La crise de L'Humanité, quotidien militant fondé par Jean Jaurès en 1904, est le reflet de trois phénomènes : la crise du PCF, celle de la presse quotidienne d'opinion qui ne sait plus fidéliser son lectorat et le détournement de l'information vers l'audiovisuel. L'Humanité voit sa diffusion chuter de 142000 à 63000 exemplaires entre 1981 et 1994.
Dans les années 1990, les journaux d'opinion souffrent du manque de budget publicitaire, de la diminution des subventions de l'Etat et de l'augmentation des frais de poste. Pour éviter sa disparition, L'Humanité fait régulièrement appel au soutien militant communiste. Elle ouvre notamment son capital à la Société des Amis de l'Huma, fondée en 1996 pour éviter la disparition du journal et présidée par Michel Vovelle puis Edmonde Charles-Roux. La Société regroupe de nombreuses personnalités non communistes, qui refusent la pensée unique et luttent pour le pluralisme de la presse. Gilles Perrault, Alexandre Bouglione, Alexis Grüss, Bertrand Tavernier en font ainsi partie. Le capital du journal est également ouvert au groupe Lagardère (industriel de presse et d'armement). Le journal n'est plus l'organe officiel du PCF, et les symboles de la faucille et du marteau disparaissent de la Une.
D'autres journaux périssent au cours des années 1980 : L'Aurore (1983), Le Matin de Paris (1988). L'organe d'opinion fonctionne mal. La grande presse populaire à l'ancienne rencontre moins d'écho : Le Parisien a repris du souffle en devenant un vrai "régional". Malgré des difficultés, Le Monde, Le Figaro et Libération ont de meilleurs résultats, touchant à eux trois 4,7 millions de lecteurs en 1994. A titre de comparaison, les journaux télévisés de TF1 sont alors vus par 9 millions de téléspectateurs...