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27 mars 1994 558 vues 46min 11s

Invité de l'Heure de Vérité, M. Jean GANDOIS, PDG du groupe Pechiney et de l'entreprise de sidérurgie belge Cockerill Sambre. L'émission va être divisée en trois parties. - 1ère partie : interrogé par Jean Marie COLOMBANI, Mr GANDOIS va répondre a d... + de détails

Invité de l'Heure de Vérité, M. Jean GANDOIS, PDG du groupe Pechiney et de l'entreprise de sidérurgie belge Cockerill Sambre. L'émission va être divisée en trois parties. - 1ère partie : interrogé par Jean Marie COLOMBANI, Mr GANDOIS va répondre a des questions centrées sur le problème du chômage et de l'emploi. D'abord une remarque sur la décision du Gouvernement de créer le Contrat d'Insertion Professionnelle (CIP) et la révolte que ce contrat a provoqué chez les jeunes. JM COLOMBANI demande à Mr GANDOIS son avis... Le retirer ou le maintenir ? La réponse de Mr GANDOIS : "ce contrat au départ comportait un certain nombre de maladresses... Il a donné un sentiment d'injustice. Le Gouvernement a revu sa copie et ces maladresses ont été retirées mais il y a une sorte de confiance qui a été rompue. Alors, est-ce qu'un Gouvernement peut aller jusqu'à se flageller sur la place publique parce qu'il a fait une maladresse et qu'il l'a reparée ? On n'en sait rien. Je ne le crois pas personnellement". Interrogé a propos des salaires, Mr GANDOIS attire l'attention sur le problème du coût salarial et il le demontre avec des chiffres. Malgré ces affirmations, Mr GANDOIS soutient que les salaires ne devraient pas descendre davantage. Ce serait au Gouvernement de faire un effort en matière de protection sociale et du financement de la protection sociale, avec un financement progressif sur le budget de l'Etat. A propos de la réduction de la durée du travail, Mr GANDOIS se prononce pour une large expérimentation au niveau des entreprises et des partenaires sociaux. Mr GANDOIS affirme aussi que le secteur industriel ne sera pas, dans un avenir immediat, producteur d'emplois. Interrogé a propos de l'influence décroissante des diplômes dans la société contemporaine, Mr GANDOIS souhaiterait qu'ils gardent leur symbole de promotion sociale, bien que les liens entre l'entreprise et le système d'éducation devraient être approfondis. - 2ème partie : Mr GANDOIS est interrogé par Nicolas BEYTOUT, directeur de la rédaction du quotidien "Les Echos", sur la situation de l'économie française, en général. Mr GANDOIS explique les relations étroites liant les taux d'intérêts et les parités monetaires. Il se dit partisan de la politique du franc fort defendue par le gouvernement d'Edouard BALLADUR. L'entreprise qu'il dirige, Pechiney, est dans la liste des entreprises privatisables, malgré les pertes de l'année dernière. Dans ce sens, il voudrait intégrer la Compagnie Nationale du Rhône dans son groupe, car presque tous les concurrents dans l'aluminium dans le Monde sont également producteurs d'électricité ; c'est une source d'équilibre. Bien que les cours de l'aluminium ont chuté avec l'ouverture du mur de Berlin et l'invasion des produits des Pays de l'Est, Mr GANDOIS ne se dit pas partisan du protectionnisme. - 3ème partie : interrogé par Albert Du ROY, Mr GANDOIS va répondre à des questions derivées de la façon dont fonctionnent les Institutions françaises et notamment les syndicats et les Organisations patronales. La première question lui sera personnellement adressée : est-ce qu'il sera candidat à la Présidence du Conseil national du Patronat français (CNPF )? Mr GANDOIS confirme son intérêt pour cette Présidence et dit attendre le 1er juillet pour se porter candidat. Répondant à son éventuel concurrent, Jean Louis GIRAL, qui lui avait qualifié la semaine dernière de "grand commis de l'Etat", Mr GANDOIS a rappelé qu'il avait passé "ving-cinq ans à faire du privé et sept ans président d'une entreprise publique". Mr GANDOIS a aussi pris soin de souligner qu'il avait "passé beaucoup de temps dans de petites entreprises" et qu'il était "un provincial, pas un homme de salons parisiens". Esquissant un programme, il a estimé que le rôle de CNPF, après avoie été d' "apaiser", allait redevenir de "proposer". Mr GANDOIS indique aussi en 5 points son idée d'une politique pour l'entreprise : faire du profit, savoir mobiliser des hommes, s'ouvrir sur le monde tout en s'enracinant dans une localité et avoir des idées sur les problèmes de la Societe : financement de la protection sociale, le chômage, le Gatt, l'Europe. "On a passé des périodes où le plus important était sans doute d'apaiser. Je pense que nous allons entrer dans des périodes où le plus important sera de bousculer gentiment". Interroge finalement sur les rapports entre la politique et l'entreprise, Mr GANDOIS pense que ce n'est pas anormal que les entreprises financent la vie politique notamment dans les collectivités locales et les endroits où elles sont implantées. Mais il considère aussi que cela doit être fait dans le cadre de règles très strictes pour ne pas aller vers les affaires et la corruption. - Mr Jean GANDOIS laisse comme dédicace dans le livre d'or de l'émission : "La vérité se nourrit de passion et meurt d'intolérance". Accompagnant Mr GANDOIS sur le plateau on aperçoit en [gros plan] MM François CEYRAC, ancien président du CNPF, Arnaud LEENHARDT, président de Vallourec, Alfred KAHEN, ambassadeur de Belgique en France, Pierre DELAPORTE, Président d'honneur EDF, Francis MER, Président d'USINOR/ESINOR.

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