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01 janv. 1970 10394 vues 50min 10s

Entretiens filmés les 20 novembre et 4 décembre 1970 avec Pierre PASCAL (1890-1980), traducteur et historien, seul survivant des témoins français de Lénine et du premier comité central bolchevik de 1917. Pierre PASCAL évoque les lieux de sa jeunesse... + de détails

Entretiens filmés les 20 novembre et 4 décembre 1970 avec Pierre PASCAL (1890-1980), traducteur et historien, seul survivant des témoins français de Lénine et du premier comité central bolchevik de 1917. Pierre PASCAL évoque les lieux de sa jeunesse. Il a fait ses études au lycée Jeanson de Sailly à Paris. Il y a appris le russe par curiosité. Il s'est ensuite passionné pour la littérature russe. La littérature russe lui a servi pour l'épreuve écrite à l'Ecole Normale, mais il était latiniste et hélléniste. Le russe n'existait pas encore au concours. Il a continué à travailler le russe quand il a été à la rue d'Ulm. En 1910, il a effectué son premier voyage en Russie. Il a été enthousiasmé par la ville de Kiev, il est allé à Niejin à cause de Nicolas GOGOL, puis à Koursk pour la chanson d'Igor, enfin il est arrivé à Moscou. Il est ensuite allé à Saint Pétersbourg qui lui semble alors avoir préféré à Moscou. Il a été en Ukraine dans une commune : un grand propriétaire avait fait don à ses paysans de ses terres. Il y avait été sur les conseils de Charles QUENET, auteur d'une thèse sur TCHAADDAEV qui y avait vécu lui-même. C'était une illustration de ce que pouvait donner une vie communautaire. Le culte religieux y était assez libre. Cette commune avait essaimé, c'est la révolution qui les a fait disparaître. En 1911, il est retourné en Russie. Il a choisi un sujet qui lui permette de lier ses recherches à l'Ecole normale à son attirance pour la Russie. Son sujet était Joseph de MAISTRE en Russie. Il avait été initié à Joseph de MAISTRE par son maître André BELLESSORT. Pascal PIERRE travaillait à la bibliothèque publique de Saint Pétersbourg. Il évoque l'atmosphère qui régnait alors à la bibliothèque et les gens qu'il y rencontrait. Il a été reçu par quelques intellectuels. Jeune normalien, il s'intéressait à l'union des églises. Son attitude religieuse était influencée par BOSSUET. Charles QUENET a été important dans sa formation. Il avait lu Vladimir SOLOVIEV. Il était alors assez anti-bourgeois. A la guerre 1914-1918, il a été blessé très vite. Il a ensuite demandé à avoir une mission aux Dardanelles. Il a été à nouveau blessé. Connaissant le russe, on le fait venir au Grand Quartier Général au service du chiffre. Il a donc vécu à Chantilly au Grand Quartier Général quelques mois. Puis, il est parti pour la Russie rejoindre la mission militaire française. En 1916, la Russie était dans de mauvais draps. Ils avaient une mission de propagande ainsi qu'une mission d'aide à l'armée russe. Il a été chargé à partir de la documentation donnée par son colonel de rédiger des rapports. Il évoque l'atmosphère de cette mission. Le Tsar avait pris le commandement général, la vie au Grand Q G était assez simple. Le tsar l'a décoré de l'ordre de Saint Stanislas avec glaive. Il raconte comment le gouvernement russe était sapé par de nombreuses organisations. Des petits complots se formaient tous les jours. Il s'agissait de renverser le régime pour mieux faire la guerre. Il évoque les troubles de février 1917.Il y avait une sorte d'explosion de liberté. Il habitait l'hôtel Astoria, il se souvient qu'un soir alors qu'il dînait ils ont entendu le grondement de la révolution. Ce grondement que décrit André BIELY dans son roman. Le lendemain, l'Astoria était envahi par une foule hétéroclite où l'on trouvait beaucoup d'étudiants. Plus tard, quelques meurtres ont eu lieu dans l'hôtel. Il a rencontré Alexandre KERENSKI sur le front nord, celui-ci a été ministre de la guerre et président du conseil. Tout le monde lui a reproché d'être faible. Pierre PASCAL avait été envoyé sur le front nord, l'armée du nord était très affectée par les événements. A Riga, il a entendu un discours de KERENSKI. Il évoque une anecdote au sujet de KERENSKI. Pierre PASCAL se souvient avoir parlé lui aussi près de la mer au nom des alliés. Lui-même n'était pas convaincu de la reprise de la guerre. Pavel MILIOUKOV ne l'intéressait guère. Il a été écouter LENINE dès qu'il a commencé à parler.

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