Aux élections municipales de 1977 et des législatives de 1978, le PS a devancé, pour la première fois depuis 1936, le PC. Tournant politique majeur à gauche, il permet au PS et à son candidat naturel, François Mitterrand, de préparer dans de bonnes conditions l'échéance présidentielle de 1981, d'autant que les différents internes au parti, révélés par le congrès de Metz (1979), sont aplanis et l'unité ainsi refaite.
Reste que l'Union de la gauche a été rompue à l'automne 1977; aussi le premier tour est un cap difficile pour le candidat socialiste. En effet, pour prétendre être au second tour en bonne position, François Mitterrand et les 110 propositions du PS doivent faire le plein des voix malgré la dispersion des candidatures à gauche (Georges Marchais est le candidat pour le PC, Michel Crépeau pour le MRG, Huguette Bouchardeau pour le PSU et Arlette Laguiller pour LO).
Dans un second temps, le candidat socialiste doit obtenir le ralliement des autres candidats de gauche. Le 26 avril, François Mitterrand, placé derrière Valéry Giscard d'Estaing (28,31%), réunit 25,84% des suffrages. Il devance largement Georges Marchais (15,34%). Huguette Bouchardeau, Arlette Laguillet et Michel Crépeau réunissent 5,61%. Tous les candidats de gauche se rallient à la candidature de François Mitterrand entre le 26 et le 28 avril. Entre les deux tours, les sondages donnent rapidement une légère avance à François Mitterrand, qui mène une campagne plus pugnace qu'en 1965 et 1974.
Le 10 mai 1981, il emporte l'élection présidentielle avec 51,75% des suffrages, quelques semaines avant que le PS, allié aux radicaux, domine largement les élections législatives (plus de 37%), offrant ainsi au nouveau président de la République une Assemblée de gauche lui permettant de mener, avec son Premier ministre, Pierre Mauroy, la politique qu'attend la «majorité sociale».[Jean-Jacques Becker, Crises et alternances, 1974-1995, Le Seuil, 1999 pp. 223-246].