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24 nov. 1975 2064 vues 01h 12min 16s

Emission spéciale diffusée ce lundi en remplacement de l'émission supprimée pour cause de grève. Bernard PIVOT reçoit des patrons por évoquer la possibilité d'exercer cette fonction en étant de gauche.
- Bernard PIVOT présente "son petit conseil d'ad... + de détails

Emission spéciale diffusée ce lundi en remplacement de l'émission supprimée pour cause de grève. Bernard PIVOT reçoit des patrons por évoquer la possibilité d'exercer cette fonction en étant de gauche.
- Bernard PIVOT présente "son petit conseil d'administration" :
Jean CHENEVIER, président de la Société Française des Pétroles BP, auteur de "Parole de Patron" ; Jacques ESTIENNE, PDG d'une filiale d'une société multinationale, co-auteur du livre "Les entreprises et la gauche" ; Georges MONTARON, directeur de Témoignage chrétien, pour le livre "Quoi qu'il en coûte" ; Claude NEUSCHWANDER, PDG de Lip.
- PIVOT s'inquiète de la santé de Lip, Claude NEUSCHWANDER se montre confiant pour l'avenir de Lip et remercie Antoine RIBOUD et assure que la société n'est pas en péril. Bernard PIVOT présente Neuschwander, explique son parcours d'homme de gauche et propose son livre d'entretien avec Bernard GUETTA, "Patron mais...". Claude Neuschwander parle de la difficulté de la situation chez Lip, des relations conflictuelles malgré son image d'homme de gauche, pourquoi il a accepté d'être patron chez Lip.
- Bernard PIVOT se tourne ensuite vers JEAN CHENEVIER, s'inquiète également de la santé de BP, pas très bonne, pas plus que leur image de marque.
Il présente son livre "Parole de patron". Il parle de son métier de patron, de son livre, du travail, de sa ligne de conduite dictée par ce qu'il a appris au catéchisme, homme de juste milieu, il déteste les extrêmes. Il se situe plutôt dans la majorité, pour la primauté du capital dans un certain nombre de décisions fondamentales.
- Jacques ESTIENNE, co-auteur du livre "Les entreprises et la gauche", préface de François MITTERRAND, PDG de la filiale Française Schlumberger, le livre est un livre collectif, travaillé pendant un an, un peu le porte parole du socialisme d'entreprise.
Il avoue ne pas s'appeler Jacques ESTIENNE mais Michel GOULLOU. Il appartient à un groupe d'action politique qui groupe des cadres, qui s'appelle "Socialisme et entreprise" et dont le but est de sensibiliser les cadres aux problèmes politiques dans l'entreprise et réfléchir à l'avenir de l'entreprise.
- Georges MONTARON, "Quoi qu'il en coûte", conversation avec Noël COPIN. Il a essayé de raconter l'aventure collective d'une équipe qui a fait et qui fait "Témoignage chrétien". Fondé sous la résistance, il en est le directeur depuis 1948.
Il souligne l'importance du mot dignité, essentiel pour chaque travailleur, le capitalisme nous achète notre travail et demande de ne plus penser, il ne l'accepte pas. Journal engagé, vocation depuis toujours, un chrétien ne peut être qu'engagé, il faut vivre son christianisme dans la cité, c'est la grande aventure des prêtres ouvriers.
- Reportage de Gilles LAMBERT et Dominique PAGE : des ouvriers répondent à la question "Un patron peut-il être de gauche ? ".
- Après la diffusion d'interviews d'ouvriers sur les opinions politiques des patrons, réactions sur le plateau, des patrons à cette question.
- Claude NEUSCHWANDER explique la fonction du patron qui est de faire l'impossible pour sauvegarder son entreprise et d'y instaurer un progrès social.
Estienne souligne les différences des patrons, des patrons comme Dassault, propriétaire de leur société, des salariés comme eux, entre les deux il y a d'autres patrons, comme des patrons de droit divin.
- CHENEVIER donne sa définition du patron. Vive altercation entre MONTARON et CHENEVIER sur la difficulté d'être syndicaliste chez lui. PIVOT clôt l'incident avec difficulté en déclarant qu'il est le patron, mais CHENEVIER glisse à MONTARON qu'il n'a pas fini.
