Issue de la transformation en partis politiques de certains mouvements associatifs prônant la protection de la nature et la lutte contre la pollution, l'écologie entre sur la scène politique à la charnière des années 1960-1970, à la faveur notamment du choc consécutif à la marée noire du Torrey-Canyon (1967).
Avec la crise économique et de l'énergie (crise pétrolière) qui commence en 1973-1974, l'opinion est d'autant plus sensibilisée par le discours écologiste. La crise pétrolière incite en effet les pays industrialisés, dont la France, à accélérer leurs programmes nucléaires. Une partie de l'opinion s'y oppose. Sur la base du mouvement anti-nucléaire, un fort courant se dessine alors. Il rejette les méfaits du productivisme et du modèle de la société industrielle. Il oppose à cette dernière un projet global de société écologiste respectueuse de la nature et de l'homme.
En France, la candidature aux élections présidentielles de 1974 de René Dumont (au nom du Mouvement écologique pour une autre civilisation) marque l'entrée sur la scène publique de ce courant. Chercheur de réputation internationale (il est sociologue et agronome spécialiste du tiers-monde), René Dumont (1904-2001), fonde sa campagne sur un programme posant les questions de la pollution, de la gestion des crises démographiques futures, de la faim et de l'aide au tiers-monde, de la protection de l'environnement et du recyclage, de la remise en cause du nucléaire, de l'économie d'énergie et des énergies nouvelles, du respect des cultures régionales, d'une agriculture «propre» et du développement durable? «Une croissance indéfinie, déclare-t-il, est impossible, nous n'avons qu'une seule terre mais une civilisation du bonheur est possible !».
Dirigée par Brice Lalonde - lui-même futur candidat écologiste aux présidentielles de 1981 -, la campagne de René Dumont débouche sur un faible résultat : 1.32 % des suffrages. Nonobstant, cette première candidature écologiste favorise la tenue rapide d'assises (novembre 1974), posant sur les fonts baptismaux l'organisation politique de l'écologie française.
Au-delà, la candidature de René Dumont ouvre la voie à un mouvement politique et d'opinion, qui depuis lors s'est pleinement intégré à la vie publique.[Daniel Boy, «Ecologistes», in Sirinelli Jean-François (dir.), Dictionnaire historique de la vie politique française, PUF, édition 1995, pp.323-326.]