Simone de Beauvoir : pourquoi je suis féministe - Vidéo Ina.fr

Simone de Beauvoir : pourquoi je suis féministe

06 avril 1975 49min 48s 48770 vues

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Simone de Beauvoir : pourquoi je suis féministe

Questionnaire

06 avril 1975 48770 vues 49min 48s

Jean Louis SERVAN SCHREIBER reçoit Simone de BEAUVOIR. Il présente brièvement son oeuvre, l'importance de son essai "Le deuxième sexe" dans l'évolution des idées de notre époque. Pour Simone de BEAUVOIR, on ne naît pas femme, on le devient. Etre femme n'est pas une donnée naturelle, c'est le résultat d'une histoire, l'histoire de la civilisation, l'histoire de sa vie, de son enfance. On inscrit dans son corps ce qui plus tard apparaîtra comme un destin. Les différences biologiques ne fondent pas la différence de statut, elles sont un prétexte autour duquel se construit la condition féminine, La femme est soumise à l'exploitation et à l'oppression. Elle cite quelques exemples historiques de la volonté des hommes d'écarter les femmes. Elle raconte comment elle a pris conscience de la vérité sur la condition féminine. Elle-même échappait aux servitudes de cette condition en tant qu'intellectuelle, sans compétition avec les hommes, en tant que femme refusant le mariage, la maternité. Et c'est en écrivant "le deuxième sexe" qu'elle a vu la vérité sur la condition féminine. C'était plutôt une étude théorique qu'un travail militant. En fait, les femmes ne sont pas féministes et n'ont pas entendu le cri de certaines femmes. Elle prend pour exemple les travaux de la sociologue italienne Elena Gianini Belotti et son ouvrage "Du côté des petites filles". En grande partie se sont les mères qui entretiennent ces traditions, sous la pression des hommes. Les hommes ont accaparé les professions intéressantes, les femmes se sont bornées à faire des travaux ménagers qui lui permettent d'être entretenues plus ou moins par un mari. Si les femmes faisaient la révolution sur ce plan là, toute la société en serait changée. Il y a une terrible dépendance envers le mari, depuis "Le deuxième sexe", elle correspond avec beaucoup de femmes qui se retrouvent dans une situation désespérée à cause de la dépendance économique. Simone de BEAUVOIR raconte comment a été accueilli son livre, la suprématie de l'homme étant mise en cause, beaucoup d'hommes qu'elle croyait de gauche, ont vivement réagi, les communistes dans leur ensemble ont craché sur le livre. Les problèmes de femmes sont pour eux subordonnés aux problèmes de classes. Elle pensait également que le changement de société suffirait pour que la situation de la femme devienne l'égale de celle de l'homme. La situation dans les pays socialistes lui a rapidement fait abandonner cette opinion pour devenir "Féministe" de façon militante. Elle estime que le féminisme à un rôle important à jouer. Ces mouvements sont impossibles dans les pays communistes. L'important est que les femmes se rassemblent, se parlent entre elles, et qu'elles trouvent des solutions. Elle condamne l'actuel secrétariat à la condition féminine comme étant un os à ronger donné aux femmes. Tout n'est pas bon à prendre, c'est une façon de récupérer et contrer la révolution des femmes. Elle refuse cette démobilisation. Si des mesures, même partielles, sont prises elle les accepte mais en sachant que c'est une simple étape. A propos de l'avortement, la loi n'est pas satisfaisante, c'est un premier pas vers une libéralisation plus grande. Pour ce problème, les barrières de classes ont pu être franchies. Une grande partie du féminisme et le début de la lutte a commencé en 1968. Chacun devait prendre ses affaires en main. La prise de conscience a été très forte à cette époque. La gauche comme tous les partis, est dirigée par les hommes. Il ne faut pas confondre la lutte des classes et la lutte des sexes. Pour Simone de Beauvoir, il faudrait que l'homme participe aux tâches du ménage et à l'éducation des enfants, qu'il renonce à l'autorité qu'il prétend exercer sur la femme. La société donne mauvaise conscience aux femmes. Elle estime que toute femme doit avoir son indépendance économique, même si elles le payent cher. Une femme qui reste avec son mari parce qu'elle n'a pas d'autre choix, est une femme qui a abdiqué, renoncé à sa valeur et sa dignité d'être humain. Elle explique le mot "Sexisme", que l'on doit rapprocher du mot "Racisme", le MLF souhaite lutter contre toute discrimination. Sa relation avec Sartre n'a pas terni sa lutte pour le féminisme, certaines femmes estiment que l'on ne peut pas vivre avec un homme et lutter pour le féminisme (sa lutte a été plus facile car elle n'a jamais vécu avec lui), les relations vont bien sur être plus difficiles pour les hommes. Maintenant qu'il y a la contraception, l'avortement, les hommes en profitent et abusent des conquêtes des femmes, les viols et brutalités sont en augmentation. La prochaine bataille majeure pourrait être le refus du travail ménager tel qu'il s'impose aujourd'hui, et contre la maternité-esclave. En apprenant aux femmes à parler entre elles, on les aide à prendre conscience de l'injustice de leur condition et du même coup à la refuser.

Émission

Questionnaire

Production

producteur ou co-producteur

Télévision Française 1

Générique

réalisateur

Arlette François

participant

Simone de Beauvoir

présentateur

Jean Louis Servan Schreiber

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