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01 janv. 1970 7871 vues 04h 27min 33s

Entretiens filmés les 20 novembre et 4 décembre 1970 avec Pierre PASCAL (1890-1980), traducteur et historien, seul survivant des témoins français de Lénine et du premier comité central bolchevik de 1917. 1er matérielPierre PASCAL évoque les lieux de... + de détails

Entretiens filmés les 20 novembre et 4 décembre 1970 avec Pierre PASCAL (1890-1980), traducteur et historien, seul survivant des témoins français de Lénine et du premier comité central bolchevik de 1917. 1er matérielPierre PASCAL évoque les lieux de sa jeunesse. Il a fait ses études au lycée Jeanson de Sailly à Paris. Il y a appris le russe par curiosité. Il s'est ensuite passionné pour la littérature russe. La littérature russe lui a servi pour l'épreuve écrite à l'Ecole Normale, mais il était latiniste et hélléniste. Le russe n'existait pas encore au concours. Il a continué à travailler le russe quand il a été à la rue d'Ulm. En 1910, il a effectué son premier voyage en Russie. Il a été enthousiasmé par la ville de Kiev, il est allé à Niejin à cause de Nicolas GOGOL, puis à Koursk pour la chanson d'Igor, enfin il est arrivé à Moscou. Il est ensuite allé à Saint Pétersbourg qui lui semble alors avoir préféré à Moscou. Il a été en Ukraine dans une commune : un grand propriétaire avait fait don à ses paysans de ses terres. Il y avait été sur les conseils de Charles QUENET, auteur d'une thèse sur TCHAADDAEV qui y avait vécu lui-même. C'était une illustration de ce que pouvait donner une vie communautaire. Le culte religieux y était assez libre. Cette commune avait essaimé, c'est la révolution qui les a fait disparaître. En 1911, il est retourné en Russie. Il a choisi un sujet qui lui permette de lier ses recherches à l'Ecole normale à son attirance pour la Russie. Son sujet était Joseph de MAISTRE en Russie. Il avait été initié à Joseph de MAISTRE par son maître André BELLESSORT. Pascal PIERRE travaillait à la bibliothèque publique de Saint Pétersbourg. Il évoque l'atmosphère qui régnait alors à la bibliothèque et les gens qu'il y rencontrait. Il a été reçu par quelques intellectuels. Jeune normalien, il s'intéressait à l'union des églises. Son attitude religieuse était influencée par BOSSUET. Charles QUENET a été important dans sa formation. Il avait lu Vladimir SOLOVIEV. Il était alors assez anti-bourgeois. A la guerre 1914-1918, il a été blessé très vite. Il a ensuite demandé à avoir une mission aux Dardanelles. Il a été à nouveau blessé. Connaissant le russe, on le fait venir au Grand Quartier Général au service du chiffre. Il a donc vécu à Chantilly au Grand Quartier Général quelques mois. Puis, il est parti pour la Russie rejoindre la mission militaire française. En 1916, la Russie était dans de mauvais draps. Ils avaient une mission de propagande ainsi qu'une mission d'aide à l'armée russe. Il a été chargé à partir de la documentation donnée par son colonel de rédiger des rapports. Il évoque l'atmosphère de cette mission. Le Tsar avait pris le commandement général, la vie au Grand Q G était assez simple. Le tsar l'a décoré de l'ordre de Saint Stanislas avec glaive. Il raconte comment le gouvernement russe était sapé par de nombreuses organisations. Des petits complots se formaient tous les jours. Il s'agissait de renverser le régime pour mieux faire la guerre. Il évoque les troubles de février 1917.Il y avait une sorte d'explosion de liberté. Il habitait l'hôtel Astoria, il se souvient qu'un soir alors qu'il dînait ils ont entendu le grondement de la révolution. Ce grondement que décrit André BIELY dans son roman. Le lendemain, l'Astoria était envahi par une foule hétéroclite où l'on trouvait beaucoup d'étudiants. Plus tard, quelques meurtres ont eu lieu dans l'hôtel. Il a rencontré Alexandre KERENSKI sur le front nord, celui-ci a été ministre de la guerre et président du conseil. Tout le monde lui a reproché d'être faible. Pierre PASCAL avait été envoyé sur le front nord, l'armée du nord était très affectée par les événements. A Riga, il a entendu un discours de KERENSKI. Il évoque une anecdote au sujet de KERENSKI. Pierre PASCAL se souvient avoir parlé lui aussi près de la mer au nom des alliés. Lui-même n'était pas convaincu de la reprise de la guerre. Pavel MILIOUKOV ne l'intéressait guère. Il a été écouter LENINE dès qu'il a commencé à parler.2e matérielLENINE parlait le soir en plein