Jusqu'à quel point l'homme peut-il prétendre à sa propre connaissance? La cybernétique permettra-t-elle de faire simuler à la machine toutes les activités humaines ? C'est pour évoquer les multiples aspects de cette double question qu'a été réalisée cette vaste enquête auprès de personnalités scientifiques les plus marquantes des Etats-Unis, ponctuée par les interventions de Walter ROSENBLITH, recteur du célèbre MIT - Massachusetts Institute for Tecnology -.Cette seconde émission est consacrée à une approche du problème du point de vue de la biologie et de la science du comportement.- Introduction par Pierre SCHAEFFER et Pierre AIGRAIN.- Salvador LURIA, professeur au MIT, prix Nobel, retrace tout d'abord les grandes étapes de la biologie depuis DARWIN : travaux autour de la génétique mendélienne, biochimie, puis découverte de WATSON et CREEK de la structure de l'ADN - substance chimique exceptionnelle qui fonde et caractérise tous les êtres vivants. Après avoir étudié avec succès les bactéries et les virus, la biologie moléculaire s'intéresse aujourd'hui aux bases physico-chimiques de la pensée."Il y a cependant une limite à la liberté de la recherche, c'est quand elle touche aux droits de la personne humaine". La confection déterminée d'individus génétiquement identiques réalisable chez l'homme à moyenne échéance, pose un problème philosophique et moral.- Ce respect de la liberté et de la dignité humaine n'est pas le fait du psychologue Fred SKINNER, professeur à Harvard, chef de file du déterminisme, pour qui l'homme est "un système naturel réglé par des lois analysables, manipulables et dans une certaine mesure prévisibles".- Craig FIELDS, un de ses disciples, professeur de psychologie Harvard University, réalise une expérience de "conditionnement opérant" au cours de laquelle le sujet contrôle inconsciemment le rythme de ses battements cardiaques. "On ne peut pas prouver rigoureusement que l'homme est une machine, mais on ne peut pas prouver le contraire".- Salvador LURIA revient sur les notions de déterminisme et de liberté. Il se définit comme un matérialiste, non comme un mécaniste. Il pense que l'homme n'est pas une machine parce qu'il est créé au hasard.- Robert WHITE, chef de service de neuro-chirurgie de l'hôpital de Cleveland, est le premier chirurgien expérimental à avoir maintenu en vie un cerveau de singe isolé. Il explique ici au tableau noir la technique d'une opération unique au monde de greffe de la tête, qu'il réalisa à l'aide de deux chimpanzés. Catholique pratiquant, il est convaincu de l'existence d'une spiritualité humaine dont le système nerveux, et principalement le cerveau, serait le support.