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Connaissez-vous l'Acousmonium, l'orchestre de haut-parleurs ?

Connaissez-vous l'Acousmonium, l'orchestre de haut-parleurs ?

Ce projecteur sonore a été conçu et inauguré par François Bayle en 1974 pour INA grm. Cet ensemble est disposé en face, autour et dans le public du concert. Il a pour vocation d'être dirigé par un interprète qui projette une œuvre sonore ou musicale dans l'espace de la salle, via une console de diffusion. C'est un outil multiforme qui peut s'adapter aux œuvres et aux circonstances.

Par l'INA - Publié le 14.10.2021
L'Acousmonium. Crédits : Didier Allard/ INA

L'Acousmonium a été inauguré avec L'Expérience acoustique de François Bayle, le 12 février 1974 à l'Espace Cardin à Paris. Quelques jours plus tôt, le 16 janvier, un premier petit concert à l'église Saint-Séverin à Paris avait été l'occasion pour François Bayle d'essayer en vraie grandeur son orchestre de projecteurs sonores, par registres et étagement de plans.

À partir de 1977, l'Acousmonium est doté d'un premier camion (Berliet) qui lui sert à la fois de moyen de transport et de régie, pour les nombreux concerts organisés tant en France que dans toute l'Europe. Ces nombreuses prestations extérieures assoient durablement le prestige du GRM qui acquiert la réputation de spécialiste du beau son en concert électroacoustique.

L'Acousmonium aujourd'hui se compose d'un mélange de deux principaux concepts : l'un hérité de l'Acousmonium originel, « orchestre de haut-parleurs » constitué de haut-parleurs aux caractéristiques différentes à la manière des différents instruments de l'orchestre, et l'autre issu de la récente tradition du travail en multicanal (5+1, 7+1, 8 canaux) où tous les haut-parleurs sont identiques, à l'image du cercle de haut-parleurs fixes placés dans le studio de composition.

En un peu plus de 45 ans, cet outil a non seulement suivi les développements technologiques mais aussi vu son concept évoluer. L’Acousmonium sert encore principalement à la diffusion des œuvres acousmatiques. Cependant, les artistes des musiques mixtes, des musiques improvisées et du multimédia l'utilisent aussi.

 

Les conditions et le rituel du concert acousmatique

En tant qu'art de support, la musique acousmatique contient déjà en elle-même toutes les nuances voulues par l'auteur au moment de la composition en studio. La performance du concert a pour but de valoriser l'œuvre, en la déployant dans l'espace. L'interprète, lors des répétitions, cherche à créer une rencontre unique entre l'œuvre donnée à entendre et les qualités acoustiques du lieu et des haut-parleurs.

On trouve généralement deux tendances parmi les artistes qui utilisent l'Acousmonium :

  • ceux qui optent pour une diffusion « fidèle » à l'original, considèrant que l'œuvre fixée possède déjà toutes ses qualités, notamment de mouvements dans l'espace ;
  • ceux qui pensent que le concert offre l'occasion d'une nouvelle interprétation de l'œuvre et exploitent le dispositif en retravaillant les paramètres de l'œuvre (rapports des niveaux sonores, mouvements spatiaux, filtrages, réverbérations).

Mais l'idée majeure du concert acousmatique consiste à débrayer la vision directe pour favoriser la construction d'images mentales. Au moment du concert acousmatique, la salle est plongée dans la pénombre, et l'interprète (généralement le compositeur lui-même) diffuse l'œuvre depuis la console placée au centre du public. Certains parlent de musique invisible.

En réalité le noir est rarement complet, des éclairages colorés révèlent discrètement à la vue les différents haut-parleurs disposés dans la salle, ou parfois des instrumentistes, voire plus rarement des danseurs, mimes, ou comédiens, se produisent en même temps que la musique.







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