La crise de 68 : révolte ou révolution : plateau débat - Vidéo Ina.fr

La crise de 68 : révolte ou révolution : plateau débat

02 mai 1978 01h 48min 26s 13057 vues

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La crise de 68 : révolte ou révolution : plateau débat

Les dossiers de l'écran

02 mai 1978 13057 vues 01h 48min 26s

Ce débat des "Dossiers de l'écran" porte sur le mouvement contestataire de mai 1968, en France, et sur les autres épisodes de contestation dans le monde cette année-là, des Etats-Unis jusqu'en Extrême Orient, en passant par les pays socialistes d'Europe de l'Est, et les pays d'Amérique latine. Les participants au débat examinent la situation de l'époque, et tentent d'expliquer le phénomène de 1968, en se demandant s'il s'agissait d'une révolte ou d'une révolution, d'un problème de société ou de génération, et quel en est l'héritage.Après la diffusion du documentaire de Pierre CARDINAL intitulé "1968 dans le monde", le débat s'engage à partir des questions posées par les téléspectateurs.- Avant que le débat ne commence, Alain KRIVINE déplore l'absence sur le plateau de l'émission de Daniel COHN-BENDIT, toujours interdit de séjour en France. Se joignent à cette indignation Irin FETSCHER et André GLUCKSMANN.- Alain KRIVINE, membre du bureau politique de la LCR, était membre du bureau politique de la jeunesse communiste révolutionnaire, en 1968, et fut un des animateurs du mouvement de révolte cette année là.Il réagit aux commentaires de téléspectateurs dénonçant sa présence sur le plateau de l'émission, puis lit un télex du général LAGARDE, critiquant la diffusion du film d'Yves BOISSET, "RAS", lors de la dernière émission des "Dossiers de l'écran".Il décrit le contexte révolutionnaire de 1968 dans le monde, en faisant une critique de la société capitaliste. Il souligne la spécificité du mai 68 français où la classe ouvrière s'est joint au mouvement étudiant, et note les répercutions du mouvement de contestation français dans les mouvements étudiants en Allemagne, en Italie, au Japon.Il s'oppose à l'analyse d'André GLUCKSMANN à propos de sa vision "spontanée" de la lutte ouvrière, sans organisations politiques et syndicales, en rappelant l'acquis que représente ces organisations pour les travailleurs. Il déplore l'absence de militantes du mouvement féministe dans le débat.- Michel DROIT estime que la France est le seul pays, où s'est joint à la révolte étudiante le mouvement ouvrier. La contestation à l'étranger, en 1968, lui semble plus dramatique, dans la mesure où la répression y fut plus violente. Il envisage mai 68 comme une révolte et non une révolution, et retrace les événéments de mai-juin 1968 en insistant sur les élections législatives du mois de juin, et la victoire de la majorité sortante. - André GLUCKSMANN était un des responsables du journal "Action" en 1968.Il évoque la "discrète" censure gouvernementale qui s'exerce sur les événements de 1968. Il salue une des nouveautés dans les grèves de 1968 : la liberté comme revendication chez les ouvriers, en prenant l'exemple des ouvriers de LIP qui ont inventé une nouvelle organisation de l'usine, l'autogestion. Il salue également la solidarité des étudiants, ouvriers et paysans qui n'est pas passé par l'organisation des appareils politiques. A plusieurs reprises, il insiste pour donner la Boîte Postale des ouvriers de LIP, en appelant les téléspectateurs à la solidarité.- Franco FERRAROTI, professeur de sociologie à l'université de Rome, un des fondateurs de l'université de Trente, a eu, parmi ses élèves, Renato CURCIO, le fondateur des Brigades rouges italiennes. Il analyse sociologiquement le mouvement de révolte de 1968. Tout en partageant la colère d'André GLUCKSMANN et Alain KRIVINE à propos de la mesure qui pèse sur Daniel COHN-BENDIT, il tient à rappeler que 1968 fut un mouvement social, contre tous les personnalismes, et qu'une révolution ne se fait pas qu'avec des théoriciens.L' analyse qu'il développe repose sur l'idée selon laquelle 1968 fut un mouvement mondial puissant de protestation qui n'a pas su devenir un projet rationnel. Il explique les raisons pour lesquelles le mouvement de contestation est parti des universités.Il démontre en quoi l'existence des Brigades rouges et de la Bande à Bader n'est pas la conséquence directe des événements de 1968.Il souligne une spécificité de l'université française, qui ne serait plus une institution de classes, contrairement à l'Italie et à de nombreux autres pays, et note, par ailleurs, que l'université italienne constitue une base idéale pour le recrutement des groupes terroristes.