Hubert Beuve-Méry journaliste

Hubert Beuve-Méry journaliste

Questionnaire - 07/12/1973 - 45min17s
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Jean Louis SERVAN SCHREIBER reçoit Hubert BEUVE MERY, journaliste. Il a crée le journal Le Monde en 1944. Austère, exigeant a crée le Monde à son image, quotidien influent et propère. Il en a cédé la présidence à Jacques FAUVET. Il rappelle les débuts: faire un journal indépendant. Mais aucun quotidien ne peut vivre sans publicité.Il n'y a pas incompatibilité avec l'indépendance selon lui . Le Monde est indépendant mais ne défend pas de grandes causes, ne fait pas campagne, ne dénonce pas de scandales comme le Washington Post avec le Watergate dit JL SERVAN SCHREIBER. Mais il a fait campagne pour la politique extérieure, au sujet de la torture en Algérie rétorque H. BEUVE MERY. Il préfère dire les choses d'une manière sereine plutot que sur le ton du combat qui peut laisser penser au lecteur qu'il y a d'autres arrières pensées.Sur le côté détaché et un peu moralisant du journal, ce reproche n'est pas fondé même si certains articles sont caustiques. Avant le lecteur lisait le journal de bout en bout, maintenant devant l'ampleur des articles il va chercher ce qui l'intéresse. Le Monde a joué un rôle de contre pouvoir et il continue. Par rapport à ce qu'il a connu durant la guerre, la presse est incomparablement plus propre. Même si des influences s'excercent, il faut avoir des contacts avec le pouvoir car c'est une source d'information et il faut également être assez distant pour ne pas être conditionné. Avec le Gal de GAULLE les informations étaient assez réduites mais on arrivait à savoir ce qu'on voulait savoir. Les conséquences de la télévision sur la presse sont diverses. Pour le Monde l'impact a été modeste. La presse écrite est un complément de la télévision avec un esprit critique. Le nombre de quotidiens a augmenté mais le vent n'est pas à l'optimisme en ce qui concerne la survie certains. On s'engage sans doute sur la voie des Etats Unis où il n'ya plus que trois quotidiens à New York et deux à Los Angeles. La presse régionale est prospère, elle a opéré ses mutations, ses regroupements. Hubert BEUVE MERYdonne des conseils aux futurs journalistes, il y aura beaucoup de transformation, les aptitudes ne seront pas tout à fait les mêmes mais la qualité et le respect de l'information doivent toujours rester essentiels. A l'école de journalisme de Paris, beaucoup d'efforts ont été faits pour faire émerger les talents. Pour lui un journal doit avoir un rédacteur en chef et non être dirigé par un comité de rédacteurs. Il parle d'un nouveau journal "Libération" qui s'est crée, sans publicité "c'est un journal de combat" pas tellement d'informations. Il compare un journal à un navire.Il faut que l'équipage soit d'accord sur la direction mais sans donner les ordres. Au Monde, les collaborateurs détiennent la majorité du capital, c'est une formule audacieuse mais ce n'est pas vraiment de l'autogestion.Il y a un esprit d'équipe, de responsabilité collective.Les équipes doivent changer, il est souhaitable qu'il y est une équipe stable et un renouvellement progressif. Il a peu écrit dans le Monde mais ne renie pas sa vocation. Quand on progresse dans la hierarchie, on se trouve plus occupé par la copie des autres. Au lendemain de la guerre a formé une équipe partant de zéro, "j'aurais trouvé abusif de profiter de ma situation pour encombrer toutes les pages du journal.Je me suis retiré progressivement. A la fin c'était presque un tête à tête avec le général de Gaulle". Il écrit sous un pseudonyme depuis la guerre (Cirius) pour symboliser la distance avec ce qu'on pouvait dire et ce qu'on aurait souhaité dire. Quand il a crée le Monde il écrivait sous son vrai nom quand il parlait en chef d'entreprise. L' homme politique avec lequel il a le moins senti de désaccord est MENDES FRANCE. Il conclut en citant le principal défaut du journal Le Monde qui est le langage" il y a toujours un effort à renouveler". "L'écriture ne doit pas disparaître elle doit rester le lieu privilégié de la pensée réfléchie.Dans le spectre de l'information il y aura besoin de l'écriture. Je le crois et je l'espère."

Production

Office national de radiodiffusion télévision française


Générique

Cristobal, Jacques
Servan Schreiber, Jean Louis
Beuve Méry, Hubert
Servan Schreiber, Jean Louis

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