Apparu il y a 30 ans, le 5 juin 1981, chez 5 jeunes homosexuels californiens, le sida -appelé "cancer gay" jusqu'en 1982- a fait plus de 30 millions de morts. Si depuis 1999 – année où l’épidémie aurait atteint son maximum –, le nombre de nouvelles infections dans le monde a reculé de 19%, 10 millions de malades n'ont toujours pas accès aux soins. Mais des réels espoirs demeurent. Zoom.
33,3 millions de personnes infectées (dont 22,5 en Afrique Subsaharienne), plus de 30 millions de morts depuis 1981 : le sida reste une urgence de santé internationale. Chaque 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, rappelle la responsabilité de tous. En effet, le virus tue toujours et il est plus que temps que chacun soit sensibilisé. Que chacun, à son échelle, puisse enrayer la maladie.
En France, si le sida reste un problème de santé publique majeur, c'est à cause d'un relâchement des comportements. Pourtant, quiconque a un doute peut faire un test anonyme et gratuit dans les centres de dépistages. Il faut bien entendu aussi éviter les rapports non protégés, mais surtout lever le tabou et continuer d'informer les populations.
La perspective d'un vaccin demeurant lointaine, le seul espoir pour stopper l'avancée de la maladie reste donc la prévention des comportements à risque. En effet, la maladie a augmente très rapidement dans les pays pauvres, à cause d'un manque certain d'information. La prévention et la sensibilisation sur place sont donc toujours nécessaires, mais elles se heurtent parfois aux conditions de vie locales. Par exemple, en Afrique, où la communauté chrétienne est importante, plusieurs associations internationales ont dénoncé il y a quelques années la promotion d'une politique de l'abstinence, au détriment de celle des préservatifs. Une approche qui peut se révéler dangereuse quand on sait que le continent regroupe deux tiers des personnes infectées dans le monde.
Les quelques milliards investis durant ces dernières années ont permis de mettre sous traitement cinq millions de malades. Par ailleurs, on remarque que les courbes d'évolution de l'épidémie commencent à se stabiliser, voire de diminuer dans de nombreux pays. Il n'en reste pas moins qu'un traitement anti-rétroviral doit être continué à vie. Et si plus de 30% des malades dans le monde ont accès à ce traitement, 10 millions n'en bénéficient toujours pas.
En mai 2011, un
essai clinique international publié aux Etats-Unis a démontré qu'un
traitement précoce avec des anti-rétroviraux éliminait quasiment le risque de transmission du sida par des personnes séropositives. Pris assez tôt, ce traitement réduirait de 96% le risque d'infecter un partenaire sexuel sain. Une excellente nouvelle saluée par l'OMS et l'Onusida. Mais, encore une fois, tout l'enjeu résidera dans l'accessibilité des traitements.
A voir : une rétrospective des campagnes de lutte contre le sida