air, la foule était massée tout autour. Il parlait de façon très simple. TROTSKI est arrivé un peu plus tard. TROTSKI faisait appel, plus que LENINE, au raisonnement, LENINE était plus original, il utilisait beaucoup de proverbes. Octobre a été une révolution intérieure et silencieuse qui s'est passée dans la nuit.A la mission française, c'était la politique du pire. NOULENS et la plupart des autorités pensaient que si LENINE prenait le pouvoir il n'y resterait pas longtemps. Pierre PASCAL était complètement en accord avec le peuple russe, il n'était pas révolutionnaire avant la révolution mais il s'y est rallié très rapidement. Tout le monde voulait la fin de la guerre. Il y avait aussi ce rêve de l'égalité de tous les hommes. Il a pensé la révolution comme un avènement du christianisme. Des mots d'ordre révolutionnaire venaient directement la liturgie orthodoxe. Elle était un renversement complet de toutes les valeurs. C'était un beau rêve. Il a été celui de tous les poètes et du peuple russe. Il a connu alors Nicolas BERDIAEV, il évoque aussi un certain ALEXIEFF... Il suivait des réunions de renouveau religieux. A la mission française, il a aussi connu Jacques SADOUL, celui avait été envoyé par Albert THOMAS en Russie. Presque tous les jours, il envoyait une lettre à Albert THOMAS, il était fondamentalement socialiste, son adhésion au communisme était superficielle. SADOUL est ensuite rentré en France, il était très attaché à TROTSKI. SADOUL parlait en français en russie. TROTSKI parlait très bien en français, LENINE aussi. Le retour de la mission en France s'est fait en début de 1919. après les interventions militaires. Les diplomates se sont tous retrouvés à Vologda. Ils vivaient chacun dans un wagon, car il n'y avait pas d'hôtel... C'était un exil volontaire dont les bolchéviques se sont gaussés. La peur des ambassadeurs a pu être ravivée par l'arrivé de Karl RADEK. Il est venu les inciter à revenir à Moscou, mais son attitude ne les a pas incité à rentrer à Moscou. Pierre PASCAL a été envoyé auprès des prisonniers tchécoslovaques qui se trouvaient dans des camps en russie pour les envoyer sur le front occidental. Le plan qu'il ne connaissait pas était en fait d'utiliser ces tchécoslovaques contre le gouvernement bolchévique. Ce plan avait été proposé par l'ambassadeur NOULENS. Quand il rejoint les tchèques, il découvre que les tchèques faisaient des exactions sur la population et refuse de rester avec eux. En rentrant, il a été fait prisonnier par les bolchéviques. TROTSKI et SADOUL s'en sont mêlés. Lui était dans une mauvaise posture car il ne pouvait pas dire qu'il était de leur côté puisqu'il portait l'uniforme français. Il a fait une tentative de départ qui n'a pas fonctionné, finalement un accord est intervenu. Il raconte son voyage de retour et sa réception par l'ambassadeur. Son séjour à Ekaterinbourg correspond à celui du Tsar NICOLAS II et de sa famille. Il décrit la villa Ipatiev où était enfermée la famille impériale un mois avant leur exécution. En juillet 1918, il était à Moscou mais il savait tous les évènements au sujet du parti socialiste révolutionnaire de droite... Comme ils étaient contre la paix de Brest-Litovsk, ils ont été utilisés par les ambassadeurs alliés, et notamment NOULENS contre le pouvoir des soviets. Il s'agissait de le renverser par une insurrection générale à Moscou sous la direction de Boris SAVINKOV. Les insurgés ont été arrêtés et déportés...Il évoque ensuite l'assassinat de l'ambassadeur d'Allemagne en Russie, le comte Wilhelm MIRBACH. Il a connu son assassin, il le décrit. Les bolchéviques étaient très mécontents car cela ne pouvait que les brouiller avec l'Allemagne. LENINE a demandé que quelqu'un aille faire des excuses. Plus tard l'assassin de MIRBACH est réapparu au GuépEntretiens filmés les 20 novembre et 4 décembre 1970 avec Pierre PASCAL (1890-1980), traducteur et historien, seul survivant des témoins français de Lénine et du premier comité central bolchevik de 1917. 