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12 nov. 1993 3824 vues 01h 00min 09s

Christine OCKRENT reçoit Jacques CHIRAC pour évoquer la vie, la jeunesse, non pas la personnalité politique mais de l'homme avec ses passions, ses errements, ses choix, ses combats et ses erreurs. - Souvent peu inspiré, quelquefois maladroit, Ja... + de détails

Christine OCKRENT reçoit Jacques CHIRAC pour évoquer la vie, la jeunesse, non pas la personnalité politique mais de l'homme avec ses passions, ses errements, ses choix, ses combats et ses erreurs. - Souvent peu inspiré, quelquefois maladroit, Jacques CHIRAC se livre finalement beaucoup face à Christine Ockrent et l'on découvre successivement un esprit curieux et capricieux, un aventurier au long cours, un esthète et finalement, sans vraiment le vouloir un homme politique. De l'adolescence à l'age mûr, ce sont toutes les passions, les engagements, les caprices et les coups de tête qui sont passés au crible grâce à l'habileté de la journaliste. - Jacques CHIRAC avait 20 ans en 1952, c'était un jeune homme assez curieux qui "aimait bien vivre, voyager, regarder, écouter" menant une vie sentimentale "raisonnable". Issu d'une famille bourgeoise corrézienne (son père était directeur des avions Potez), Jacques CHIRAC a passé une enfance sans histoires à l'abri du besoin durant laquelle ses parents lui ont inculqué des "valeurs rurales" où la notion de travail est prépondérante ("conception fortement ébranlée de nos jours"). Puis, Jacques CHIRAC quitte ses parents pour monter à Paris où il fréquente Saint Germain comme les jeunes de son âge et se passionne pour les civilisations et la culture orientales, passion qui ne l'a pas abandonnée depuis. Il voulait même apprendre le sanskrit mais il se contentera du russe. Il avoue avoir envisagé de devenir archéologue et affirme "ne pas y avoir totalement renoncé". C'est à cette époque que le jeune Jacques Chirac prend son destin en main et se lance dans ses premières aventures : il s'engage sur un cargo mais l'expérience tourne court, puis part à l'Université de Harvard aux Etats-Unis. Pour payer ses études, il devient le chauffeur d'une veille dame trés digne et fait la plonge dans un restaurant. Il rencontre une jeune étudiante américaine, annonce ses fiançailles à ses parents qui réagissent avec "une sagesse toute corrézienne" puis renonce à l'épouser. Autre passion de jeunesse, Brigitte Bardot ne laissait pas le jeune Jacques indifférent : il évoque sa fascination pour elle ("personnage mythique, "une belle image de la France", "quelqu'un d'exceptionnel"). Une fois en France et alors que ses préférences allaient vers une carrière médicale, il s'inscrit à Sciences-Po sur ordre paternel. - Autre carrière étouffée dans l'oeuf : la carrière militaire. Effectuant son service pendant la guerre d'Algérie, J. CHIRAC confie "avoir beaucoup appréciée cette période" qui lui a permis d'assumer ses responsabilités et de se comporter pour la première fois comme un meneur d'hommes. En cette période de troubles, il affirme avoir été légitismiste ainsi que l'un des premiers à prendre parti pour le général De Gaulle en signant un communiqué d'allégeance en sa faveur. - Le début de son engagement politique se situe, selon lui, au moment du traité de Stockholm sur la non prolifération des armes atomiques, époque où ses opinions penchent plutôt à gauche ce qui lui a valu d'être classé communiste dans des rapports secrets. Puis, J. CHIRAC évoque les débuts de son action politique sous Pompidou auquel il rend hommage au cours de l'entretien : "c'était un homme très bon", "il incarnait bien les valeurs de la France", "il m'a donné beaucoup de leçons". Pompidou lui prédit un bel avenir politique et le pousse à se faire élire dans sa province. - Christine Ockrent consacre la dernière partie de son émission à l'ambition politique de Jacques CHIRAC. Fascination du pouvoir ? "on ne peut pas me reproché d'être subjugué par le pouvoir, ce n'est plus une quête du pouvoir mais la quête d'une idée". De son premier passage à Matignon, il garde un souvenir cuisant, il manquait "d'une certaine expérience", expérience gouvernementale qu'il juge nécessaire pour qui se destine aux plus hautes responsabilités. D'ailleurs, si il entre un jour à l'Elysée ("mettons-nous dans l'abstraction"), Jacques CHIRAC ne "nommerait pas, quelles que soient ses qualités, un premier ministre de quarante ans" et estime, au même titre, qu'actuellement les déboires de l'administration américaine sont dues à "l'âge du capitaine". A la fin de l'émission, Jacques CHIRAC se repenche une dernière fois sur sa jeunesse : "mes convictions sont restées les mêmes", "je me dis que j'aurais pu avoir une toute autre éxistence" comme pour revenir sur cette réflexion faite plus tôt dans l'émission : "au moment de basculer dans le rêve, quelque chose me faisait revenir dans la réalité". - L'entretien est réguliérement entrecoupé par des images d'archives et des banc titres illustrant les propos du maire de Paris (Provenance : Archives Film France, Célia Films, Lobster, Pathé Archives, Cinémathéque de la danse, Keystone, Réunion des musées nationaux, Spadum, Mairie de Paris).

  • Emission
  • Passions de jeunesse : qu'avez vous fait de vos vingt ans ?
  • Production
  • producteur ou co-producteur
    France 3, Pathé Télévision