Cette quatrième émission relate la naissance et la croissance du mouvement dada à Paris au travers des témoignages de ceux qui y ont participé.Henri CLIQUENNOIS, Georges RIBEMONT-DESSAIGNES puis Philippe SOUPAULT racontent la genèse du mouvement à Pa... + de détails
Cette quatrième émission relate la naissance et la croissance du mouvement dada à Paris au travers des témoignages de ceux qui y ont participé.Henri CLIQUENNOIS, Georges RIBEMONT-DESSAIGNES puis Philippe SOUPAULT racontent la genèse du mouvement à Paris :Pour CLIQUENNOIS les origines remontent aux lendemains de la guerre de 1870, lorsque RIMBAUD écrivait "L'Alchimie du verbe" ; Georges RIBEMONT-DESSAIGNES se rappelle qu'une de ses pièces de théâtre "l'empereur de Chine" fut considérée comme une des premières pièces dada. Philippe SOUPAULT se rappelle sa rencontre avec André BRETON grâce à Apollinaire qui réunissait ses amis au café de Flore tous les mercredis. Il évoque l'importance de Pierre REVERDY et de sa revue "Nord Sud" et de la poésie en cette période de guerre. Puis il parle de Théodore FRANKEL et de son influence sur dada au travers de sa passion pour Alfred JARRY. Il se rappelle de Paul ELUARD, de sa timidité puis la naissance de la revue "Littérature" fondée par Louis ARAGON, André BRETON et lui-même qui peu à peu devint un lieu d'expression pour dada.René HILSUM, le numéro 13 de la revue "Littérature" entre les mains lit le manifeste dada et un texte de Tristan TZARA parus en 1918 dans ce numéro.Philippe SOUPAULT raconte comment entre 1916 et 1919, André BRETON et lui-même se détachent de leurs anciennes relations pour écrire "les champs magnétiques". ARAGON, enthousiaste, les conduit à publier les premiers chapitres dans la revue "Littérature".René HILSUM montre ce numéro de la revue et notamment les deux portraits de BRETON et SOUPAULT par PICABIA (1920).Philippe SOUPAULT poursuit en racontant l'hostilité de leurs anciens amis (notamment REVERDY qui retrouvait dans "Les champs magnétiques" l'influence de LAUTRÉAMONT qu'il détestait). A propos du retour de PICABIA à Paris en 1919 il dit combien BRETON et lui ne partageaient pas le cynisme de PICABIA et DUCHAMP et se sentaient plus proche de TZARA, plus philosophe. Georges RIBEMONT-DESSAIGNES insiste sur cet antagonisme. C'est avec cette rencontre que dada voit le jour à Paris.Germaine EVERLING, alors la compagne de PICABIA, raconte la rencontre PICABIA BRETON et l'arrivée de TZARA à Paris dans son salon où elles réunissaient des amis tous les dimanches. Georges AURIC parle de la fascination que BRETON avait à ce moment là pour TZARA et précise qu'il rencontra TZARA lors d'un déjeuner un dimanche chez Germaine EVERLING.Philippe SOUPAULT et Simone COLLINET dresse un portrait de Tristan TZARA au moment de son arrivée à Paris. Puis Philippe SOUPAULT raconte la première soirée dada organisée à Paris dans un cinéma proche de la porte Saint Denis où TZARA provoqua le scandale. Pour Georges RIBEMONT-DESSAIGNES la première soirée dada eut lieu au salon des Indépendants, son succès permis ensuite à dada d'organiser d'autres manifestations.Il y eut les réunions au café Certa (situé dans le passage de l'Opéra aujourd'hui disparu) où se préparaient les manifestations. Philippe SOUPAULT, Jacques BARON et Georges RIBEMONT-DESSAIGNES racontent quelques anecdotes qui eurent lieu lors de ces réunions.Georges RIBEMONT-DESSAIGNES parle de la manifestation de l'Université populaire du faubourg Saint Antoine (groupement politique d'ouvriers cultivés) où les ouvriers se fachèrent car les dadaïstes n'accordaient pas d'importance à Lénine.Philippe SOUPAULT raconte une soirée mouvementée à la maison de l'Oeuvre, Juliette ROCHE se rappelle l'atmosphère très drôle qui regnaient dans ces soirées notamment au théâtre Réjane. Georges RIBEMONT-DESSAIGNES relate la soirée qui eu lieu à la salle Gaveau en mai 1920 où des gens lancaient des escalopes et des bifteacks sur la scène. Il y exécutait une danse dans un entonnoir sous les cris et les sifflements. Philippe SOUPAULT et Germaine EVERLING se souviennent combien ces manifestations étaient extraordinaires. SOUPAULT se souvient des ballons qu'ils faisaient exploser au moment de leur envol après leur avoir donné des noms de personnalités célèbres. Le ballon Jean COCTEAU fut ainsi écrasé "comme un cracha". Georges AURIC rappelle que les dadaistes et Jean COCTEAU entretenaient cependant de bons rapports, ce qui ne fut pas le cas avec les surréalistes et notamment avec André BRETON. En parallèle de ces soirées de nombreuses revues dada voient le jour (391, Proverbe, littérature, Z, Projecteur...) et la galerie du "Sans Pareil" avenue Kléber expose à partir de 1920 les artistes dada (PICABIA, Raymond DESSAIGNES, Max ERNST)Philippe SOUPAULT et Pierre DEVAL parle de Jacques RIGAUT qui avait rejoint le mouvement dada et qui se suicida en 1929. Pour Pierre DEVAL il est à l'image de dada qui est "une entreprise désespérée de démolition. Lui a été jusqu'au bout. Les autres ont fait d'autres choses". Pour Philippe SOUPAULT dada a trouvé un écho dans la jeunesse de l'époque qui revenait de la guerre, car ils apportaient un esprit de révolte, de nihilisme et de négation.
- Emission
- Archives du XXème siècle
- Production
-
producteur ou co-producteur
Office national de radiodiffusion télévision française
- Générique
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réalisateur
Collin, Philippe -
producteur
Marchand, Jean Jose -
participant
Auric, Georges ; Soupault, Philippe ; Ribemont Dessaignes, Georges ; Roche, Juliette ; Baron, Jacques ; Deval, Pierre ; Everling, Germaine ; Collinet, Simone ; Hilsum, René ; Cliquennois, Henri