Rencontre chez lui, dans sa maison de Spence's Point en Virginie, un an avant sa mort, avec le romancier américain John DOS PASSOS, l'un des chefs de file de la "génération perdue".Rencontre croisée avec son traducteur Maurice Edgar COINDREAU qui s'exprime sur la personnalité de l'écrivain, sa situation de fils naturel et d'homme rebelle.Dans un premier temps, John DOS PASSOS répond, en français, aux questions sur le socialisme, la bureaucratie et sur son espoir mis dans les sciences.Puis il évoque son enfance, sa famille, sa mère sudiste, et son père bourgeois républicain nordiste. Ses études à Harvard, la Nouvelle Angleterre, la peinture et le plaisir de peindre. Quelques-unes de ses aquarelles illustrent ses propos. John DOS PASSOS parle de son attirance pour le cinéma et surtout pour le théâtre, quelques anecdotes émaillent son récit, mais il avoue que le roman absorbe tout son temps. L'écrivain américain parle avec admiration de VOLTAIRE, de l'histoire chrétienne découverte à travers les oeuvres de GIUSTO. Pacifiste en 1916, il explique sa contradiction qui a été de s'engager en 1917 à Verdun, et présente son premier livre "One Man's Initiation", puis "Manhattan Transfer", grâce auquel il a rencontré Jules ROMAIN pour parler de l'unanimisme qui a semblé un bref instant les rassembler. Il évoque sa manière toute particulière d'introduire le réel dans la fiction par le collage de nouvelles. En guise de conclusion, DOS PASSOS s'exprime sur l'aspect tragique de la vie et sur la mort, se référant sans cesse aux philosophes français et autres auteurs européens des siècles passés.