avons donc gardé. » explique Quentin Geffroy. « Il y a une part très subjective dans le travail de restauration, explique Brice Amouroux, responsable adjoint du Département des Technologies. Il faut  assumer que le technicien a sa propre sensibilité. Nous nous adaptons à la demande des clients. Mais quand on travaille une archive, on lui donne une nouvelle couleur ».  Les amateurs ne s’y trompent pas !


L'équipe de Diggers Factory dans leurs locaux.


Quentin Geffroy en studio de restauration. Crédits : Didier Allard.


Yves Montand. Olympia 1974. Edition double vinyle pour le Disquaire Day 2022.


Réédition de "Barbara, Premiers micros"


Maxi "Serge Gainsbourg à a Maison de la Radio". Edition spéciale pour le Disquaire Day 2020.


Coffret vinyle "THis is a quarantine" d'Arnaud Rebotini et vinyle du Festival INASOUND.


Maria Callas "La grande nuit de l'Opéra"

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