Le 27 juin 1972, un épisode important de l'histoire des gauches et de la vie politique française se produit : la naissance de l'Union de la gauche. Le parti socialiste et le parti communiste adoptent un «programme commun de gouvernement». Les radicaux de gauche (MRG à partir de 1973) le contresignent le 12 juillet. Ce programme est le premier du genre depuis la scission du congrès de Tours (1921). Le PC, le MRG et le PS (rejoint par une partie du PSU lors du Congrès d'Épinay en 1971) forment dès lors un large front uni à gauche. Son l'objectif est de conquérir le pouvoir avec, pour première échéance, les législatives de 1973.
Cette stratégie d'union se révèle payante : en mars 1973, l'Union de la gauche obtient 48% des voix et 175 députés. Elle ne conquiert pas l'Assemblée, mais efface le cuisant échec des législatives de juin 1968. Elle peut nourrir des espoirs de victoire pour les présidentielles de mai 1974, pour lesquelles François Mitterrand s'est porté candidat le 7 avril 1973. Dans cette hypothèse et parce que la droite part en ordre dispersé à l'assaut des urnes (Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chaban-Delmas et Jean Royer sont candidats), la mobilisation à gauche est très forte. Les nombreux meetings qui jalonnent la campagne en témoignent.
Le 5 mai, au premier tour, les urnes rendent leur verdict: François Mitterrand réunit 43,24% des suffrages, 10 points de mieux qu'en 1965 (lors de sa première tentative contre le Général de Gaulle) et 13 de mieux que les trois principaux candidats de la gauche désunie de 1969 (Jacques Duclos, Gaston Defferre, Michel Rocard). Son rival du second tour, Valéry Giscard d'Estaing, n'a réuni que 32,6%. Jamais, depuis le début de la Cinquième République, un candidat de gauche n'a paru si près de pouvoir l'emporter.