- Nicholas WAHL, professeur de sciences politiques à l'université américaine de Princeton, professeur associé à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, qui enseigna à l'université de Nanterre, en 1968.Il expose les analogies et différences dans les motivations des contestataires de différents pays en 1968, et souligne l'erreur qui consiste à penser qu'un grand mouvement de contestation s'est déroulé, ayant eu partout dans le monde les mêmes causes. Par exemple, en Chine, la contestation a été fomentée par l'Etat lui-même contre une minorité, tandis qu'aux Etats-Unis, la guerre du Vietnam et le mouvement des droits civiques sont à l'origine de la contestation.Il expose sa vision de l'université aux Etats-Unis et en Europe, qu'il voit comme un "dépotoir de futurs chômeurs".Il ne partage pas le point de vue de Guy HERMIER et Alain KRIVINE à propos de la place de la classe ouvrière dans les événements de 1968. Selon lui, le mouvement de 1968 fut un mouvement contestataire et non un mouvement ouvrier. Il souligne ce qui est pour lui l'acquis de 1968 : la contestation de l'autorité par la jeunesse dans tous les domaines de la société.- Iring FETSCHER, professeur de sciences politiques à l'université de Francfort depuis 1968, revient sur la cause principale du mouvement contestataire en Allemagne : la guerre du Vietnam ; et évoque les nouvelles formes de socialisme en Allemagne, nées de la déception des socialistes allemands après l'invasion de la Tchécoslovaquie par les armées du Pacte de Varsovie.Il évoque le retentissement en Allemagne des événements de mai 68 en France, puis explique le rôle de la jeunesse dans ce mouvement en Allemagne.Il analyse la place du Parti communiste français dans le mouvement de 1968, et explique en quoi il ne pouvait pas en prendre la tête.Il replace Mai 68 dans un mouvement plus large de révolte qui avait commencé avant en Allemagne comme dans d'autres pays occidentaux. Il fait le point sur les apports du mouvement étudiant en Allemagne, et évoque la radicalisation de certains jeunes dans des mouvements armés.- Guy HERMIER, membre du bureau politique du Parti Communiste, était professeur en Seine-et-Marne, en 1968. Tout en déplorant l'interdiction de séjour en France qui pèse sur Daniel COHN-BENDIT, il récuse ses idées et son action durant mai 1968.Il qualifie le documentaire de Pierre CARDINAL de "caricatural", et déplore l'absence de la classe ouvrière dans le film et le débat. Il estime que les raisons profondes du mouvement étudiant sont dénaturées, qu'il ne confond pas avec les activités de groupes "gauchistes". Il explique comment le mouvement contestataire étudiant a gagné la classe ouvrière. Il rappelle toutes les luttes ouvrières qui ont précédé 1968.Pour finir, il fait le point sur ce qu'a révélé 1968 : la crise du système de l'époque, l'entrée de "couches nouvelles" de la population dans la lutte des classes, la nécessité de l'alliance entre la classe ouvrière et les intellectuels pour des transformations démocratiques, des aspirations nouvelles.- Un débat s'engage entre Guy HERMIER, André GLUCKSMANN, et Alain KRIVINE au sujet de la vision qu'a toujours eu le Parti Communiste du rôle de Daniel COHN-BENDIT dans les événements de 1968. Guy HERMIER se défend face aux attaques de ces derniers, lesquels considèrent que le PCF aurait été dépassé par les événements de mai 68.- Une dispute éclate entre Michel DROIT et André GLUCKSMANN sur les propos tenus par Michel DROIT sur Daniel COHN-BENDIT : "ce petit boch joufflu et bedonnant".

Émission

Les dossiers de l'écran

Production

producteur ou co-producteur

Antenne 2

Générique

réalisateur

Jacques Gérard Cornu

producteur

Guy Darbois
Anne Marie Lamory

participant

Michel Droit
André Glucksmann
Guy Hermier
Alain Krivine
Nicolas Wahl
Irvin Fetscher
Franco Ferrarotti

présentateur

Joseph Pasteur

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