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Un prix Nobel et trois débutants

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Un prix Nobel et trois débutants

Apostrophes

video 01 oct. 1982 3389 vues 01h 15min 00s

Bernard PIVOT a invité le prix Nobel de littérature 1976, Saul BELLOW pour son dernier roman "L' hiver du doyen" qui juxtapose deux univers, celui d' un Pays de l'Est et celui des Etats Unis. Face à lui, trois écrivains dont c'est le premier roman : François CARIES, banquier : "Aux pieds du vent du Nord", Gilles Martin CHAUFFIER, journaliste : "Les canards du Golden Gate" et Lionel MAREK : "L' an prochain a Auschwitz".- Né en 1915 au Québec de parents juifs d'origine russe, Saul BELLOW a grandi, étudié la sociologie et l'anthropologie à Chicago. Professeur d'université, il a crée des revues, collaboré au New York Times, New Yorker, etc...et reçu le Prix Nobel pour son oeuvre de romancier. Boursier Guggenheim de 1948 à 1950 à Paris, il manie bien le français mais préfère s'exprimer en anglais .Le héros de son dernier roman "L' hiver du doyen", Albert Corde, doyen de l'université de Chicago, est bloqué avec sa femme Minna, astrophysicienne roumaine, à Bucarest où, venu au chevet de sa belle-mère mourante, il se heurte au blocage de l'administration. Il a quitté Chicago, en butte aux attaques de la presse pour avoir dénoncé le silence sur l'injustice et l'insécurité croissantes y régnant. Renvoyant dos à dos sociétés communiste et capitaliste, Saul BELLOW pense toutefois qu'on peut encore en Occident profiter des libertés et "décrire ce qui se passe : Les journalistes ne dépeignent pas toute la réalité. C'est l'art qui est chargé de peindre la totalité du tableau, sinon nous nous fabriquons des illusions, ce sont des images très trompeuses, les mots induisent en erreur. En tant qu'écrivain, j'ai donc essayé de percer ce voile de malentendus et de mensonges entre Corde et le monde qui le laisse perplexe".Gilles Martin CHAUFFIER salue la pérennité de l'oeuvre de Saul BELLOW nobélisé mais relève son pessimisme extrême devant la perplexité des intellectuels de gauche découvrant l'existence de cannibales à coté d'eux. Saul BELLOW considère qu'il lui incombe de dire la vérité sans se prêter au rôle de "rond de cuir officiel" dévolu aux Nobel. Entre la tendance des auteurs du monde libéral anglo-saxon pour qui tout ira bien, qui ont toujours essayé d' éclairer le public en lui enseignant la vie et celle des européens comme Gide, Céline qui se sont dégagés de toute moralité, "les éducateurs qui ont tout fait pour éviter les problèmes tragiques de la vie doivent y faire face sans pour autant tomber dans le nihilisme un peu excessif des européens".Il pose le problème du rôle des intellectuels dans la vie moderne : ils n'ont pas tellement réussi, que ce soit aux Etats Unis ou en Europe. Il n'y a pas de spécificité juive de l' intellectuel américain, pas plus que d' école de l'humour juif américain dont il serait le chef de file, mais dans sa génération, des écrivains fils d'immigrés, qui se sont mis à écrire des livres. Il regrette que "l'establishment anglo-saxon ait décidé qu'il s'agissait d' une hérédité, essayant peut être de nous réenfermer dans le ghetto".- Daniel Goldberg , le héros de Lionel MAREK dans "L' an prochain à Auschwitz", essaie désespérément à travers les siècles de sortir de son rôle de victime universelle, en vain. Le roman commence dans un camp de concentration que viennent délivrer avec des majorettes les américains. Né en 1946, l'auteur se considère un peu miraculé comme ses parents mais ne l ' ayant pas vécu directement, il a choisi l'arme de la dérision comme une espèce d'exorcisme. Il est surpris des réactions hostiles de nombreux téléspectateurs en particulier juifs, indignés qu'on l'ait invité car " l' humour est l'arme qui a permis aux juifs de survivre". S. BELLOW rappelle la dimension surréaliste relevée par David ROUSSET dans "L'univers concentrationnaire". - Journaliste à Paris Match, dans "Les canards du Golden Gate" qui, trop bien nourris à San Francisco, ne peuvent plus s'envoler à l'automne, Gilles Martin CHAUFFIER montre que les Antillais sont retenus d' envisager leur indépendance par la manne des subventions versées par la France. Au 18°siècle, les îles étaient une des provinces les plus riches de France, exportatrice au lieu de tout importer. Son héros, musicien breton venu faire son service militaire et devenu chroniqueur d'un grand journal local au cours d'une campagne électorale, analyse comment cette situation perdure. Saul BELLOW récuse l'idée de reportage dans son roman : "Un de mes buts dans ce livre était de faire la lumière sur la mauvaise représentation du journalisme. C'est pour ça que M. Corde a eu tant d'ennuis" . Ce qui caractérise l'écrivain, c'est le style.- INSERT : Photo de la remise du prix Nobel à Saul BELLOW "Pour sa compréhension humaine et sa subtile analyse de la culture contemporaine".Saul BELLOW rappelle que le roman américain pendant longtemps était populiste. "Je parle des intellectuels mais cela ne signifie pas que je sois en faveur de ces derniers". Herzog ne trouve pas de solution en recourrant aux armes que lui donné sa formation intellectuelle.- Dans "Aux pieds du vent du Nord", François CARIES est parti sur un scénario simple : trois personnes se baladent à Venise : un jeune homme avec ses professeurs. Cela dure trois jours. Il dit son plaisir à jouer avec les mots offrant "une rhapsodie" élaborée dans un style précieux.. - Dans son discours de réception du prix Nobel, Saul BELLOW s' est vivement opposé à Alain ROBBE GRILLET sur sa conception du roman : "J'ai essayé de prendre la défense du roman et du romancier. Je pense qu'il est important de défendre le style qui est en voie de disparition. Nous risquons de perdre quelque chose de très important qui reflète notre façon de vivre. Peu de gens ont la patience de lire un certain type de livres. Il y a tellement de stimulations à cause des mass media, des choses vite faites. On ne prend plus la peine de lire. De moins en moins d'écrivains soignent leur style étant donné qu'il y a toute une vie qui disparait, remplacée par la trépidation de la vie devenue une sorte de drogue. Cela détruit notre pensée, notre littérature et même le sérieux de l'homme moderne. Je ne vois pas comment nous allons survivre si nous éliminons ce pan de la culture qui est sur le point, semble t'il, de disparaître". Il salue l'existence d'un public intelligent respectueux des écrivains, " merveilleusement patient avec eux, attendant de trouver dans l'art ce quil ne peut trouver dans la théologie, la philosophie, la science pure " mais l'écrivain" lutte pour survivre comme un chien qui est en train de se noyer. Je crois qu'il fallait le dire".

Émission

Apostrophes

Production

producteur ou co-producteur

Antenne 2

Générique

réalisateur

Guy Seligmann

producteur

Bernard Pivot

participant

Saul Bellow
François Caries
Gilles Martin Chauffier
Lionel Marek

présentateur

Bernard Pivot

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