Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, les urgences sont nombreuses et les débuts de la reconstruction difficiles.
De plus, la Libération s'est accompagnée de mutations politiques importantes : par exemple, en Europe, les forces conservatrices traditionnelles déclinent. Notamment : impuissance politique et fragilité économique de la France et de la Grande-Bretagne face aux Etats-Unis et à l'URSS.
Pour y remédier, Winston Churchill propose en 1946 la création d' « Etats-Unis d'Europe », lors d'un discours à Zurich. L'idée germe chez les pays partenaires, grandit pour donner, quelques années plus tard, une union européenne économique, politique, culturelle et monétaire. Naissent alors le Mouvement européen et le Conseil de l'Europe. Mais la Grande-Bretagne n'en fait pas partie.
En 1951, la CECA est composée de la France, de la RFA, de l'Italie et du Bénélux. Le 25 mars 1957, elle évolue vers la CEE, suite à la signature du traité de Rome. Ce texte permet la création d'un marché commun. Le dynamisme de ce marché multiplie les succès économiques durant les années 60. Ainsi, la construction européenne ne cesse d'attirer de nouveaux membres. Dont la Grande-Bretagne.
Prétextant des liens trop étroits avec ces anciennes colonies ou avec les Etats-Unis, De Gaulle oppose un « non » ferme à deux reprises à l'entrée de la Grande-Bretagne en Europe.
Or, le 14 janvier 1963, lors d'une conférence de presse, le dirigeant français met de l'eau dans son vin : « il est possible qu'un jour, l'Angleterre parvienne à se transformer elle-même suffisamment, pour faire partie de la communauté européenne sans restriction. Dans ce cas-là, les six lui ouvriraient la porte et la France n'y ferait pas d'obstacle. » La porte s'ouvre finalement en 1972.
Le conservateur Edouard Heath signe l'acte d'adhésion à la CEE. Mais la Grande-Bretagne est un partenaire difficile et dans les années 80, la « dame de fer » Margaret Thatcher n'hésite pas à dire ce qu'elle pense d'une Europe politique. Elle tolère le marché unique mais rejette toute domination de Bruxelles, qu'elle compare à celle de Moscou du temps de l'Union Soviétique.
Depuis, la Grande-Bretagne fait office de brebis galeuse de l'Europe. En 1992, le pays fait partie des signataires du traité de Maastricht, mais garde une certaine réserve : ce sera sans l'Euro.
En 1997, avec l'arrivée du travailliste Tony Blair à la tête du gouvernement britannique, un vent d'ambition européenne souffle sur le pays. Plus europhile que tous ses prédécesseurs, Tony Blair favorise la participation de son pays dans la construction européenne : « Je crois avec passion que la place de la Grande-Bretagne est au cœur de l'Europe. Je pense que ce serait un acte d'une incroyable stupidité au 21e siècle de nous retirer de la plus importante alliance politique et du plus grand marché du monde ».
Cependant, nombreux sont les détracteurs de la politique blairienne qui critiquent aussi son entrain à aller vers les Etats-Unis. Mais certainement le premier ministre britannique juge-t-il qu'Union européenne et accords privilégiés avec les Etats-Unis ne sont pas incompatibles