1er matérielPierre PASCAL évoque les lieux de sa jeunesse. Il a fait ses études au lycée Jeanson de Sailly à Paris. Il y a appris le russe par curiosité. Il s'est ensuite passionné pour la littérature russe. La littérature russe lui a servi pour l'épreuve écrite à l'Ecole Normale, mais il était latiniste et hélléniste. Le russe n'existait pas encore au concours. Il a continué à travailler le russe quand il a été à la rue d'Ulm. En 1910, il a effectué son premier voyage en Russie. Il a été enthousiasmé par la ville de Kiev, il est allé à Niejin à cause de Nicolas GOGOL, puis à Koursk pour la chanson d'Igor, enfin il est arrivé à Moscou. Il est ensuite allé à Saint Pétersbourg qui lui semble alors avoir préféré à Moscou. Il a été en Ukraine dans une commune : un grand propriétaire avait fait don à ses paysans de ses terres. Il y avait été sur les conseils de Charles QUENET, auteur d'une thèse sur TCHAADDAEV qui y avait vécu lui-même. C'était une illustration de ce que pouvait donner une vie communautaire. Le culte religieux y était assez libre. Cette commune avait essaimé, c'est la révolution qui les a fait disparaître. En 1911, il est retourné en Russie. Il a choisi un sujet qui lui permette de lier ses recherches à l'Ecole normale à son attirance pour la Russie. Son sujet était Joseph de MAISTRE en Russie. Il avait été initié à Joseph de MAISTRE par son maître André BELLESSORT. Pascal PIERRE travaillait à la bibliothèque publique de Saint Pétersbourg. Il évoque l'atmosphère qui régnait alors à la bibliothèque et les gens qu'il y rencontrait. Il a été reçu par quelques intellectuels. Jeune normalien, il s'intéressait à l'union des églises. Son attitude religieuse était influencée par BOSSUET. Charles QUENET a été important dans sa formation. Il avait lu Vladimir SOLOVIEV. Il était alors assez anti-bourgeois. A la guerre 1914-1918, il a été blessé très vite. Il a ensuite demandé à avoir une mission aux Dardanelles. Il a été à nouveau blessé. Connaissant le russe, on le fait venir au Grand Quartier Général au service du chiffre. Il a donc vécu à Chantilly au Grand Quartier Général quelques mois. Puis, il est parti pour la Russie rejoindre la mission militaire française. En 1916, la Russie était dans de mauvais draps. Ils avaient une mission de propagande ainsi qu'une mission d'aide à l'armée russe. Il a été chargé à partir de la documentation donnée par son colonel de rédiger des rapports. Il évoque l'atmosphère de cette mission. Le Tsar avait pris le commandement général, la vie au Grand Q G était assez simple. Le tsar l'a décoré de l'ordre de Saint Stanislas avec glaive. Il raconte comment le gouvernement russe était sapé par de nombreuses organisations. Des petits complots se formaient tous les jours. Il s'agissait de renverser le régime pour mieux faire la guerre. Il évoque les troubles de février 1917.Il y avait une sorte d'explosion de liberté. Il habitait l'hôtel Astoria, il se souvient qu'un soir alors qu'il dînait ils ont entendu le grondement de la révolution. Ce grondement que décrit André BIELY dans son roman. Le lendemain, l'Astoria était envahi par une foule hétéroclite où l'on trouvait beaucoup d'étudiants. Plus tard, quelques meurtres ont eu lieu dans l'hôtel. Il a rencontré Alexandre KERENSKI sur le front nord, celui-ci a été ministre de la guerre et président du conseil. Tout le monde lui a reproché d'être faible. Pierre PASCAL avait été envoyé sur le front nord, l'armée du nord était très affectée par les événements. A Riga, il a entendu un discours de KERENSKI. Il évoque une anecdote au sujet de KERENSKI. Pierre PASCAL se souvient avoir parlé lui aussi près de la mer au nom des alliés. Lui-même n'était pas convaincu de la reprise de la guerre. Pavel MILIOUKOV ne l'intéressait guère. Il a été écouter LENINE dès qu'il a commencé à parler.2e matérielLENINE parlait le soir en plein air, la foule était massée tout autour. Il parlait de façon très simple. TROTSKI est arrivé un peu plus tard. TROTSKI faisait appel, plus que LENINE, au raisonnement, LENINE était plus original, il utilisait beaucoup de proverbes. Octobre a été une révolution intérieure et silencieuse qui s'est passée dans la nuit.A la mission française, c'était la politique du pire. NOULENS et la plupart des autorités pensaient que si LENINE prenait le pouvoir il n'y resterait pas longtemps. Pierre PASCAL était complètement en accord avec le peuple russe, il n'était pas révolutionnaire avant la révolution mais il s'y est rallié très rapidement. Tout le monde voulait la fin de la guerre. Il y avait aussi ce rêve de l'égalité de tous les hommes. Il a pensé la révolution comme un avènement du christianisme. Des mots d'ordre révolutionnaire venaient directement la liturgie orthodoxe. Elle était un renversement complet de toutes les valeurs. C'était un beau rêve. Il a été celui de tous les poètes et du peuple