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12 mai 1970 2527 vues 34min 40s

Reportage au Sénégal, qui fut la plus ancienne colonie française, dix ans après son indépendance. La préoccupation majeure est de relancer une économie en perte de vitesse, dont les structures socialistes, mises en place par le président SENGHOR, son... + de détails

Reportage au Sénégal, qui fut la plus ancienne colonie française, dix ans après son indépendance. La préoccupation majeure est de relancer une économie en perte de vitesse, dont les structures socialistes, mises en place par le président SENGHOR, sont remises en cause. Le commerce de l'arachide, qui a fait la prospérité du pays du temps de la colonisation, est en baisse, et dans les émissions d'information de la radio éducative rurale, les paysans disent leur difficulté de vivre. Le français est toujours enseigné dans les écoles, mais au service de la décolonisation. Malgré une alphabétisation poussée, les jeunes connaissent le chômage et partent vers les villes ou à l'étranger pour trouver du travail. Dans l'île de GOREE, l'ancienne île aux esclaves au large de Dakar, un griot chante les louanges du président SENGHOR.Promenade dans les rues de la ville de Saint-Louis avec Christian VALENTIN, député sénégalais descendant de colons français et membre de l'UPS (Union progressiste sénégalaise). Il évoque le temps de la colonisation, ses relations avec les Sénégalais à peau noire, le régime politique du Sénégal et l'UPS, parti unique. Puis il traduit les propos d'un paysan endetté après trois années de sécheresse. Dans un village, la population rassemblée assiste à l'enregistrement d'une émission de la radio éducative rurale. Un groupe de villageois écoute l'émission autour d'un transistor à la veillée. Des animateurs ou responsables parlent de l'aide que ces émissions, diffusées dans tout le pays, apportent aux paysans, de l'importance de l'alphabétisation. Dans une école primaire de campagne une classe de cours préparatoire apprend le français en écoutant une émission quotidienne de la radio scolaire du centre de linguistique appliquée de l'université de Dakar. Cette méthode, utilisée dans 1300 classes au Sénégal, a pour but de "décoloniser l'enseignement du français" en Afrique dite francophone, explique un universitaire blanc. Un instituteur noir évoque le temps où dans la même école on enseignait que les ancêtres des Sénégalais étaient les Gaulois et que leur mère patrie était la France. Interview d'un fils de cultivateurs de 21 ans, au chômage depuis deux ans malgré son BEPC. Au nord du pays, dans la région du fleuve, interview d'un autre fils de cultivateurs, rentré au Sénégal après avoir travaillé deux ans à Paris chez Renault, qui a l'intention de retourner en France. Interview d'un chef d'entreprise de 34 ans, Ousmane DIAGNE, qui a fait fortune dans l'import-export, le décorticage d'arachides et le transport. Il participe à une réception de la société bourgeoise de Dakar, s'occupe de ses affaires, se détend dans sa maison de Dakar avec sa première épouse et leur trois enfants, puis en famille dans son village natal avec sa deuxième épouse et leurs enfants. Il est musulman, ses deux femmes ont fait des études. Fils de paysan, il a lancé la socialisation du monde rural dans sa région, et préconise de développer le secteur privé national. Interview d'Abdoulaye FOFANA, ancien ministre qui a négocié l'indépendance avec la France, directeur aujourd'hui d'une société d'investissements étrangers, sur le bilan économique de ces dix ans d'indépendance. Le général Jean-Alfred DIALLO, chef d'état-major général des armées du Sénégal, évoque ses 32 ans de carrière dans l'armée française, et son retour au Sénégal en 1957. Il pense que les Sénégalais se considèrent toujours aussi français que sénégalais, et que l'indépendance reste à conquérir.

  • Emission
  • XXème siècle
  • Production
  • producteur ou co-producteur
    Office national de radiodiffusion télévision française