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"Dès les débuts d'Affaires sensibles à la radio, des producteurs de télévision sont venus nous voir"

"Dès les débuts d'Affaires sensibles à la radio, des producteurs de télévision sont venus nous voir"

Après la radio, l'émission de France Inter arrive sur France 2. La première a été diffusée ce lundi 20 septembre à 23h05. Son animateur Fabrice Drouelle raconte son origine et son format.

Propos recueillis par Benoît Dusanter - Publié le 20.09.2021
Le journaliste Fabrice Drouelle. Crédits : FTV.

Fort du succès de votre émission quotidienne « Affaires sensibles » sur France Inter, vous proposez sa transposition à la télévision. Quelle est la genèse de ce projet ?

Il est ancien. Quelques mois seulement après les débuts en radio, c’est-à-dire fin août 2014, plusieurs producteurs de télévision sont venus nous voir en nous disant : "on rêve de faire Affaires sensibles à la télé". Je trouvais l’idée sympathique. Dès lors que cela passe à la télévision, et notamment sur France 2, les spectateurs ne sont pas, en tout cas pas tous, des auditeurs de France Inter. Par ailleurs, j’ai trouvé que le prolongement d’une émission radio à la télé au sein du service public, constituait une passerelle qui me paraissait logique et cohérente. Mais tant que la chaîne, c’est-à-dire les diffuseurs, n’ont pas dit "oui", vous pouvez avoir les meilleurs producteurs, le projet tombe à l’eau. C’est ce qui s’est passé pendant un certain nombre d’années. A partir du moment où France Télévisions a eu envie de le faire, alors les planètes se sont alignées. Nous avons donc associé France Inter, France Télévisions et l’INA qui est déjà présent en radio. Il était tout naturel qu’il soit là en télévision.

Comment s’articule ce nouveau format ?

Le format télé veut respecter le format radio sans être un copier-coller. Nous gardons cependant la structure. L’introduction en radio se transpose en plateau. Ensuite, le récit en radio devient un documentaire télé de 45 minutes sur lequel je colle ma voix. Et la partie interview en radio devient la partie interview en studio. En radio, il faut 5 jours pour monter une émission quotidienne. Nous n’avons pas le temps de l’enquête. A la télévision, nous avons 2 mois pour faire un sujet. Là, on le temps de l’enquête, de l’investigation et d’apporter des éléments nouveaux. C’est là que réside la grande différence.

Qu’est-ce que l’image change pour vous, dans votre travail de journaliste ?

Ça ne change pas grand-chose finalement puisque l’intention éditoriale est la même, ça respecte l’univers d’« Affaires sensibles ». Je pense que le succès de l'émission est là. Il y a 10 000 façons de raconter une histoire, je pense que l’on a trouvé la bonne formule que j’appelle « l’univers », « l’ambiance » qui fait signature. Pour moi, ce qui change c’est le débit. Dans les commentaires off on reprend dès qu’il y a un problème de diction. A la radio, on parle beaucoup plus vite, parfois avec des petits accrocs, c’est du direct. Mais ce n’est pas grave. La radio est un média de proximité.

L’émission est une coproduction France Inter, France Télévisions, INA. À quelques mois de la présidentielle, vous abordez les grands scandales de la vie politique. Comme l’INA, vous faites la lumière sur les évènements passés pour éclairer le présent. C’est là le rôle essentiel de l’audiovisuel public selon vous ?

Absolument, en tout cas pour le type d’émissions comme « Affaires sensibles » dans l’audiovisuel public. Depuis le début avec Christophe Barreyre, qui est le rédacteur en chef, on est tombé d’accord sur l’objectif de chercher des résonances. Nous traquons le passé qui peut faire sens aujourd’hui. L’émission consacrée aux « Poldèves » en est le parfait exemple ! Il s’agit d’un canular monté par l’extrême droite à la fin des années 20 contre les parlementaires. On voit parfaitement la résonance avec les fake news d'aujourd'hui ! A travers ce mensonge, à travers ce complot, l’idée est de ridiculiser la République. On s’aperçoit que le complotisme, les fake news est l’une des grandes méthodes de l’extrême droite. Un siècle après, on retrouve le même schéma. C’est très intéressant intellectuellement. 

Quelle archive INA vous interpelle particulièrement dans ce numéro consacré à la campagne présidentielle de 1995 ?

J’aime le regard d'Edouard Balladur quand Jacques Chirac dit : « Nous ne serons jamais avec Édouard Balladur dans une logique de concurrence ». Le regard de Balladur en dit tellement long.

L'émission "Affaires sensibles" est diffusée une fois par mois sur France 2. Durée : 65 minutes. Une coproduction France Télévisions, France Inter et l'INA. 

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