C'est en se fondant sur une intégration économique que la construction européenne a pris progressivement corps dans les années 1950. Dès le 9 mai 1950, le ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman avait proposé un plan de création d'une Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Celle-ci avait été établie par le traité de Paris signé le 18 avril 1951 par la France, la République fédérale d'Allemagne (RFA), l'Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. La CECA avait pour objectif de mettre en place un marché commun du charbon et de l'acier entre les six pays signataires. L'échec de la Communauté européenne de défense en 1954 freine ensuite la construction de l'Europe par une voie politique et militaire. Néanmoins, les ministres des Affaires étrangères des six membres de la CECA, réunis en conférence à Messine du 1er au 3 juin 1955, affirment leur volonté de relancer la construction européenne et de parvenir à mettre en place un marché commun. Le 30 mai 1956, à Venise, les ministres des Six décident d'ouvrir des négociations sur la création d'un marché commun et sur l'organisation commune de l'énergie atomique. Ces négociations aboutissent à la signature, le 25 mars 1957, à Rome, au Capitole, par les représentants de la RFA, de la France, de la Belgique, de l'Italie, du Luxembourg et des Pays-Bas de deux traités. Le premier traité institue la Communauté économique européenne (CEE) et prévoit la réalisation d'un marché commun, sans droits de douane. Le second texte met en place une Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom) dont l'objectif est d'assurer l'indépendance énergétique de l'Europe. Les deux traités sont ensuite ratifiés par les parlements des six Etats à une large majorité au cours de l'année 1957 et entrent en vigueur le 1er janvier 1958. La création de la CEE et de l'Euratom par les traités de Rome marque ainsi une étape essentielle dans le processus de construction européenne.