Deuxième partie de l'entretien de Paul MORAND réalisé le 1er août 1970 à Rambouillet où il retrace sa carrière politique et littéraire à partir de 1917, évoque ses rencontres avec des personnalités du monde artistique, littéraire et politique et raconte ses voyages. Cette interview est suivie d'une postface filmée 4 ans plus tard dans laquelle il parle de la vieillesse et du sens qu'il veut donner à l'oeuvre qu'il va laisser. Paul MORAND commence par parler de son livre "Journal d'un attaché d'ambassade" et de son intérêt, insistant sur le changement opéré en lui par la guerre et les milieux intellectuels de Paris. A partir de 1917, il est un être nouveau, un amoureux de la paix. Il évoque son rôle au ministère des affaires étrangères, faire connaitre la France à l'étranger. Il parle de ses livres "Tendres stocks", "Ouvert la nuit" puis "Fermé la nuit", de leur accueil, raconte sa rencontre avec Paul Claudel. Il évoque cette époque où ils vivaient tous ensemble, musiciens, peintres, écrivains, entre Montparnasse et "Le Boeuf sur le toit". Ils s'amusaient mais travaillaient aussi beaucoup. Il montre l'influence de Misia Edwards dont tous les artistes étaient amoureux. Il raconte comment il a connu la psychanalyse, montre la différence entre Dada et le surréalisme. Il explique pourquoi il a choisi d'écrire des nouvelles, avoue avoir beaucoup de difficultés à écrire. Il raconte pourquoi il est parti de Paris, de 1926 à 1938, parle de ses voyages, des changements dans la manière de voyager. Il reconnait que le voyage était dans sa nature, il avait envie d'être ailleurs, de bouger et d'écrire des livres de voyage, toujours après un certain recul.Il se souvient de son enthousiasme d'alors pour l'Amérique et New-York. Le voyage aussi a changé, "il faudrait apprendre à perdre son temps".Il parle de son livre sur le monde du cinéma "France la doulce", de sa passion pour l'automobile, de "L'homme pressé", roman sur la vitesse, le cancer de l'époque.En 1939, il entre dans la vie diplomatique et le reste sous le gouvernement de Vichy. Il évoque la vie de Maupassant, Fouquet, le prince de Ligne. Il explique pourquoi contrairement à Alexis Leger, il est resté en France, lié au régime de Pétain, et ce qui s'est passé pour lui après la guerre. Il parle de ses romans "Le flagellant de Séville", "Hécate et ses chiens" et "Tais-toi", révèle pourquoi il n'est entré à l'Académie Française que 9 ans après sa 1ère candidature, parle de l'évolution de son écriture.Il reconnait qu'il a été gâté par la vie, fait du sport tous les jours pour lutter contre l'immobilisme et la mort. Il explique pourquoi il est inquiet de la disparition de la race blanche, croit en l'immortalité de l'âme et aimerait avoir une mort harmonieuse. Dans la Postface, 4 ans après, Paul MORAND évoque la vieillesse physique, regrette qu'on ne fasse pas assez parler les vieux. Il continue d'écrire, des notes, pour plus tard, pour l'an 2000. Le téléphone interrompt l'entretien un instant. Paul MORAND lit un extrait de ses notes sur une conversation avec Pascal Jardin et parle de son amitié avec Jacques Chardonne.