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L'Algérie dix ans après. Deuxième partie : l'Algérie des Français

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L'Algérie dix ans après. Deuxième partie : l'Algérie des Français

Quatrième mardi

video 30 mai 1972 7282 vues 02h 03min 55s

Paul-Marie de la GORCE qui présente ce documentaire explique qu'il n'est pas un tableau complet de la situation des rapatriés algériens en France ni une histoire de la guerre d'Algérie, mais une suite de témoignages sur les événements de 1954 à 1962. Il ajoute que "La mémoire n'est pas l'histoire mais elle en fait partie". Ces témoignages proviennent de rapatriés qui se sont installés dans le midi de la France. Tous ressentent la nostalgie de l'Algérie et expriment les difficultés rencontrées lors de leur arrivée en France. Des archives illustrent les principaux événements évoqués par les témoins. Les généraux CHALLE et SALAN donnent leur interprétation des événements et en particulier du putsch d'avril 1961.Témoignage du Docteur GIRAUD qui avait été interviewé à deux reprises dans le magazine "Cinq Colonnes à la une" dont on voit un extrait. Il pensait pouvoir rester en Algérie. Sa femme était terrorisée. Interview de Mme SORIANO professeur à Oran installée à Perpignan. Son mari avait été victime d'un attentat en Algérie. Son père à ses côtés n'a plus d'espoir. Interview de Mme PITTARD commerçante à Oran installée à Nice. Très mal accueillis en France ils ont été "parqués" dans une salle. Elle se sent étrangère. Avec son mari le ils évoquent l'importance du drapeau français et de la Marseillaise qui représentait beaucoup en Algérie. Aujourd'hui ça ne représente plus rien. Très émue elle ne peut pas oublier. M JEGU, pêcheur de Cherchell vivant aujourd'hui à Sète, se souvient de la beauté du port de Dellys. Il a fait le deuil de l'Algérie. Quant à Jean SERVIER ethnologue dans un petit village on l'a mis en garde en novembre 1954 et on lui a conseillé de partir. Il raconte comment il est parti au secours des MONNEROT des instituteurs dont le bus avait été attaqué. Guy MONNEROT fut la première victime de la guerre d'Algérie. L'Algérie était en forte croissance démographique. Tous les jeunes musulmans partaient dans la vie avec un lourd handicap et leur mobilité sociale était bloquée. Ce qui a provoqué une situation d'angoisse. Il a pensé que la France "était le seul pays capable d'organiser une révolution et de nommer des hauts fonctionnaires, des cadres musulmans à tout les stades de la société. Ca n'a pas été possible".M. ZAMUTH qui était agriculteur à Dellys a ressenti avec son père les premières conséquences de la guerre d'Algérie en 1956. En 6 mois le matériel, le cheptel et les récoltes ont été détruites. Jean-Marie TINÉ, libéral, a pensé en 1954 qu'il y avait un choix à faire, un partage des responsabilités à mettre en place. Il pense que c'est un immense gâchis. Témoignage de M. NARDI, assistant radiologue à Alger vivant à Nice, raconte le massacre de la mine d'El Halia près de Philippeville. Il a pu dénombrer une quarantaine de victimes dont des enfants. Il n'a pas pu l'accepter. Lui même pris les armes dès 1955 et a cherché à défendre sa patrie, l'Algérie. Ouvrier à Bone et aujourd'hui vivant à Arles la famille de M CRÉPIN vivait à El Halia, une partie de sa famille a disparu à el Halia. Il vit à Arles replié sur lui même dans une profonde solitude. Mme BERNABEU concierge à Perpignan raconte ce qui est arrivé à son fils tué en septembre 1957 alors qu'ils pensaient qu'ils étaient à l'abri. Selon M. MOUCHAN, ancien maire d'El Biar aujourd'hui retraité à Nice, il y avait un siège à l'intérieur d'Alger. Les bombes explosaient quasiment tous les jours. Il ajoute "qu'en les arrêtant et faisant parler les poseurs de bombes on a empêché qu'il y ait davantage de victimes". Quatre témoignages de militaires ou d'hommes politiques apportent un éclairage sur la journée du 13 mai 1958 et sur l'avenir de l'Algérie après cette date. Le général SALAN s'est retrouvé seul avec