A Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, bourgade de 1200 habitants non loin de Grenoble, on est très fier du héros du pays : Louis Mandrin. Alain DECAUX a voulu chercher si l'image d'un bandit au grand coeur, prenant aux riches pour donner aux pauvres, redresseur de tort et même annonciateur de la Révolution française, est exacte. Il nous fait suivre à la trace ce jeune homme, né le 11 février 1725, grandit dans le climat d'hostilité qui est celui de l'époque à l'égard des fermiers généraux. Ceux-ci, chargés par le roi de percevoir l'impôt, usent de méthodes particulièrement brutales. Leurs agents, que l'on appelle les gâpians, suscitent partout la haine. Par voie de conséquence, les contrebandiers qui vendent en France des marchandises passées en fraude sont accueillis à bras ouverts. Le jeune Louis Mandrin va s'engager dans une de ces bandes, dont il va très vite prendre la tête. La petite armée qu'il a réunie est stationnée en Savoie, alors territoire indépendant. Régulièrement, Mandrin entraîne ses hommes dans des incursions à travers le royaume de Louis XV. Dans un premier stade, on s'installe sur la place de la ville et l'on propose à une population ravie les marchandises et le tabac de contrebande. Ceci jusqu'au jour où l'on annonce partout en chaire que les acheteurs de ces marchandises seront eux-mêmes considérés comme contrebandiers et passibles de la peine de mort. Pour Mandrin, c'est une catastrophe car il ne trouve plus d'acheteurs. C'est alors que lui vient une idée : au lieu de vendre ses marchandises au public, il va imposer aux représentants de la Ferme de les acquérir à un prix qu'il fixe lui-même. Comme il emploie la manière forte, il essuie très peu de refus. Les exploits de Mandrin suscitent l'admiration de ses contemporains et Voltaire lui-même saluera son audace. La légende a retenue les luttes contre le fisc : Alain DECAUX a voulu aller plus loin et en découvrir les revers. Sur son chemin MANDRIN laisse beaucoup de cadavres derrière lui. Il salue avec grâce ceux qu'ils rançonne, mais il fait aussi parfois abbatre des innocents qui lui ont déplus. Mandrin finira par être pris, jugé, condamné à mort et rompu vif, mais il restera toujours populaire : c'est la légende qui l'a emporté.