René MONORY, président du SENAT et membre du CDS est l'invité de L'HEURE DE VERITE. Il est interviewé successivement par Jean Marie COLOMBANI, Raphaëlle BACQUE (LE PARISIEN) et Albert DU ROY. En introduction, François Henri DE VIRIEU rappelle brièvement le parcours de René MONORY, ancien garagiste, maire de Loudun dans La VIENNE, ministre des finances dans le gouvernement de Raymond BARRE, président du SENAT ; questionné sur son accord avec la position du Président de la République et du Premier ministre sur l'ultimatum en BOSNIE, René MONORY affirme son accord "Complètement, sans aucune hésitation." - Première série de questions par Jean Marie COLOMBANI sur les changements en cours dans le monde. - En préambule, MONORY s'affirme "très honoré d'être interviewé peut-être par le futur patron du monde". - Sur la POLITIQUE GOUVERNEMENTALE CONTRE LE CHOMAGE : "Une première étape de remise en ordre, j'approuve ce qu'il a fait. Tous les gouvernements n'ont pas fait assez de pédagogie, le monde a beaucoup changé, nous ne faisons plus de croissance." - [Gros plan] sur Pierre MEHAIGNERIE, garde des Sceaux, président du CDS. - "On peut espérer une croissance meilleure, on ne peut plus continuer à croire que nous aurons du pouvoir d'achat. On peut consommer plus et être meilleurs à l'étranger. L'industrie doit faire de la croissance qui doit être employée à faire d'autres emplois, dans d'autres métiers. " - Sur la COMPETITIVITE FRANCAISE : "Comment rester compétitif quand on dépense 6 à 7% pour le social et la santé ? Il faut responsabiliser la protection sociale ; le véritable social c'est créer des emplois (exemple du FUTUROSCOPE de Poitiers). Dans le système actuel, on marche sur la tête... Charges trop importantes... Les entreprises sont un peu moins à bout de souffle, ce qu'on a donné d'une main on l'a repris de l'autre ? c'est une vieille histoire." - Sur le PARTAGE DU TRAVAIL : " Nous irons dans cette direction, en même temps il y aura une baisse des revenus dans une proportion assez grande, d'autres dispositifs à mettre en oruvre pour un bonheur plus immatériel. - Deuxième série de questions par Raphaëlle BACQUE (LE PARISIEN) consacrées aux institutions et aux échéances électorales. - René MONORY: "C'est agréable de voir votre sourire. "Sur le SENAT: "Les sénateurs sont formidables ; toutes les lois ont été amendées par le SENAT " - [Gros plan] sur MEHAIGNERIE et BAUDIS. - "(A propos de la masculinité du SENAT) c'est un corps électoral au second degré... Se battre pour plus de femmes, on n'y peut rien, ce sont les électeurs. - Sur une liste de jeunes aux EUROPEENNES: "Les jeunes ont moins de responsabilités, l'Europe a besoin d'un souffle... Une liste avec une dizaine de jeunes en tête... Jean Pierre RAFFARIN, Dominique BAUDIS. " - [Gros plan] Dominique BAUDIS. - "Le Premier ministre a mis une interdiction sur ses ministres, donc il n'est pas question d'Alain JUPPE, s'il était disponible pourquoi pas ?... Une liste séduisante..." - Sur la place d'arbitre de l'UDF entre les hommes du RPR : "Personne ne gagnera les présidentielles sans l'UDF... Une fausse idée qui circule : pas de primaires aux EUROPEENNES... On verraï.. Ne négligeons pas aujourd'hui l'UDF... Aujourd'hui, il y a deux grandes familles qui doivent s'entraider pour gagner à la prochaine présidentielle... Il est probable, sinon certain, il est vraisemblable qu'il y aura un candidat UDF... (S'appuyer sur le bilan du gouvernement) et avoir aussi d'autres idées. Je ne critique pas le bilan du gouvernement, il y a des problèmes à régler, une réforme profonde de la société à faire (chômage, compétitivité). En 93, beaucoup de promesses, je crie casse-cou, il faudra dire la vérité. " - SUR LE FUTUR PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE : "C'est eux (les électeurs) qui le choisiront... (A propos d'une candidature de Valéry GISCARD D'ESTAING) Grande estime... Beaucoup de sympathie, c'est l'UDF..." Questionné sur le couple BALLADUR et CHIRAC à la place de GISCARD et CHIRAC : "A eux de s'entendre, ce n'est pas moi qui vais trancher au RPR. Ca fait bouillonner les idées. " - Sur le RENOUVELLEMENT DU PREDISENT DU CDS ([gros plan] sur Pierre MEHAIGNERIE de profil gauche et BAUDIS):"Pour un statu quo, si c'est impossible il faut éclaircir. Aujourd'hui, il manque la voix originale du CDS. C'est le statu quo ou le président et le secrétaire général du CDS (actuellement Bernard BOSSON, ministre de l'équipement) ne seront pas membres du gouvernement pour qu'ils puissent s'exprimer. Le CDS a aussi sa personnalité. " - Troisième série de questions d'Albert DU ROY sur la modernisation des structures. - Sur le rôle du SENAT dans la réforme de la loi FALLOUX : "C'est le gouvernement qui fait les ordres du jour... Qui on veut (est responsable) mais pas nous." - Sur l'AMENAGEMENT DU TERRITOIRE : "Pas d'opposition PARIS/PROVINCE, une grande capitale culturelle, économique, financière... Pas favorable à une lutte qui n'aboutit à rien. (Rappel de la mission de Jean FRANCOIS PONCET) J'ai mis trois préalables : pas de grossissement démesuré de la Région parisienne, mieux répartir l'intelligence sur le territoire, que chaque habitant reçoive dans 10 à 15 ans la même somme de l'Etat. Il faut être directif, du volontarisme, de la contrainte (référence à la politique de décentralisation tentée par Edith CRESSON). Pour le secteur privé, lui faire payer le vrai prix. (A propos de la "méthode Pasqua") On lui a communiqué notre maladie, il faut qu'elle s'implante, on peut faire quelque chose de bien. " - Sur la FORMATION : "On culpabilise l'Education nationale, on peut (avec elle) donner une culture générale mais pour la culture d'activité (c'est l'entreprise)... Plus de culture générale c'est plus de possibilités de greffer des techniques nouvelles comme en Allemagne. Il y a des rigidités, il faut forcer le destin, les habitudes." - Sur la démission d'André ROUSSELET, président de CANAL+: "Ce n'est pas inquiétant... Je crois que le Premier ministre n'est pour rien dans cette affaire. On a fait sauter le verrou des 25%... C'est la loi CARIGNON... Je suis d'accord pour dire que