les civils devant une foule déchaînée. En contact avec Paris il refuse de tirer sur la foule et demande qu'on confirme que l'Algérie est française. Il a appelé le général de GAULLE qui est venu à Alger à la fin du mois de mai. Il donne alors tous les pouvoirs à SALAN. D'après Bernard TRICOT, responsable des affaires algériennes de 1958 à 1962, "il est convaincu qu'en 1958 l'avenir de l'Algérie dépendrait de la volonté de ses habitants". Il pensait qu'à long terme cette volonté irait dans le sens de l'indépendance. De GAULLE a agi pour que les liens entre la France et l'Algérie se renforcent. La force politique principale du côté des musulmans était le FLN. Les Européens étaient minoritaires qui avait hérité de l'histoire des relations privilégiées. Cette situation ne pouvait se maintenir. Le Général CHALLE explique comment après le départ du général SALAN il a opéré dans le bled au cours de l'opération "Jumelles". Il ajoute que l'armée était en train de gagner la bataille. Ce qui est confirmé selon le général CHALLE par l'affaire Si SALAH qui voulait négocier la paix des braves. Il évoque le putsch et les chances de succès. Il y a eu assez peu d'unités qui se sont ralliés à lui même si c'étaient les troupes d'élite. Le général Georges BUIS, commandant un secteur opérationnel en 1957 en Algérie puis chef du cabinet militaire de Christian FOUCHET en 1962, dit n'avoir pas trouvé la guerre d'Algérie "absurde", il s'agissait de vaincre sur le terrain mais la décolonisation devait être suivie jusqu'au bout, il était isolé dans ses opinions mais ne pouvait pas le dire à ses subordonnés. Témoignage de Mme GALIANA qui vivait à Bab el Oued. Ils avaient peur de sortir en mars 1962. L'OAS représentait l'Algérie française. Un jeune pied noir trentenaire explique qu'il s'est battu pour son pays et est parti au maquis. Il voulait défendre le pays sur lequel il était né. Jacques DELAIN, un harki regrette de ne pas avoir choisi le parti FLN. La trahison qui a été faite n'est pas réparable. Les harkis ne sont pas intégrés et toujours dans des camps. Interview de sa femme.Camille PEREZ, pêcheur à Mostaganem est parti avec son bateau. Il vit aujourd'hui au Cannet près de Perpignan. Il a 67 ans et travaille toujours pour vivre. La dernière partie aborde la question de l'indemnisation avec le témoignage de Mr SARROBERT, propriétaire terrien en Algérie qui estime que rien n'a été fait pour recaser les gens, il reste volontairement en marge de la vie politique en France tant qu'on ne l'indemnise pas.. Interview de Mme LOPEZ, dont le mari, condamné à mort par le FLN a laissé une étude en Algérie, qui ne leur sera jamais remboursée, il s'est suicidé en 1968 et elle ne trouve pas de travail à 45 ans, "il est temps qu'on en finisse, qu'on n'entende plus parler de pieds noirs parce qu'il a fallu la guerre d'Algérie pour qu'on entende parler de pieds noirs, voilà le drame, il y a beaucoup de misère cachée".Conclusion de Jean Marie TINÉ "grande solidarité avec les Européens d'Algérie, quelles que soient leurs erreurs...d'autres attitudes auraient peut être évité le gâchis final de cet exode, la France ne s'est pas bien conduite à leur égard". C'est Jean SERVIER, l'ethnologue les larmes aux yeux qui résume la situation par une anecdote historique "le duc d'Aumale lors de la prise de la smalah d'Abdelkader trouve une amulette sur un haut personnage et la fait ouvrir, un taleb interprète pour lui le contenu, grain de blé, pépin de raisin et cheveu de femme lequel s'envole, le taleb prédit "l'Algérie, par l'amour [vous ne l'aurez] jamais". Pour lui l'histoire de l'Algérie française, c'est celle des occasions manquées.

Émission

Quatrième mardi

Production

producteur ou co-producteur

Office national de radiodiffusion télévision française

Générique

réalisateur

Jean Michel Meurice
Philippe Halphen

producteur

Igor Barrère

participant

Georges Buis
Raoul Salan
Maurice Challe
Bernard Tricot
Jean Servier

présentateur

Paul Marie de La Gorce

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