La victoire du communisme chinois en 1949 est l'aboutissement de décennies d'une guerre civile au cours de laquelle l'Armée rouge a fondé plusieurs gouvernements soviétiques et administré jusqu'à 80 millions d'habitants.
A la différence des démocraties populaires, où la victoire du communisme est le fait d'un rapport de force international, le communisme chinois est déjà solidement implanté dans le pays. Encore que de nombreuses aires échappent à son influence, en particulier les villes mais aussi des zones rurales. De fait, le ralliement anti-japonais, que ce soit par patriotisme chez de nombreux intellectuels ou par volonté d'autodéfense comme c'est le cas dans la paysannerie, a joué un rôle plus important dans l'avènement de la république de Mao Zedong que la volonté de révolution sociale.
«Les deux tiers de la Chine, conquis par une offensive militaire classique au cours de l'année 1949, n'ont guère eu l'expérience du mouvement communiste : celui-ci manque de cadres et suscite souvent la méfiance», résume Pierre Trolliet. Hong Kong fait exception à l'extension du communisme, Mao Zedong ayant décidé, à la grande surprise des Britanniques, de ne pas attaquer la colonie où se réfugient de nombreux industriels shanghaïens. [article «Chine», Encyclopaedia Universalis, Paris, 2002].