Jacques ESTIENNE estime être un cadre supérieur, même en tant que PDG, pour les problèmes de profit, il a des directives extrêmement précises dans lesquelles être de gauche ou de droite ne se posent pas, il a la chance d'avoir une grande marche de man¿uvre.
- NEUSCHWANDER explique sa mission à Lip, et souligne qu'il a été choisi car il était le seul, n'a pas à prouver qu'il est de gauche et regrette qu'aucun autre patron n'ait voulu prendre le risque de vouloir sauver cette entreprise, il veut tout mettre en oeuvre pour essayer de gagner et sauvegardant ce qui lui parait essentiel dans le socialisme, c'est à dire le respect de la dignité des hommes.
- Réaction de CHENEVIER, celui qui détient le pouvoir, c'est celui qui apporte le "capital risque", quelque soit le talent de NEUSCHWANDER sans un capital, il ne se serait rien passé. NEUSCHWANDER lui répond pour rendre hommage à ceux qui ont voulu sauver Lip, à commencer par les ouvriers.
- Georges MONTARON tente de répondre à la question, il estime que c'est difficile car il faudrait que ce patron récuse le système du capitalisme dont il est l'agent. A son interrogation sur l'aventure Lip qui a été l'entreprise portée par les ouvriers, NEUSCHWANDER répond qu'il ne resterait pas dans une entreprise dans laquelle il n'aurait plus l'estime des hommes qu'il dirige. Pour CHENEVIER, le patron doit jouir d'un consensus général à l'intérieur de l'entreprise (petite phrase d'ESTIENNE : "C'est ce que disent tous les dictateurs"). NEUSCHWANDER poursuit en expliquant le rôle d'arbitre primordial du patron et sa responsabilité est que 937 personnes conservent leur emploi.
- PIVOT s'interroge sur les faits qui font que l'on dise de lui qu'il est un patron de gauche. NEUSCHWANDER s'explique sur ce point, on le dit de gauche, parce ce qu'il est venu dans l'entreprise, et qu'il a un passé de gauche depuis de nombreuses années, il n'est pas un patron socialiste, il est un patron qui a comme règle l'efficacité, et qui, par ailleurs, a des idées socialistes, ses rapports avec les syndicats sont des rapports normaux entre un syndicat et un patron, les tracts le fatiguent et l'irritent mais le rôle du syndicat qui conteste dans l'entreprise permet d'établir sur des conflits fondamentaux, une dialectique essentielle à la survie de l'entreprise.
- PIVOT se pose la question, les syndicats ne préfèrent-ils pas avoir un patron comme CHENEVIER, un peu réactionnaire plutôt qu'un patron de gauche, ESTIENNE lui répond, cela peut créer des problèmes marginaux, mais les rapports avec les syndicats sont naturels. MONTARON explique qu'en fait ce sont les patrons paternalistes qui sont rejetés, mépris à l'égard des travailleurs. Discussion sur les rapports patronat/syndicat entre MONTARON et NEUSCHWANDER.
- CHENEVIER poursuit le débat à propos du soi-disant conservatisme du patronat, il revendique le mot paternaliste, mot admirable, un chef d'entreprise doit témoigner d'un certain amour, il a la faiblesse de croire que ses employés sont satisfait de leur "père", MONTARON est caricatural, on négocie toute l'année à différents niveaux, au risque de passer pour passer pour un paternaliste, il explique les avancées sociales de son entreprise.
- NEUSCHWANDER s'inquiète de son absence de doute, sa puissance lui a permis de faire beaucoup mais le problème est le vrai bonheur et de l'épanouissement des personnels, dans le travail il y a aussi tout le problème de pouvoir contribuer aux décisions qui vont peser sur ces huit heures que l'on passe dans l'entreprise.
- CHENEVIER se défend sur ces points et poursuit ses explications sur son entreprise, il convient qu'il n'est absolument pas socialiste (d'ailleurs il ne sait pas ce qu'est le socialisme), il considère que le socialisme pur, et non la sociale démocratie, conduit à la tyrannie, c'est mathématique.
- Georges MONTARON réagit aux propos de CHENEVIER (qui proteste), il souligne l'importance pour les salariés de prendre en main leur destin, l'aEmission spéciale diffusée ce lundi en remplacement de l'émission supprimée pour cause de grève. Bernard PIVOT

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    Annonceur, Paris : Antenne 2