russe. Il a connu alors Nicolas BERDIAEV, il évoque aussi un certain ALEXIEFF... Il suivait des réunions de renouveau religieux. A la mission française, il a aussi connu Jacques SADOUL, celui avait été envoyé par Albert THOMAS en Russie. Presque tous les jours, il envoyait une lettre à Albert THOMAS, il était fondamentalement socialiste, son adhésion au communisme était superficielle. SADOUL est ensuite rentré en France, il était très attaché à TROTSKI. SADOUL parlait en français en russie. TROTSKI parlait très bien en français, LENINE aussi. Le retour de la mission en France s'est fait en début de 1919. après les interventions militaires. Les diplomates se sont tous retrouvés à Vologda. Ils vivaient chacun dans un wagon, car il n'y avait pas d'hôtel... C'était un exil volontaire dont les bolchéviques se sont gaussés. La peur des ambassadeurs a pu être ravivée par l'arrivé de Karl RADEK. Il est venu les inciter à revenir à Moscou, mais son attitude ne les a pas incité à rentrer à Moscou. Pierre PASCAL a été envoyé auprès des prisonniers tchécoslovaques qui se trouvaient dans des camps en russie pour les envoyer sur le front occidental. Le plan qu'il ne connaissait pas était en fait d'utiliser ces tchécoslovaques contre le gouvernement bolchévique. Ce plan avait été proposé par l'ambassadeur NOULENS. Quand il rejoint les tchèques, il découvre que les tchèques faisaient des exactions sur la population et refuse de rester avec eux. En rentrant, il a été fait prisonnier par les bolchéviques. TROTSKI et SADOUL s'en sont mêlés. Lui était dans une mauvaise posture car il ne pouvait pas dire qu'il était de leur côté puisqu'il portait l'uniforme français. Il a fait une tentative de départ qui n'a pas fonctionné, finalement un accord est intervenu. Il raconte son voyage de retour et sa réception par l'ambassadeur. Son séjour à Ekaterinbourg correspond à celui du Tsar NICOLAS II et de sa famille. Il décrit la villa Ipatiev où était enfermée la famille impériale un mois avant leur exécution. En juillet 1918, il était à Moscou mais il savait tous les évènements au sujet du parti socialiste révolutionnaire de droite... Comme ils étaient contre la paix de Brest-Litovsk, ils ont été utilisés par les ambassadeurs alliés, et notamment NOULENS contre le pouvoir des soviets. Il s'agissait de le renverser par une insurrection générale à Moscou sous la direction de Boris SAVINKOV. Les insurgés ont été arrêtés et déportés...Il évoque ensuite l'assassinat de l'ambassadeur d'Allemagne en Russie, le comte Wilhelm MIRBACH. Il a connu son assassin, il le décrit. Les bolchéviques étaient très mécontents car cela ne pouvait que les brouiller avec l'Allemagne. LENINE a demandé que quelqu'un aille faire des excuses. Plus tard l'assassin de MIRBACH est réapparu au GuépEntretiens filmés les 20 novembre et 4 décembre 1970 avec Pierre PASCAL (1890-1980), traducteur et historien, seul survivant des témoins français de Lénine et du premier comité central bolchevik de 1917. 1er matérielPierre PASCAL évoque les lieux de sa jeunesse. Il a fait ses études au lycée Jeanson de Sailly à Paris. Il y a appris le russe par curiosité. Il s'est ensuite passionné pour la littérature russe. La littérature russe lui a servi pour l'épreuve écrite à l'Ecole Normale, mais il était latiniste et hélléniste. Le russe n'existait pas encore au concours. Il a continué à travailler le russe quand il a été à la rue d'Ulm. En 1910, il a effectué son premier voyage en Russie. Il a été enthousiasmé par la ville de Kiev, il est allé à Niejin à cause de Nicolas GOGOL, puis à Koursk pour la chanson d'Igor, enfin il est arrivé à Moscou. Il est ensuite allé à Saint Pétersbourg qui lui semble alors avoir préféré à Moscou. Il a été en Ukraine dans une commune : un grand propriétaire avait fait don à ses paysans de ses terres. Il y avait été sur les conseils de Charles QUENET, auteur d'une thèse sur TCHAADDAEV qui y avait vécu lui-même. C'était une illustration de ce que pouvait donner une vie communautaire. Le culte religieux y était assez libre. Cette commune avait essaimé, c'est la révolution qui les a fait disparaître. En 1911, il e

  • Emission
  • Archives du XXème siècle : rushes
  • Production
  • producteur ou co-producteur
    Société francaise de production
  • Générique
  • réalisateur
    Brissot, Jacques
  • producteur
    Marchand, Jean Jose
  • journaliste
    Nivat, Georges
  • participant
    Pascal, Pierre